Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre en chroniquant cet album de Hangman's Chair. Hope///Dope///Rope, trois mots qui claquent assurément. Mais le contenu, qu'allait il donner ? Je passe à la phase écoute de ce cd.
Etrange idée d'avoir choisi une sorte de chorale pour l'intro mais pourquoi pas. The saddest call débute sur un doom dont seul Hangman's Chair est le propriétaire. La tonalité se veut grasse, noire, inquiétante et sale. La voix surgit. Comme pour cacher une étonnante vérité, elle se fait calme, mélodieuse et mélancolique à la fois. Elle tranche littéralement avec l'ambiante des instruments. Un son plus rock prend, d'un coup, le relais pour que ce chant se transforme en une bête énervée. Dès ce premier titre, l'ambiance aimée et revendiquée par le groupe se fait sentir. Le pavé parisien, les pigeons cancéreux, les ruelles sombres, les coins malfamés. On est loin des autres groupes du genre qui sentent mauvais le marécage de la Nouvelle Orléans. Cet album est une succession de perles doomesque, glauques à souhait.
Le groupe se permet de compliquer les morceaux par des touches très Crowbar pour situer le genre. Contrairement aux autres productions de Hangman's Chair, les riffs, très riches en notes et en musicalité, apportent une certaine lumière à ce Hope///Dope///Rope. Pour nous faire oublier la vérité d'un mois de décembre déprimant, le temps d'une balade, la voix ne fait qu'un avec la guitare acoustique. La lumière citée plus haut reste toute relative. Le groupe restant globalement dans la noirceur qu'on lui connaît. Musique sombre, voix douce et surprenante, batterie groovy. Le travail du batteur est excellent sur toutes les chansons. Vous trouverez en ce sept titres un recueil de chansons lancinantes, dépressives. Une ambiance non violente, qui permet de se détacher de tout, de sombrer au plus profond d'un univers ténébreux propre à chacun.
Tout au long de l'écoute, je ressens vraiment une pression lourde, ça bourdonne dans mes oreilles. Leur musique est puissante, remplis des pires cauchemars, tous les sentiments sont passés en revus, du plus blanc pure au plus noir malsain.
Avec cet album, Hangman's Chair fait preuve d'une grande maturité. Un dédale de flash inquiétant entoure ce cd, ils ont réussit à signer un tempo qui leur est propre. Il se peut que vous ne sortiez pas indemne de cette aventure auditive. Un grand bravo.
Sortie le 25 juillet 2012 via Bones Brigade Records