Premier album de Je Rigole, Qui chante le matin est peut-être un oiseau n'a pourtant pas la vocation de faire rire. Par contre, on reste ébahi par la poésie colorée qui se dégage des textes d'Andoni Iturrioz, originaire du Pays Basque.
L'ouverture se fait sur le titre C'est court, qui surprend par l'arrivée un peu inopinée de bruits d'avion et de rires sarcastiques. Sorte de construction, déconstruction, comme une annonce d'apocalypse. La suite se fait sur C'est cyber, chronique de l'amour des temps modernes, au chant doucement posé et à la douce guitare. On enchaîne avec A l'ancienne : bonne rythmique tant dans le chant que dans la mélodie, un texte bien choisi. On sent qu'Andoni est habité et nous transmet son émotion, sa rage.
Tout au long de l'album on s'évade, on se laisse bercer, on est embarqué dans un tourbillon d'émotions.
Electron libre dans le paysage musical français, il est difficile de comparer Je Rigole avec un quelconque groupe, laissant ainsi une belle empreinte, pleine de personnalité.
Ils m'envient vous colle un sourire nostalgique aux lèvres, du temps de l'enfance, de l'école, un texte et un chant rappelant Aldebert. Il y en a donc pour tous les goûts dans cet album bien fourni : de l'expérimental, de la tendresse, de la colère, de l'humour. J'ai eu un coup de coeur sur Mouvement, titre bien travaillé et de belles paroles. Il y a de tout dans ce morceau, sans que ce soit brouillon pour autant.
Tout à coup apparaît comme un ovni sur ce disque, il n'y a pas de chant. Ici, les paroles sont contées, racontées, avec peu d'instruments, juste ce qu'il faut pour accentuer certains passages. La dernière piste, Le Livre des Noms, m'a paru un peu -non beaucoup- flippante avec cette clarinette et ce violon "malades", ces chuchotements et encore cet avion qui passe. Bon je la zappe désolée mais je me sens mal à l'aise, l'impression d'être dans un asile...
En bref, un groupe prometteur, une belle découverte, on passe un bon moment à naviguer d'un style à l'autre, en se laissant (agréablement) surprendre (même si je me serais arrêtée à 12 titres en fait).
A suivre donc, notamment en live !
Sortie le 8 octobre 2012 via J'ai vécu les étoiles / Musicast