Delusions of Grandeur, un EP venu du froid. "Oui je sais elle était facile celle-ci !". Mais il faut dire que ce vinyle Scandinave est loin de nous geler les tympans. Nos cellules auditives ont un travail considérable plaisant quant à l’écoute de ces trois titres, car il y une grande diversité instrumentale : cuivres, cordes, bois à foison et bien d’autres.
L’ouverture mélancolique désignée pas les cuivres donc, une partition saisissant, prenante, et humidifiant nos globes oculaires. Mais à trois minutes environ, surprise, nous nous rendons compte que la chanson n’est pas entièrement instrumentale. Une douce voie masculine au grain frissonnant et mélodique vient accentuer notre travail auditif. Fem Digi Master, le plus court des titres (4 minutes 25, contre plus de 8 minutes pour le premier et plus 11 pour le dernier), est lui tout aussi joliment maussade joué par une guitare sombre et clavier limpide. Toute la chanson reste sans voix, il y a de quoi fermer les yeux et se laisser transporter en fonction des notes et de ses songes. Le dernier morceau est lui aussi dénué de voix, sauf ver le dernier quart où le chanteur devient conteur. L’histoire achevée, "la bande son" devient plus puissante et plus pressante.
Ce trois titres s’enchainent sans coupure, ils s’accordent et vont ensemble pour ne former plus qu’un. L’instrument vocal n’est pas omniprésent, dans ce cas-ci c’est une qualité. En effet, nous aurions pour habitude de "se lasser" précocement d’une chanson amputée de voix, mais les suédois ont su nous captiver et nous emporter dans leur mélodie magnifique, reposante et dépaysante. EF confirme leur talent donc, ainsi que leur expérience définit comme explosive et remplie d’émotions.
Sortie le 1 octobre 2012 via Chez Pelagic Records