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Poésie assumée sous la carcasse du rockeur, part belle à la voix, aux mots, avec toujours cette belle petite hargne qui fleure bon le punk chanteur en costume du dimanche.
Changer de vie, changer de corps
Laulo, alias Laurent Bousquet, est un chercheur, vous savez ceux qui vont toujours de l’avant, avide de sensations neuves. D’agitateur de service et réveilleur de conscience au sein des HURLEMENTS D’LEO, de crooner décadent sur la première formation de KEBOUS, le revoici s’affirmant plus rock que jamais dans un univers sombre et poétique. Le premier album studio « Lupanar » (sortie le 04 février 2008) facétieux et surprenant dévoilait cette nouvelle mutation mais c’est réellement sur scène que se révèle la puissance du combo : Laulo à la guitare et chant, les frangins Fred et Laurent Girard, section rythmique des SLEEPPERS, alliée à la guitare tranchante de Sergio, réalisateur toulousain, et Olivier Sousbi au clavier.
Il est des trains comme des gens
Des expériences, puis des aventures. Avril 2008, l’auteur de bandes dessinées Emmanuel Moynot se joint à la date bordelaise pour confronter sa voix sur deux duos explosifs et déchainés. Juin 2008, la fête de la musique, toujours à contre courant, le groupe s’envole pour un concert à Limassol (Chypre) avec un quatuor à cordes et une rencontre franco-grecque « La peau des murs », nouvelle chanson, avec une chanteuse chypriote Anna Santi.
Certains partent en croisière, d’autres montent à l’assaut
En parallèle, Laulo réveille de vieilles chansons révolutionnaires espagnoles au coté de membres de L’AIR DE RIEN et de LA VARDA dans le groupe EL COMMUNERO et renoue ainsi avec son incroyable capacité à fédérer un public.
Les corps s’affolent, les cœurs raisonnent
Des 30 concerts KEBOUS donnés entre janvier et septembre, il restera de très bons souvenirs, de purs moments de rock'n'roll, un sentiment de liberté totale, loin des contraintes dictées par la grande Babylone du commerce et du rentable, une vie de petit artisan en somme. Le fruit de ce travail : l'album sobrement intitulé « Concert » dans les bacs le 13 octobre 2008, photographie ces 6 mois de tournée... Les compositions de « Lupanar » s’affinent, se libèrent, « Opium Tango » s’illustre en contre temps reggae, « L’un dans l’autres » s’électrise, « Capitaine » lâche les chiens, « Y fait pas beau » cynique opposition entre la gaieté d’une mélodie et le désespoir du texte, « Au galop » se dévergonde, « Petite mort » devient apocalyptique et transcendante. Celles ci se mélangent à des reprises bien senties : « Lolita nie en bloc » refait vibrer NOIR DESIR, « Recouvrance » déterre la hargne de MIOSSEC, et quelques souvenirs des HURLEMENTS D’LEO « Kaléidoscope » énigmatique, « La malle en mai » s’effleure dans une pacifique rébellion, et « L’addiction ».
Parle nous un peu de ton album Noces Blanches...
J'ai sorti un album (Lupanar) il y a 3 ans, nous avons fait une tournée ensemble, et les musiciens sont partis chacun de leur côté. Je me suis remis à travailler avec Rémi, l'ancien batteur des Hurlements d'Léo avec qui j'ai joué pendant 10 ans. Il était parti pendant 2 ans faire autre chose, puis on s'est retrouvés autour de machines, c'était un peu nouveau. J'ai rencontré Bertille Fraisse, au violon, en Autriche lors d'un concert des Hurlements. Et avec Gérald Gimenez aux guitares, j'ai fédéré une équipe et nous sommes partis en studio autour de quelques compositions à moi "guitare-voix" et on s'est retrouvés à travailler par couche, en assemblant des pistes sur internet, que nous avons ensuite enregistré en studio. Nous avons fait une quarantaine de dates ensemble. Ce qui est intéressant sur cette tournée là, c'est que le groupe est né. Olivier (qui fait les claviers), c'est le seul qui est resté depuis le départ. Maintenant le noyau dur est créé et nous allons rentrer de nouveau en studio en décembre pour ré-enregistrer cinq morceaux, je pensais que ça allait s'arrêter pour un temps déterminé vu que je repars en tournée avec les Hurlements à partir de février sur un nouvel album qui sera dans les bacs en février et qui s'appellera Bordel de Luxe.
C'est inespéré de rencontrer tous ces gens-là car ils avaient envie de faire ça en même temps que moi, et on s'éclate bien sur scène. Sur la première tournée j'étais un peu fragile car les gars ils étaient là et ils jouaient mais c'était mes potes, c'était plus une façon de faire plaisir et de pouvoir faire quelques cachets plutôt que d'être là avec un réel intérêt sur le projet.
Il y a de nombreuses collaborations sur Noces Blanches, comme Daguerre par exemple, comment as-tu choisi les personnes qui t'ont entouré sur cet album ?
Cela c'est fait par des rencontres. Daguerre c'est un garçon qui a joué en première partie des Hurlements à Mont-de-Marsan sur la dernière tournée et j'avais trouvé ça remarquable le fait qu'ils exploitent autant l'espace sonore et visuel alors qu'ils ne sont que deux sur scène, et puis de fil en aiguille on a pensé faire des trucs ensemble, je lui ai demandé de m'écrire une chanson, il a alors écrit Se faire pendre ailleurs, duo que je fais avec Bertille (et qui sera la prochain single). Pour les autres, ce sont des camarades de concert. Mouss et Hakim je les ai croisés plus d'une fois, Romain Humeau de Eiffel il a enregistré les sept titres que j'avais fait en piano-voix.
Tout s'est donc fait naturellement !
Pour cet album, de quel titre es-tu le plus fier et pourquoi ?
Il y a un titre que j'aime beaucoup qui s'appelle Canif. Pour moi, cela a été la transition du travail d'acoustique au travail électronique. Rémi a pû arranger ce morceau et sortir d'un esprit un peu folk vers un côté un peu électro-planante comme ça. Et puis j'aime bien le texte. Ce n'est pas un texte "positif" dans le sens où cela parle du suicide... mais pourquoi ne pas en parler, certains chanteurs français parlent d'autres choses aussi... les pizzas, ou Ikéa (rires) ben moi j'ai choisi de parler d'autre chose.
Pourquoi tu as remixé certains titres et comment les as-tu choisi ?
Alors ce n'est pas moi qui les ai choisi, c'est Rémi car il évolue dans la musique éléctronique depuis maintenant 6 ans et qu'il a proposé deux remixes et il se trouvait que cela pouvait marquer, en fin d'album, la transition et le devenir du prochain disque...
Qui sera plus teinté dans ce style là ?
Peut-être oui... En tout cas il y aura beaucoup de sons électroniques, beaucoup de samples, on est parti là-dessus.
Quelle est la chanson que tu aurais aimé écrire ?
J'aurai bien aimé écrire la chanson Folsom Prison de Johnny Cash.
Soyons plus légers désormais... Pour un dîner idéal... qui inviterais-tu (connus de préférence) ?
Jean Rochefort et Edouard Baer.
Pour quelles raisons ?
Je trouve que ce sont des gens délurés, qui ont pignon sur rue, qui ont la dose de folie nécessaire pour me faire marrer, sans nécessairement être pleins de drogues ou ivres morts.
Petit portrait chinois... Si tu étais :
- un animal ? un chien - une ville ? Buenos Aires - une boisson ? du rouge - un plat ? un pot-au-feu - un super-héros ? sûrement Superman car comme dit ma fille, c'est le seul imbécile qui met son slip par-dessus son pantalon et qui n'a pas l'air ridicule en plus ! voilà ! (rires) mais ça marche que s'il y a la chute de l'histoire car sinon je ne suis pas Superman !
Parle-nous de tes projets un peu...
Donc en plus des projets dont j'ai parlé avec les Hurlements, nous allons entrer avec les musiciens de Kebous pour enregistrer en studio en décembre et après je tourne avec un autre groupe : El Comunero, de chants révolutionnaires espagnols, avec lequel on prépare un autre disque aussi. Donc oui c'est chargé mais je suis flatté car avec toutes ces sollicitations...je ne pensais pas que je pouvais avoir une vie en tant que musicien. J'ai toujours porté des projets, et là sur El Comunero, ce n'est pas moi qui suis à la tête de ce projet mais Thomas Gimenez, je fais juste la guitare et les choeurs et c'est très bien comme ça. Il y a aussi le projet avec le dessinateur bordelais : Emmanuel Moynot, qui a repris des bandes dessinés autour du personnage de Nestor Burma. Il a un groupe dont je fais partie aussi, et on va retourner en studio en janvier où je fais du backing vocal et de la guitare folk. C'est hyper agréable de se laisser emmener par des gens, ça te permet de cerner une autre facette de ta personnalité et de ta capacité à t'adapter. Cela m'a permis de vivre Kebous de manière sereine et généreuse.
Je te laisse conclure cet entretien...
Par rapport à l'actualité, j'ai juste envie de dire aux gens : "Portez-vous bien et tenez-vous mal !"
Merci !
Ak@né pour Zikannuaire.com
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