Voici une galette qu'il n'est, d'un premier abord, pas facile à chroniquer tant la richesse du contenu et le mélange des genres font qu'il faut apprivoiser la bête avant de l'apprécier à sa juste valeur. Créé en 2010, VITER nous distillent un genre difficile à cataloguer, que l'on pourrait définir comme du Folk Métal Indus pour faire court (eux s'affublent plutôt du terme de Folck'n'industrial), usant d'un éventail varié d'instruments qui donne cette atmosphère unique aux compos.
Springtime est le premier LP des Ukrainiens, fort de 10 titres tous aussi différents les uns que les autres, ils nous plongent dans leurs univers original (à l'image de leur pochette que je trouve personnellement très réussie) et parfaitement bien orchestré à coup de riffs de guitares bien métalliques, de synthés indus, d'instruments sortis tout droit du folklore local et le tout chapoté par une voix martelant à la Rammstein.
Dès le premier titre les Ukrainiens posent leur style, loufoque (cf le titre : Wool Fish Love… l’amour de la laine de poisson…), épique par moments, faisant la part belle à de drôles d’instruments donnant à l’ensemble une structure vraiment fraiche.
Avec The night is so moonlit l’ambiance s’assombrit, les riffs de guitare se font plus lourds et métalliques, le chant y est profond et l’on touche au plus pur style Heavy Speed mélodique. Ce morceau est vraiment envoutant et remarquablement construit, on y trouve même une sorte de pipeau local qui se marie parfaitement avec la compo.
Avec Marichka le ton ne change pas, une déclaration de flamme à une belle façon métal indus bien barrée. J’adore ! S’en suivent For The Fire (dont ils ont réalisé une splendide vidéo) et Springtime qui restent sur lamême ligne, percutante, surprenante et équilibrée. Avec Diving deep et Cold and Frozen les VITER deviennent plus lyrics, on glisse progressivement dans un autre genre, leur fameuse passerelle « Folk », le synthé prend plus de place et s’impose pour donner cette touche un peu "barrée" du groupe.
Avec le titre Viter on a vraiment basculé sur l’autre face du groupe, le folk se fait vraiment plus sentir, les breaks et l’alternance de genre est omniprésente, ce qui s’accentue jusqu’à la fin de l’album. Two Colors est la pommade après la brulure, le point final à cet excellent album qui sera une vraie révélation de cette fin d’année. Le morceau se clos sur un générique de fin très cinématographique à l’image des visuels de VITER que je vous invite à retrouver sur leur site .
Ces gars-là sont créatifs et doués. Leur univers, à la première écoute assez déroutant, est finalement envoutant et riche, il demande un investissement malgré tout, on ne les écoutes pas à la légère. Une chose est sure, Viter est un groupe résolument Rock, et j’ai hâte de les voir enflammer les planches d’une scène française (au sens propre comme au sens figuré).
Le printemps de Viter laisse augurer un été radieux.
Sortie le 27 juillet 2012 via Metalism Records