Me voilà face au troisième album de Black Country Communion trônant avec fierté sur le coin de mon bureau. Le groupe revient en force après avoir été malmené suite à des remises en cause concernant sa survie. Mais bon avec des piliers comme Glenn Hughes et Joe Bonamassa, on s'attend clairement à du répondant haut de gamme. Le reste du groupe ne dépareille absolument pas avec à les claviers de Derek Sherinian (Dream Theater) et la batterie de Jason Bonham (Led Zeppelin). La production quant à elle, fût confiée à Kevin Shirley (Iron Maiden, Aerosmith, Journey).
Big Train nous plonge au centre du skeud avec un calibrage gouleyant. La voix de Glenn Hughes est puissante et parfaitement maîtrisée tandis que son phrasé secoue bien mes esgourdes, entre cris et hurlements et surtout une légitimité accrue. Les paroles sont aussi incroyable que le bonhomme et parfaitement bien adaptées à la musique infusée. Le tout est sublimé et dynamisé par le célèbre jeu de Jo Bonamassa. Nos deux titans sont à l’image d’un couple de super-héros combattant à l’unisson un anti-héro lugubre. Sur ce titre d’engagement, on ressent la mutation du groupe vers une autre voie que celle empreintée sur les deux opus précédants. J’ai rarement entendu Joe Bonamassa pousser sa wah-wah de cette façon, comme s’il voulait en découdre avec Ritchie Blackmore . Cry Freedom et son riff accrocheur réconcilie tout le monde, même si ça sonne très Deep Purple. La puissance de feu de Jason Bonham couplée aux atmosphères aériennes de Derek Sherinian nous enfonce littéralement la tête dans une lave en fusion. Sur l’ensemble les grattes sont rock, chaudes et savoureuses et dégagent un feeling incroyable totalement appuyé par une rythmique efficace.
This Is Your Time est le titre donnant de l’espace à Hughes et à sa voix très rock. Bien sûr, il a toujours chanté avec cette passion et cette puissance qui n'est pas donné à tout le monde et bien dans la lignée d’une pure tradition rock anglais à la manière de Stevie Marriott, mais sur ce titre il atteint sans peine le sommet de son art. Tandis que Joe s’énerve sur sa six cordes, donnant de la vigueur et une énergie fédératrice et une brillance à ce morceau. Midnight Sun bouscule mes idées avec une oppression musicale digne de The Who, et cette envolée d’un soli vertigineux. On retrouve quelques similitudes de styles, tout en gardant un énorme talent d’exécution.
The Circle monte en pression crescendo ruisselant de sentiments, avec une voix remplie d’émotion et une guitare diffuse et planante totalement captivée par l’esprit de Led Zeppelin. Joe nous démontre une autre facette de sa musicalité sur cet effort, un nouveau calibrage qui lui colle bien finalement. L’écriture de Hughes reste brillante et incisive et propulse le méfait vers le firmament d’un old school des plus fédérateur. L’album se referme sur Crawl, et une excellente orchestration de Joe avec Jimmy Page, heu ! non c’est monsieur Hughes au chant (rire). Astucieux et rempli de dissensions contrebalancées par des tensions, ce titre au mid-tempo envoutant m’entraine littéralement au sein de cette dualité entre Jo et Derek…
C’est sans doute l’une des œuvres les plus épique proposée par le couple Joe et Glenn, dont l’unique but et de nous offrir le meilleur d’un rock seventies bien consenti. L’alchimie musicale est parfaite, telle une union sacrée entre des musiciens de prestige. La production est magnifique, pour un ouvrage aguicheur et impactant. Le charme est si puissant que j’ai encore un petit pincement émotionnel qui flotte dans ma tête…
Sortie le 30 octobre 2012 via Mascot/Wagram