ILL NIÑO, c’est avant tout pour moi, enfin jusqu’à aujourd’hui, un morceau découvert à travers une vidéo : This is war, tiré de l’album One nation underground paru en 2005. Une agréable découverte en l’occurrence pour l’époque.
C’est donc avec une excitation toute particulière que je m’apprête à écouter leur sixième et dernière réalisation. Côté artwork, il met en scène une sorcière vaudou ( ?), les bras suspendus par deux crochets dans la position de signe de croix, et, dont le regard malveillant semble tramer un méfait (diabolique ?) L’effet est plutôt déroutant, mais passons à l’essentiel.
Sur The depression & Only the unloved , le chant en growl est comme écrasé, fondu, relevé par une bonne ryhtmique et une double qui fait son office, le tout accentué par des percussions. Les passages au chant clair paraissent en retrait, comme retenu.
La Epidemia, morceau à mi-chemin entre Slipknot & Sepultura (version Roots bloody Roots) rue dans les brancards, avec un grain vocal malsain. Les coupures qui jalonnent le morceau et les impacts de la batterie qui s’abattent tel des couperets me renvoient à The End complete d’Obituary ; seulement pour les effets à proprement parlé. Un effet que j’apprécie particulièrement et qui distingue ce morceau.
Les baguettes roulent, la double pédale fume sur l’intro d’Eva, les growls ressemblent à des beuglements d’Uruk-haï. La section rythmique assure toujours son rôle. Les voix hurlés, beuglés, servent de faire-valoir au chant clair qui manque cruellement d’intensité et d’émotion. Et cela se répètera jusqu’à la fin… Les autres morceaux n’apporteront rien de plus.
Heureusement l’album ne dure que 37 minutes et des poussières. Malgré une batterie bien présente qui délivre ses impacts à qui mieux mieux, rehaussée et secondée par des percussions aux consonances brésiliennes dépaysantes et des rythmiques solides, la voix marque le pas, trop linéaire et impersonnelle en mode chant clair. Quant au growl, il s’apparente à un aggloméré de charabia. Sur un morceau, voire deux morceaux, au plus trois, ça passe, mais sur un album, cela devient inexorablement insipide et monotone. Cela se retrouve dans les compositions certes solides techniquement, mais, sans saveur aucune.
Donc, plutôt déçu du résultat, même si certains passages ont ravivé par intermittence mon attention.
Sortie le 26 octobre 2012 via AFM Records