Voilà que les prêtres de Cradle Of Filth annoncent leur incroyable retour sur le devant de la scène extrême britannique à l’instar de groupes tels que Godspeed et Darkly… Nous sommes donc face au dernier verset du décalogue joliment dénommé The Manticore & Other Horrors. L’immersion profane est intense, et même si le groupe n’est plus à son apogée artistique, nous devons bien constater qu’ils en ont encore sous le pied. Leur évolution permanente est de la partie sur ce nouvel album !
J’ouvre le grimoire sur fond d’encens apportant des saveurs digne de la période Midian, pour une plongée intemporelle aux travers de mythes comme la manticore, les chimères, les vampires, les titans, les lycanthropes, et le bestiaire de Lovecraft. Les images tourbillonnent sur fond d’une musique lourde, nerveuse et véloce flirtant aux limites du punk (Succumb To This). Véritable voyage vers les racines de la formation, qui retrouve l’antre du studios Springvale And Grindstone à Suffolk. Nos lascars dépoussièrent leurs influences premières et les posent sur des chœurs féminins et un calibrage érotico-romantico-vampirique qui leur sied parfaitement bien… Le tout est enfermé dans une papillote d’obsidienne et des ingrédients de métal extrême, le tout cuit à feu symphonique. Bref pas de grandiloquence, ni de phrasés pompeux offrant une large place à des riffs incisifs sur Huge Onyx Wings Behind Despair ou des riffs plus mélodiques sur Frost On Her Pillow. Calée entre quelques entractes lunaires, la batterie de Martin laboure le tempo et concassent littéralement mes cages à miel ce qui donne une vivacité toute inédite.
L’ouvrage ne dévoile pas d’exception, quoique The Abhorrent se démarque pas trop mal ! Comme à son habitude Dani Filth perpétue ses poussées aigues, qui sur Manticore sont la limite de l’insupportable. Ce onzième méfait est si contrasté que je ne sais plus trop quoi en penser. The Manticore & Other Horrors reste finalement une curiosité intéressante à la limite de la passion, pour peu que vous en apprécier les rouages. Un peu trop linéaire sur certains chemins boueux, ils délivrent suffisamment de poison pour ensorceler les plus réticents d’entre vous et satisfaire les initiés…
Sortie le 29 octobre 2012 via Peaceville Records