Me voilà voguant dans un univers nouveau et totalement fantaisiste , sur fond tourmenté la vision d’un vieille église délabrée anglaise hante mon esprit. Dans une lumière flamboyante, je m’envole pour un voyage temporel jusqu’au moment où cette cloche lugubre me réveille… Rêve ou canular, je suis couché dans mon canapé tandis que l’album A Map Of All Our Failures résonne sur les murs de mon salon. Ces sensations glacées, comme une agonie ou une énigmes religieuses et autres croyances anciennes, me voilà en pleine bataille entre l'amour et de la haine, bataille dont les armes sont forgées sur huit actes incisifs. Nous retrouvons dès l’engagement Kneel till Doomsday le calibrage proposé par le groupe proche d’un Paradise Lost, tout en apportant cette sobriété britannique si théâtrale sur fond de Metal Gothique.
Leur Doom s’infuse comme un venin givré et perturbant, affichant une complainte addictive. Quelques incursions en territoire Black Metal aux saveurs des années 90’, apportant sur un plateau d’obsidienne quelques outrages diaboliques et lugubres à l’assemblage. Dès le début, j'ai dû réajuster mon esprit pour trouver le rythme de cette nage en mer sombre où chaque battement de caisse claire, et autres riffs harmoniques et lignes de clavier ou de violon me propulse dans un conte mélodramatique. Chaque titre est une histoire épique catalysant de grands moments musicaux tout en affamant mon esprit et ma faim musicale... The Poorest Waltz illustre parfaitement bien cette dépression omniprésente sur la longueur du skeud. Les multiples voix se canalisent à l’unisson comme une seule entité apportant à la tragédie des atmosphères glauques dignes d’un enterrement/
Le riff principal me balaye le visage, je ferme les yeux pour mieux en saisir les émotions qui finissent par galoper dans ma petite tête. L’expérience est transcendante et m’embarque à diverses époques dont l’antiquité sur Hail Odysseus. A Tapestry Scorned et Within the Presence of Absence me démontrent la délicatesse de leur Metal. My Drying Bride distille un art surprenant et sobre sombrant totalement dans la négativité et la douleur, mais avec une accroche captivante qui flatte littéralement ma curiosité. Ils ont réussi à conquérir toute mon attention grâce à un talent fort bien manipulé. Dommage que l’album soit se court, car on en redemande…
Sortie le 15 octobre 2012 via Peaceville Records