La technologie actuellement est une véritable catalyse à la création musicale, et nous voilà totalement noyé par une horde de groupes sortant à foison des albums et des vinyles. Malheureusement le nombre ne rime pas avec la qualité, puisque de cette multitude de créations très peu de candidats sortent du lot et restent au fond d’une vase qui embourbe littéralement mes esgourdes. Mon pessimisme est totalement accéléré par certains labels opportunistes et profitant de cette aubaine pour se remplir les poches en ne prenant aucun risque. Le quintet genevois de Promethee, préfère l’autoproduction pour distillé un alcool bouillonnant et une fusion rock qui risquent bien de devenir un cru d’exception…
Faisant suite à un premier EP datant déjà de 2010, voici leur tout premier album dissimulé par un artwork intriguant et signé par Tom Bates. Les hostilités s’engagent avec The Great Deception, et ses mélodies accrocheuses entrelacées sur des solis de grattes et autres ponts de rythmes. La maturité du titre transpire et nous dévoile sans peine la talent et la maturité de l’ouvrage. S’ensuit Banner Of Lies cuisiné avec les mêmes ingrédients et une magnifique approche vers le Hardcore. Joshua Orsi nous propulse vers la réalité d’une société sous ses mots, entre émotions et engagements. La basse et les guitares sont estompées, laissant une large place au tempo et cette voix réfléchie. Of Loss And Disgust et Life/less nous embarque sans difficulté dans leur univers, entrecoupés de solis incisifs et des mélodies bien ancrées à leur forte personnalité. Les blast-beats et autre breaks sont parfaitement bien sentis tout au long de l’ouvrage et apportent une fine ciselure à l’ensemble du projet... Nous sommes sur un véritable travail d’orfèvre digne de la réputation ancestrale et horlogère helvète.
Genesis nous invite à un interlude avec un passage récité de la pièce de Samuel Beckett, Waiting for Godot. Après ce petit clin d’œil au titre de l’opus, on s’enfuit de nouveau avec The New Face Of Mankind et son contenu fort surprenant. Entre groove et breaks gouleyants, mes cages à miel se délectent du breuvage et s’étonnent de la vélocité délivrée par les grattes. Thus Spoke distille des textes forts et profonds le tout mis en valeur par la montée en émotion dans la voix. L’introduction réussie de Sickness Unto Death, une atmosphère épique totalement dynamisée par des paroles simples mais rudement efficaces quand soudain, on plonge en territoire Black, et ces ingrédients dominateurs cri aigu, voix gutturale, riffs surpuissants et une vélocité à la batterie qui est juste proche de la démence…
L’album se clôture sur une autre petite pépite tout en douceur, Oblivion et son rythme lourd et oppressant, et toujours cette voix criée et intense qui me claque littéralement les neurones. L’assemblage est proche de la perfection, avec dix titres bousculant nos petites habitudes et os émotions. Le produit est riche et calibré par la maîtrise et la technicité des différents lascars composants la formation. A déguster sans restriction, mais attention vous risquer de devenir accroc…
Sortie le 13 octobre 2012 en autoproduction