Les stéphanois de The Ligerians distillent une alchimie complexe liant avec insistance la World-Music au jazz sur des airs de chansons françaises. Les ambiances s’étalent sans difficulté et nos cinq lascars nous propulsent dans leur univers aux textes savoureux ! Chaque titre est une belle tranche de vie où évoluent des personnages agissant comme nos propres reflets à l’image d’un miroir. La force de l’ouvrage est clairement axée sur l’écriture qui se lie intiment au visuel d’une bande dessinée noire à l’instar d’un polar où se mêlent reggae teinté jazzy et chansons sur fond urbain…
On s’enfonce rapidement dans le genre proposé par la bande à R-K Slouani, et dans leur substrat d’influences allant d’Ernest Ranglin et Monty Alexander en passant par l’Étrangleur de Boston ou Hannibal Lecter. Notons que l’interprétation est exemplaire, avec un équilibre sonore bien rendu et un grain attrayant et fort plaisant. Humour et mélancolie, qui s’accrochent à mes esgourdes pour finalement enrichir mon écoute et ma curiosité musicale. Ça groove, ca swing et on bouge nos fesses collées dans le fond d’un fauteuil club, attention à ne pas renverser son verre de whisky…
Nous voilà parti en vadrouille avec le détective Philip Marley dans les caves de Chinatown à la recherche de l’époux de la sulfureuse m’dame Mulwra. Une course poursuite sur les talons de la Famille Li Wang et leurs petites mains plus connues sous le nom de The Ligerians. Voilà le récit proposé de la bande dessinée livrée en guise d’artwork, pour enrichir cette évasion intemporelle et culturelle. Un produit suffisamment riche qui vaut largement le détour, et qui va ravir les amateurs les plus exigeants de bonne musique et d’arts graphiques. A déguster sans restriction, vous ne serez absolument pas déçu !
Sortie le 1er octobre 2012 via Label Z Production