Le jour décline, le vent se fait entendre à travers le bruissement des feuilles, parcourant les venelles sombres et humides de la ville qui s’endort. Le crépuscule laisse place à la nuit noire, moment privilégié pour consulter à la lumière vacillante des bougies De Vermis Mysteriis , occulte recueil composé de chants et sixième production des alchimistes stoner deHigh on Fire. Clin d’œil au mythe de Cthulhu, plus précisément au recueil Les Mystères du Ver, grimoire renfermant formules et invocations de divinités macabres. "La couverture" en est le reflet avec un vieillard au regard projetant un œil noir vers les étoiles, dispersant une mixture à base de feuilles hallucinogènes au gré du vent, le tout sous la menace directe d’un esprit lupin exhibant ses crocs… Tout cela attisant ma curiosité, je m’attèle à une écoute religieuse.
Serums of Liao voit notre chanteur/invocateur déclamer avec une voix éraillée, à force d’avoir ingéré trop de concoctions et imploré d’esprits (?), les paroles qui égratignent mes conduits auditifs. ’accompagnement brouillon, dû à une distorsion trop élevée de la guitare, une batterie aigüe et un manque de finition du morceau, instille en moi un sentiment désagréable, insaisissable et pesant. Serait-ce un effet désiré ?
Bloody Knuckles enfonce le clou. Assommante et assourdissante, la voix se répercute dans mon crâne qui
provoque des fissures lézardant mes conduits auditifs, les conjurations sonores m’inondent et finissent par
ébranler dangereusement ma volonté de poursuivre l’écoute.
Fertile Green, le tempo s’accélère et la voix prend des accents emprunts à Lemmy de Motorhead, la rythmique est lourde et, le tac-à-tac de la batterie, rébarbatif, finit de saper mes structures auditives. Quelques passages agréables saupoudrés ici et là ne relèveront pas l’ensemble.
Madness Of An Architect, exhale des relents black sabbathien, mais ne parvient pas à me sortir de la torpeur dans laquelle je m’enfonce inexorablement. Samsara, accalmie providentielle, me retient de ne pas mettre fin à cette messe qui embrume mon esprit. Ce joyau instrumental contraste tant avec le reste et met en avant les qualités d’écriture du groupe, hélas, cela ne dure pas.
King of days, avec son chant modulé et posé ravivera une dernière fois mon âme avant qu’elle ne s’effondre définitivement sous la pesanteur des derniers morceaux. Les incantations de ce volume de High on Fire n’auront donc eu aucun effet sur moi. L’ensemble est desservi par cette voix désagréable, qui écrase le reste, et, des compositions qui ne se démarquent pas, excepté deux titres. Un album bien fade que je m’empresserais de remiser au grenier.
Peut-être, me risquerais-je plus tard de consulter les précédents recueils, sait-on jamais ?
Sortie le 24 Septembre 2012 via Century Media Records