Revenir à l'accueil
Voir les chroniques albums
Voir les interviews Voir les live Reports Voir vos clips préférés


 



 
Zone pro Zikannuaire VRNews v

Reprise du vote artiste
31.08.2010

NOÏD en interview
31.08.2010

ENSLAVED - Axioma Ethica Odini
31.08.2010

IN ARKADIA - Wasteland Chronicles
31.08.2010

LAST BÄRONS
30.08.2010

MINUS THE BEAR - Omni
30.08.2010

DUNKELNACHT
30.08.2010

JOHNNY BOY en interview
30.08.2010

BAD TRIPES - Phase Terminale
29.08.2010

PIPEDREAMS
29.08.2010

IRON MAIDEN - The final Frontier
26.08.2010

EELS - Tomorrow Morning
26.08.2010

Les chroniques Podcast de CONTRE CULTURE - Episode 34
26.08.2010

SPOCK'S BEARD - X
26.08.2010

DUNKELNACHT - Atheist Dezekratin
25.08.2010

PIPEDREAMS - When the souls escape
25.08.2010

BANGALORE CHOIR - Cadence
25.08.2010

THE SWORD - Warp Riders
24.08.2010

SEVEN THE HARDWAY - Seven The Hardway
24.08.2010

LYNAM - Tragic City Symphony (Réédition)
23.08.2010

Eric GALES - Relentless
23.08.2010

APOCALYPTICA - 7th Symphony
23.08.2010

PAUL GILBERT - Fuzz universe
22.08.2010

LIPSTICK - EP 4 titres
22.08.2010

Karéon - Nouvelle interview pour la préparation de leur futur album
20.08.2010

Les chroniques Podcast de CONTRE CULTURE - Episode 33
20.08.2010

JOHNNY BOY
20.08.2010

JAMAICA - No Problem
20.08.2010



 




 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


 

 


GUILLAUME CANTILLON

Mise en ligne le 24/10/2009 - (Lu 1068 fois)

Partager/Share
 


Oui, je sais, c’est un titre un peu facile lorsque l’on doit parler d’un chanteur qui se prénomme Guillaume. Mais dans ce cas précis, ce qualificatif est indéniablement juste. Comment celui qui ne s’est jamais défini leader du groupe Kaolin s’est-il tout à coup mué en chanteur solo, acceptant une mise à nu intégrale et somme toute assez bouleversante ? En se rassemblant pour mieux se ressembler. C’est de fait l’histoire d’un auteur compositeur de 36 ans fier de recommencer sa vie artistique. Claude Nougaro avait dit en son temps en recevant une Victoire de la musique : « J’aurai passé ma vie à faire mes débuts ». Une phrase gorgée de sens et d’humilité qui sied comme un gant à Guillaume et à cet album. Tel un homme en proie à des instants fébriles, ce messager de la pop avait donc envie de nous offrir sa face B, la plus personnelle de son inspiration. Et d’obéir ainsi à cette loi qui fait dire des choses graves ou parfois simplement très intimes avec légèreté. Sous le préau, la plage… ou plus précisément sous les préaux, les plages d’un disque enregistré avec la plume brisée dans l’encrier et la craie qui lézarde les tableaux.

Cet album de Guillaume est un retour à l’enfance, au goût des parfums d’autrefois, à la nostalgie qui n’est forcément plus ce qu’elle était. Amiens, c’est au nord de l’enfance, la capitale d’un gamin qui croquait la vie à pleines dents parce que l’insouciance donne une sacrée fringale. Et puis un jour, il faut quitter tout ça. Alors l’enfance se déchire. Dix ans, des griffures dans le coeur et un nouveau terrain de jeu. Montluçon, centre presque exact de la France ou bien du monde des mélodies qui naissent à la guitare. Il se trouve que « Harvest » est aussi le centre précis de toute la musique qu’il aime. Et ensuite Neil Young, Bob Dylan, Donovan, Simon and Garfunkel et surtout les jeunes filles en fleurs qui, lorsqu’elles vont éclore, donneront l’envie de faire des chansons. Voici en quelques images et sensations l’histoire du premier album de Guillaume. Le succès tardif du groupe Kaolin lui a certes donné un peu le vertige. Comment prendre le maquis sans quitter sa famille de coeur, avec laquelle il est déjà question de poursuivre la route ? Il faudra alors toute la détermination de la musicienne réalisatrice Edith Fambuena, lorsqu’elle aura écouté les chansons solitaires de Guillaume, pour le convaincre qu’il fallait faire absolument un disque de ce recueil de chansons intimes. De cette intimité, il faut alors garder  essentiel.

Miracle de la première prise, quasiment maquette, comme au bon vieux temps où l’adolescent, guitariste autodidacte, s’essayait à reproduire les bons vieux solos de Led Zep. Edith va apprendre à Guillaume l’essentiel : grandir seul. Ensemble ils vont donner au disque sa raison d’être (enregistré en plein air), sa saison (la fin de l’été), sa terre (un vignoble), sa région (Saint-Émilion), une couleur (l’oranger d’un coucher de soleil)… Un album folk, terrien, noble, aux sonorités encrées par le tanin d’un vieux chai du Bordelais. Le spleen de l’enfance et le côté épicurien de la pop sont ici les grappes d’un même raisin dont le viticulteur Guillaume est le créateur libre. A
savoir sans souffrir de la pression qu’engendre une récolte dont l’enjeu serait par exemple de faire mieux qu’avec son cru de naissance Kaolin. C’est aussi l’histoire d’une révélation personnelle. Guillaume se divise par deux, entre masculin et féminin, yin et yang, nord et sud, passé et futur. Un artiste gentiment bercé par des vents contraires. Comme d’autres révélateurs, Léo Ferré, Etienne Daho ou encore Christophe, sorte de conquérants solitaires qui lui auront aussi donné l’envie d’être toujours libre et de faire de la pop l’art suprême du grand écart entre la légèreté apparente et la complexité intérieure. Entre la vie, celle que l’on donne, et la mort, celle de la mise à mort ordonnée par le toréador, Guillaume est un équilibriste.

Emporté par « Des ballons rouges », chanson expulsée sur une impulsion d’urgence amoureuse, l’album s’identifie aussi au phrasé si singulier du chanteur révélé. Entre voix câlines « La, la, la », harmonies des garçons de la plage extasiés par le surf « On a tout réussi », et « talk over » bouleversant comme dans cette chanson clé « C’était vachement bien ! », Guillaume enflamme tout ce que souffle sa voix. Qui finalement le trahit gentiment et le raconte avec une subtilité qui devrait remplacer son passeport d’identité. Guillaume n’a pas besoin de son nom de famille pour se ressembler.

Il a cette chance et a bien l’intention de la faire partager à tous les enfants de la pop. Le conquérant est donc bien pacifique, pour nous plonger dans son océan de souvenirs.

Didier Varrod


Guillaume Cantillon interview du 21 octobre 2009 par Lucy.

Tu as réédité ton album «  Des ballons rouges » près d’un an après la sortie de la version originale. Qui est à l’origine de cette idée ? Toi ou ta maison de disque ?

C’est toujours des idées de maison de disque, mais c’était une bonne idée dans le sens où je pouvais amener de la matière en plus, mettre des chansons que je n’avais pas mis sur l’album ou changer de pochette comme c’est le cas…C’est la 1ère fois que je change de pochette, c’était une demande de ma part.

Quitte à ressortir la même chose, tu voulais changer un peu…

Oui, sinon ce n’était pas drôle. Garder la même pochette quand tu sais que l’album va revivre un an de plus…Entre temps, j’ai évolué, j’ai eu d’autres envies et d’autres images en tête…J’ai bien aimé cette approche-là de l’objet. On est tous à se plaindre qu’on ne vend plus de CDs  et bien, il faut faire un petit effort aussi. Ça ne se fait pas normalement de changer de pochette et ma maison de disque n’était pas trop d’accord.

Pourtant, au niveau des photos, on reste dans le même esprit…

Oui, je pense qu’on ne s’est pas tant éloigné que ça.

Ça fait un peu édition collector finalement de changer le truc.

Un peu. Je le fais pour les gens, mais je le fais pour moi aussi, pour me faire plaisir. Le CD, je ne l’écoute pas en boucle. La pochette, je ne l’ai pas encadrée chez moi. Ce n’est pas véritablement mon 1er album. Mais justement, c’est ce qui est bien. Tout ça, je l’ai déjà vécu donc je sais que changer de pochette, c’est un truc marrant.

Parle-moi de ces deux inédits. Comment les as-tu choisis ? Ce sont des chansons très personnelles, un peu plus que les autres, j’ai l’impression.

Beaucoup plus ! Autant les autres sont un peu autobiographiques, mais on ne sait pas vraiment ce que j’ai mis de moi ou pas là-dedans…Là, ce sont des morceaux que je ne voulais absolument pas mettre sur l’album et elles sont à l’état de maquette. Mais Edith Fambuena aimait bien ces chansons. Et comme je suis un peu casse-bonbon et que j’aime bien retravailler un minimum les chansons pour que ce ne soit pas des maquettes que je présente aux gens. Les maquettes, c’est bien quand tu peux les donner sur le net. Ils m’ont un petit peu mis la pression en disant que ces chansons étaient bien, qu’elles faisaient vraiment partie de l’album…J’ai demandé autour de moi, à mes proches, à mes parents si ça les dérangeait ou pas. Je me suis rendu compte que c’était des chansons que eux écoutaient beaucoup et qui les touchaient…

Sinon, tu n’aurais pas forcément ajouté d’inédits ?


Je n’aurais pas mis celles-là, j’avais plein de chansons. J’en aurais mis plus même. Mais là, c’est bien parce que ce sont deux chansons qui ont un rapport avec l’album et qui ont un vrai rapport entre elles aussi. 

Lors de notre 1ère entrevue en novembre dernier, tu m’avais avoué qu’il t’était impossible de chanter certaines chansons sur scène, notamment celles qui évoquent ta grand-mère. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Toujours pas ! Non, je ne peux pas, ce ne sont pas des chansons de live. Mais je vais en faire une des deux là ce soir. Déjà, on va voir…Mais je sais que « Mamie ma belle », c’est impossible ! Pareil pour « C’était vachement bien ».

Sur cette nouvelle version de l’album, j’ai été surprise de ne pas trouver Vivien Bouchet qui défend l’album sur scène à tes côtés depuis maintenant un an et qui n’est pas sur le disque. Tu n’as pas eu envie d’ajouter un enregistrement live par exemple ?

Vivien, je l’ai inclus dans Kaolin, c’est déjà pas mal ! (rire) Là-dessus, je vais être très égoïste, cet album, il est à moi. C’est moi depuis le début, je l’ai fait tout seul. En plus, Vivien même en tant qu’ami, est arrivé après ça. L’expérience live, c’est vachement bien. Si on devait faire quelque chose, ce serait plutôt un DVD, des images de tout un concert. Et peut-être qu’on va le faire, je ne sais pas.

Ça te brancherait ? 

Oui, ce serait bien. Mais ce serait plus un truc pas commercialisé, qu’on mettrait sur le net. J’aimerais bien garder le contrôle là-dessus aussi. J’ai fait un autre truc avec Vivien, c’est une version française de la chanson « Hello Hello Hello ». C’est lui qui chante dessus. C’est un single, il est crédité sur la pochette du CD et on l’entend en radio.

Cet album t’a amené à vivre de belles choses cette année, beaucoup de concerts…Je me souviens qu’en novembre 2008, tu me parlais des difficultés à recommencer tout à zéro et à trouver des dates. Finalement, tu as eu une belle année 2009 !

Ah oui, j’ai vécu de belles choses et j’espère en vivre encore parce que la tournée continue. On a fait de super trucs en live, de belles rencontres. Quand on s’était vu, on jouait à cinq au départ.

Oui, je me souviens ! Tu étais en costume, tu avais les cheveux courts et tu étais rasé de près…

Ouais ! Ça a changé hein ! (rire) D’ailleurs, c’est rigolo parce qu’au départ je m’étais laissé faire sur ce truc, parce que je trouvais ça marrant : tu te crées une image et puis au final, tu reviens toujours à toi.


Tu as joué dans des lieux un peu insolites aussi…

D’abord, il y a eu des lieux dans lesquels je n’avais plus l’habitude de jouer : les petites salles. C’était marrant de retrouver les fans des débuts de Kaolin. Après, comme on joue à deux avec Vivien et que c’est une formule hyper light, on a joué chez les gens, un genre de concerts à emporter. Ça, c’était bien ! C’est une radio qui avait organisé ça.

Ça n’a rien à voir avec la Blogothèque ?

Non, par contre, on a fait notre 2ème clip « On aimerait bien » avec des mecs qui bossent pour la Blogothèque. Mais alors, jouer chez les gens, c’est la fois où j’ai le plus flippé d’aller faire un concert. Tu es dans un appartement, dans le salon et le mec a invité ses amis, sa famille, les amis de ses amis…Il y avait du monde dans cette pièce et il faisait super chaud, c’était au mois d’août je crois. C’était terrible, j’étais vert avant d’entrer et vert au moment de sortir…(Rire)

C’est plus stressant qu’une grande salle ?

Ah oui, ça n’a rien à voir. Déjà par exemple, les show-cases genre Fnac et compagnie, c’est stressant parce que les gens, tu les vois. Tu n’as pas de lumière, pas de scène. S’ils baillent, tu les vois. S’ils s’emmerdent, tu les vois partir. Et puis, ils n’hésitent pas parce que c’est un magasin. Tu es un pur produit, tu es là pour vendre des CDs. Donc les gens n’hésitent pas, s’ils s’ennuient, ils s’en vont.

Bon, mais là les gens ne sont pas partis puisqu’on était chez eux. C’est moi qui me sentais comme un intrus. Eux étaient super contents. Pour eux, c’était un truc de malade ! Ils étaient vraiment fans. Le mec avait gagné ce concours à la radio et voilà…ça pleurait et tout…C’était n’importe quoi ! (Rire)    


Est-ce que ton public est différent de celui de Kaolin ? Ils pleurent plus donc, visiblement !

Ah oui, ça c’est sûr…Mais écoute, je ne me suis pas trop posé la question. Je ne pense pas que ce soit si différent que ça. Avec Kaolin, on a eu tellement de publics aussi, entre le début et la fin, ça n’avait rien à voir. Là, c’est plus grand public, très féminin…Mais de plus en plus d’hommes aussi. C’est un public populaire. Quand j’ai fait cet album, c’était vraiment pour me mettre le nez dans la musique populaire. Là finalement, avec mon public…oh la la…mon public (rire)…pour toi public ! Ça va, je suis content, c’est bien ! 

Tu as eu le temps d’écrire d’autres chansons cette année ?

Plein de trucs !

Allez, dis-m’en plus !

Eh bien, j’ai déjà un 2ème album solo, tranquille ! On est en train de faire écouter tout ça à la maison de disque. J’écris beaucoup pour Kaolin. L’album est fini, on a plus qu’à le réenregistrer.

C’est la question qui est sur toutes les lèvres, sur ton Facebook, partout : à quand le prochain Kaolin ?

On n’a pas vraiment de date, mais je pense que ce sera pour septembre 2010 en gros.

Tu vas continuer ta carrière solo en parallèle ou t’arrêter un moment pour te consacrer à Kaolin ?

Etant donné que j’ai tout écrit et que mon album est fini, non je n’ai pas besoin de m’arrêter et puis tant mieux puisque j’ai plein de dates qui arrivent. Avec le nouveau single, il y a de l’actualité, il y a encore des choses à faire.

Et tu vas réussir à tout gérer ?

Oui ! Parce que même en pleine période avec Kaolin quand on donnait 4-5 concerts par semaine vers la fin, j’arrivais à écrire pour l’album solo, j’arrivais à faire du studio…J’ai écrit pas mal pour les autres aussi. Là, je l’ai fait, tu vois. J’ai écrit pour Kaolin et aussi pour plein de gens.

Tu écris pour qui ? On peut savoir ?

Ah non, ça je ne peux pas le dire ! Je suis superstitieux. Mais je me suis bien éclaté ! Je me suis bien fait plaisir.

C’est vraiment l’impression que tu donnes oui, tu t’éclates sur scène et dans ton métier…

J’essaie de m’éclater le plus possible oui ! Ça m’est déjà arrivé de ne pas m’éclater, c’est un truc que je déteste ! C’est arrivé sur la fin de la tournée Kaolin parce qu’on était vraiment harassé, on n’en pouvait plus. Dans la vie d’un musicien, ce sont des moments très tristes.


Tu as trouvé ton épanouissement entre ta carrière solo et Kaolin du coup ? C’est un équilibre dont tu avais besoin ?

Oui, c’est pour ça que j’ai fait cet album solo. Je savais que c’était nécessaire pour la suite de Kaolin et si je voulais toujours être musicien. C’est aussi pour ça que je me suis mis à écrire pour d’autres personnes. Je fais ce que j’ai envie de faire. Je me force sur des trucs, mais au final, il se trouve que ce sont des trucs intéressants, comme bosser pour la pub ou pour des gens que je n’aime pas forcément, dont l’univers m’est assez éloigné. Ces trucs me servent beaucoup dans mon écriture, ça me fait avancer…

Donc, tu vas écrire pour des gens que tu n’aimes pas forcément…

Ouais, des gens dont je suis le 1er à être mort de rire quand j’écoute leurs chansons.

C’est ce que fait Mickey 3D d’ailleurs, il dit qu’il aime bien confronter son univers à celui de gens qui y sont éloignés.

Oui et il a raison. Même sur Montluçon, il a raison ! (Rire) ça a fait toute une histoire dans les journaux locaux cette chanson ! Ils m’ont tous téléphoné…Vraiment n’importe quoi ! Mais il a raison. Et dans sa façon d’écrire comme dans sa façon d’être, je me vois bien aussi. On te fait une demande bien précise pour entrer dans tel univers, entrer dans telle case, c’est vachement intéressant en fait parce que tu n’y es jamais allé.

Tu vas aussi faire une télé avec Daniella Lambroso…

Oui, ça va être fun ! J’y vais mardi.  

Bon et bien l’aventure continue alors…

Oui !

Lucy
pour Zikannuaire.com

1 commentaire - Voir | Rédiger







Nos partenaires : Rockenfolie . LYbertY . Kaosguards . Radio Noise Corporation
Contre Culture Info
. Akamusic . La Grosse Radio

 ::: Copyright 2010 Zikannuaire.com. Tous droits réservés :::
Artiphp 4 XXL © 2001-2006 est un logiciel libre distribué sous licence GPL.
Xhtml 1.0 strict | CSS | WAI AAA