Je suis toujours fan de ces extraterrestres maniant avec vélocité leur six cordes. John 5 (John Lowery ) fait clairement partie de cette élite, suite à diverses collaborations fructueuses avec Marilyn Manson puis Rob Zombie. Le voilà pour une nouvelle équipée solitaire avec ce God Told Me To. Comme à son habitude, notre lascar fait de la haute voltige tel un véritable équilibriste du shred et du chicken-picking en lévitation sur un metal industriel aux saveurs blues rock jusqu’à la country.
L’effort s’installe avec un premier single sorti dès novembre 2011, Welcome To Violence, titre véloce au riffing thrashy posé sur groove addictif. Je ne vous parle pas des solis qui force le respect et nous oblige à plier le genoux contre terre. La mise en bouche est parfaite, pour un repas très metal avec Killafornia , The Hill Of The Seven Jackals et The Lust Killer au tempo lent distillant une réelle atmosphère à la manière de ce que l’on pouvait déjà entendre sur l’album sophomore Songs For Sanity. Ce titre est totalement sublimé par son chorus totalement hallucinant…
Beat It (cover de Michael Jackson) résonne comme le deuxième single de l’ouvrage, véritable hommage à l’un de ses pairs Van Halen qui a apporté à l’époque le riff de ce titre mythique du King Of Pop. Joli, mais absolument pas indispensable à la réussite de cet effort. John 5 reste habile sur les standards et le mélange de genres. Ashland Bump nous emporte du côté de la Nouvelle Orléans pour finalement nous laisser sur le bord de la route avec le très folk The Castle. Noche Acosador quant à lui nous débarque littéralement au sein d’un univers plus chaud et flamenco aux teintes manouches. Un titre exceptionnel et complétement sublimé par le talent de John.
L’album se referme sur The Lie You Live et Creepy Crawler sous un soleil de plomb en plein désert, pour une ballade épique sur fond dramatique. Idéal pour en faire une jolie BO pour western spaghetti sur fond de mélancolie, quel talent mec ! je suis fan, car c’est tout simplement exceptionnel…
God told me to est un produit que je découvre bien tardivement car celui-ci est dans les bac depuis le printemps . C’est une véritable petite perle bien empaquetée dans son écrin chamarré et très coloré. Cet énième méfait est sans aucun doute le plus mature, alliant humilité et rigueur à l’instar du très turbulent Songs For Sanity. L’artiste atteint l’apogée de son art, avec un skeud à dévorer sans la moindre retenue.
Sortie le 8 mai 2012 via 60 Cycle Hum/Rocket Science Ventures