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Des mélodies et une rythmique ravageuses, un mur de guitares et une voix unique, les cinq garçons d’Astings puisent leur énergie dans les racines du rock anglais.
C'est au Havre, vers la fin des années 90, que Pierre et Guillaume se rencontrent. Partageant le même amour pour le rock anglais des Beatles, des Kinks ou encore des Who, les deux lycéens deviennent vite inséparables et composent ensemble leurs premiers morceaux. Ils montent à Paris en 2003 pour finir leurs études et former Astings.
À la fac, Guillaume fait la connaissance de Benoît. Plus intéressé par le film Quadrophenia que par les cours, il intègre le groupe à la basse. Benoît ne fait pas son entrée seul. Il complète la formation avec son ami de toujours, Paul, batteur parisien. César, guitariste, les rejoint quelques mois après.
Rapidement, Astings sort "Where all begins...", un premier EP prometteur enregistré au homestudio des Fairguson. Le groupe enchaîne les concerts dans les bars de la capitale et de la banlieue parisienne.
Bien décidés à vivre pour et de leur musique, ils s'attaquent en 2006 au projet d'autoproduire leur premier album. Forts de l'expérience du premier 5 titres, ils se donnent les moyens de leur ambition. Travaillant et économisant le jour, ils composent et répètent l’album, le soir, dans leur studio.
En Septembre 2007, ils entrent au mythique studio Vogue avec Frédéric Soulard aux commandes (Poni Hoax, British Hawaii, etc…). Ils enregistrent « The Return Of The Swinging Monkeys ». Le groupe sort son album en Janvier 2008. Aujourd’hui, ils sillonnent les routes de France. Ils projettent de poursuivre leur chemin dans toute l’Europe afin de faire connaître leur album au plus grand nombre.
Line-up : Guillaume (Moe) : Lead Singer Pierre : Guitars, Singer, Keyboards Paul : Drums Ben : Bass & Backing Vocals César : Guitars & Backing Vocals

Ce qui me frappe le plus à l’écoute, c’est qu’on n’imagine pas une seconde que vous puissiez être français ! Avez-vous vécu en Grande-Bretagne à une époque ?
Moe : Nope. Mais au Havre, d’où Pierre et moi venons, on peut sentir l’Angleterre par sa fenêtre… Pierre : Pour ma part, oui ! Je pense avoir été anglais en 1960, je fais des rêves étranges où je twiste dans des cavernes et je shoote dans le Swinging London…. Ben : Je n’y ai pas vécu mais si Astings n’existait pas j’y serais probablement. César : Bah mes Chips préférées, ce sont les Chips au Vinaigre, c’est aussi pour ça que je suis resté vivre un an en Australie….
D’où vient cette parfaite maîtrise du son Pop-Rock anglais alors ?
Moe : Je devais avoir 5 ou 6 ans la première fois que j’ai écouté les Beatles. La K7 rouge et bleu tournait en boucle dans la R5 de ma mère. Depuis, mon oreille s’aventure assez difficilement dans d’autres styles musicaux… 20 ans après, je ne me lasse toujours pas d’écouter Abbey Road ou Let it Bleed des Stones… Cette musique est indémodable… Pierre : On fait la musique qu'on a envie d'écouter. Les influences sont évidentes, à nous de bien bosser pour retranscrire nos envies. Paul : Je ne sais pas si on maitrise parfaitement « le son pop rock anglais ». On essaie de faire la musique qui nous plaît. La musique qui est pour nous vitale.
Quand j’écoute « Foolin’Away », j’ai l’impression d’assister au retour des Beatles ! On s’imagine facilement dans la foule hurlante du Cavern Club en 62-63 ! Ils font partie de vos influences, c’est indéniable !
Vous avez eu des contacts pour jouer à l’étranger ?
Moe : Malheureusement pas encore. Mais c’est sûr, ce serait un rêve de vivre cela. Nous 5, dans un bus cradingue, au beau milieu de nulle part et jouer chaque soir de ville en ville… Pierre : J’ai joué beaucoup de guitare en Afrique (Cameroun) où j'ai vécu de belles années d'adolescence… Je rêverais qu'on « s'exporte » avec le groupe. Paul : On aimerait tous aller jouer à Manchester ou Londres. Mais les scènes belges nous font aussi de l’œil. Il y a une superbe ambiance là-bas. César : Personnellement je n’ai pas que des influences Anglaises et même si la comparaison est flatteuse en soi, je n’aime pas faire systématiquement référence aux influences, je trouve ça con…
Vous vous imaginez sur le plateau télé de Jools Holland par exemple ?
Moe : bien sûr ! Avec Ben et Paul on se matait les DVDs en boucle !!! Tous mes héros y sont passés… Vivement que la France comprenne que la musique live à la télé, ça peut être autre chose que La Nouvelle Star ou La Star Ac’… Taratata devrait être une émission hebdomadaire et diffusée à une heure de grande écoute !!!! La France a besoin d’être éduquée musicalement… Pierre : Oué, c'est plus bandant que sacrée soirée… César : Oui, pour infos Pierre n’a plus la télé depuis 10 ans. (sacrée soirée ??????)
Les choses commencent à bouger pour vous ! Vous vivez de votre musique, ça y est ?
Moe : Non pas du tout… Mais c’est une idée plaisante… Pierre : On bosse pour vivre, et mettre des sous de côté pour la musique... On espère franchir le pas ! Paul : Les choses ne bougent pas encore assez. Mais on est déjà content de pouvoir jouer sur scène. Vivre de notre musique est un objectif qui passe après celui de jouer. César : Ce serait formidable de pouvoir en vivre, mais l’important comme l’a dit Paul c’est avant tout de se faire plaisir. Moe : Obligé de préciser, se faire plaisir oui, c’est super ! Mais mon but est quand même de sortir un jour un grand album, qui laisse une trace et cela demande du travail… Je ne considère pas le groupe comme un simple loisir… Y a les jeux vidéo pour ça… Je souhaite vraiment vivre de notre musique mais il y a encore beaucoup de travail pour le mériter...
Ecoutiez-vous des groupes comme Blur ou Oasis quand vous étiez ado ?
Moe : Attention, il fallait choisir son camp ! Oasis OU Blur… Je suis un grand grand fan d’Oasis, c’est le groupe qui m’a donné envie de monter le mien. Plus tard, j’ai aussi écouté Blur, mais Oasis et Supergrass sont les deux groupes que j’ai vraiment adorés pendant mon adolescence et pour lesquels j’attends chaque nouvel album avec impatience… Pierre : Je prends tout ca, j'adore ces 3 groupes César : J’ai un peu écouté Oasis étant plus jeune mais moins Blur.
Astings, d’où vient ce nom ? C’est une ville anglaise, non ?
Moe : Astings est le nom du groupe, Hastings est le nom de la ville… Pierre ? Pierre : La ville où les français ont botté le cul des anglais en 1066. C'est la seule fois où les anglais se sont fait envahir... On aimerait que notre musique envahisse leurs ondes également. Paul : En plus, C’était Guillaume le Conquérant, comme chez nous. Ben : Il faudra peut-être trouver un pseudo quand on ira jouer en Angleterre…
J’aime bien la petite intro à la « Amicalement vôtre » sur « The other side ». C’était voulu ?
Pierre : Pour « The Other Side », j'étais derrière mon piano, j'ai fait ce riff sans arrière pensée... puis un moment j’me suis dit : « Merde, c'est du John Barry ! ». Et puis la chanson a pris tellement sa personnalité que ca ne gênait pas, au contraire...
Vos morceaux sont tous très différents mais sonnent tous très sixties. Qui écrit et compose ? Comment vous vient l’inspiration ?
Pierre : Je compose les morceaux, je les fais écouter d'abord à Moe, puis je les propose aux membres du groupe, qui y mettent leur patte léchée. Les paroles sont écrites conjointement avec Moe. Moe : J’ai juste composé Garden of love… J’ai composé quelques autres morceaux qui ne sont pas sur l’album… On a tous beaucoup d’idées mais pas assez de temps pour pouvoir tout exprimer…
Parlez-moi du mythique studio « Vogue » que je ne connais pas. Comment y êtes-vous entrés ?
Moe : Par la porte de devant… Pierre : en enlevant les chaussures… Ben : On voulait pouvoir enregistrer l’album en live et le studio Vogue est parfait pour ça. Et puis il y a tout l’équipement pour enregistrer dans les mêmes conditions que nos influences 60s !!!
Votre premier album « The Return Of The Swinging Monkeys » est sorti en janvier 2008.. Comment se portent les ventes ?
Moe : C’est un album autoproduit de A à Z. Nous avons pressé 1000 copies dans un beau digipack. Nous avons du en vendre plus de 250… Ben : L’objectif est avant tout de pouvoir diffuser notre musique au maximum, c’est pour ça que l’album est en écoute intégrale sur certains sites internet.
Faîtes-vous partie de ces gens qui pensent que plus personne n’achète de CD ?
Moe : Les gens achètent des CDs mais pas les bons… les gens achètent le cd de la star’ ac, de Lorie… C’est bien pour écouter en faisant caca, mais on ne peut pas prendre son pied en écoutant ça. Le problème est qu’on ne fait connaître aux gens que ça… Il est temps que la masse populaire se soulève et réclame un peu de culture dans sa vie… La Nouvelle Star, c’est chouette mais à quoi ça sert de chanter les morceaux des autres… Je n’ai aucun respect pour cela… Faire une reprise, tout le monde peut le faire… Composer un album, composer ses propres morceaux et y poser des paroles, c’est autre chose. Nous avons encore beaucoup de travail avant de composer notre « White Album » mais c’est bien à cela qu’il faut aspirer… Pierre : On compose beaucoup de morceaux, on crée, on bosse dur, on n'attend que ça de pouvoir s'exprimer. C'est frustrant de se faire prendre la place dans les maisons de disques par des Michaël Youn… Forcément les gens vont télécharger et ne plus acheter de CD. Perso, je suis resté au vinyle (quand c’est possible) Moe : Il faut revaloriser la vraie musique… Ben : Moi je continue à acheter des cds, je ne crois pas à la disparition totale du support. Il y a quelque chose en plus dans l’objet qui fait le lien entre l’artiste et l’auditeur qu’il n’y a pas dans le mp3..
Les gars, quelle sera la prochaine étape ? Abbey Road ?
Moe : Faire distribuer notre premier album… et continuer à avancer dans notre quête ! Pierre : Un deuxième album à Abbey Road (AAAAHHHHHH)... Les chansons sont là, elles poussent.. Mais c'est sûr qu'on va défendre chèrement ce premier album qui représente des années de boulot.
Merci de m’avoir accordée cette interview ! Je suis fan !
Moe : Merci m’dame Pierre : On se voit quand tu veux ! César : T’as un 06...?
Lucy pour Zikannuaire
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