Après une intro d’une minute où on entend l’orage, la musique entre en scène ou l’attaque mentale car Abstracter vous attaque le cerveau de manière chirurgicale. C’est sûr, ce n’est pas à la première écoute que l’on s’en rend compte par contre si vous poussez le vice à y retourner vous comprendrez de quoi je parle.
En effet, l’album dure quarante minutes et ne possède que trois titres mais passées les onze minutes de Walls That Breathe où s’alternent chant clair, growls et passages doom le tout sur un mid tempo digne d’un Silver Needle. Golden Nai de AmenRa et une ambiance sentant la sueur sale et le glauque, il sera déjà trop tard.
To Vomit Crows sonne au préalable plus rock mais ne vous y trompez pas comme son titre l’indique, on est toujours dans le morbide et les corbeaux ne sont pas loin guettant votre faiblesse afin de vous faire sombrez dans les presque treize minutes d’acide gastrique que dilue ce morceau le tout sur des riffs plus saccadés que la précédente mais avec toujours cette alternance growls/clair qui finissent par s’imprégner sur vous.
La recette marche, alors client suivant car le professeur Abstracter n’en a pas fini avec votre cervelle. L’intro lourde et malsaine d’Ash pose l’ambiance appuyée par les growls tout droit sortis des ténèbres et emboité par le chant clair limite religieux.
Puis un break de basse tout droit sorti de l’au-delà vous dirige sur la table et commence son travail de lobotomie. On vacille entre death et stoner, chant crade puis les cinq dernières minutes des seize que comporte le morceau vous accompagne de manière mélodique vers un état mitigé entre la torpeur et le bien-être. Je crois que je suis décédé mais non ce n’était que spirituel.
Vous l’aurez compris l’approche n’est pas évidente mais une fois entré dans leur monde, ou du moins une fois que leur monde sera entré en vous, Abstracter vous hantera telle une drogue dure ayant l’apparence d’une personne que vous ne pouvez atteindre. Trop bon.
Sortie 01 Octobre 2012 via The Path Less Traveled Records