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E-BREED - Ils alternent mélodie, puissance et émotions.

Mise en ligne le 07/09/2012 - (Lu 1478 fois)


 


2011 est l’année de renaissance pour E-Breed. Le groupe redémarre avec Carlos leur nouveau chanteur.  Un chant en anglais et des compositions où alternent mélodie, puissance et émotions. Le groupe reste dans cette veine du rock alternatif californien  qu’il pratique depuis ses débuts mais son identité est maintenant bien forgée : Chant engagé, guitares lourdes, rythmique fusionnante et électronique industrielle. Le quintet délivre un son proche de Deftones, Karnivool ou Incubus. En 2012 sort The Alternative un 6 titre qui préfigurent un album pour 2013. "El Mobo" du Concrete Studio (Gorod, Warattah, Plugin) a apporté tout son savoir-faire sur cet opus.

Hello messieurs, bienvenus dans nos pages pour cet entretien. Commençons par une présentation du groupe depuis sa création ?

Oreye  (guitare) : Le groupe existe depuis 2002. Il a sorti un 6 titres "Birth" en 2005 et un album "-273°" en 2009 avec un premier line-up. Ces deux albums ont été distribués et nous ont permis de nous faire connaitre. Nous avons tourné dans de grandes villes françaises mais la tournée qui devait suivre l'album de 2009 a tourné court pour des dissensions internes et un mauvais encadrement professionnel.

En 2011, nous avons redémarré à zéro avec notre nouveau chanteur Carlos qui chante en anglais. Nous avons ressenti une nouvelle énergie et notre style s'est affiné. De plus nous avons renoué avec le plaisir de composer sans concessions. Nous nous sommes depuis aussi mieux encadrés avec les professionnels du métier et investis dans l'autoproduction qui devient incontournable. Ainsi nous avons rapidement sorti le 6 titres "The Alternative" pour se relancer en attendant une douze titre qui l'inclura.

Tom : ce changement de line-up est un réel virage pour nous, tant personnel que musical. L’arrivée de Carlos a été une vraie bouffée d’oxygène pour  composer à nouveau.


Une explication de texte sur le nom du groupe ?

Oreye : Nous voulions un jeu de mot sur le caractère "hybride" de notre musique avec une consonance anglo-saxonne. Ca sonnait bien et ça sous-entendait le caractère fusionnant et électronique de notre musique.

Tom (Tom) : Encore un truc qui s’est décidé sans moi… (rire) (je suis arrivé dans le groupe en 2005).

Votre registre musical est forgé sur un rock alternatif à la chaleur californienne, quelles sont vos influences premières ?

Oreye : Vous tracez une ligne entre San Francisco et San Diego et vous écoutez tout ce qui sort en rock depuis 20 ans. Il y a les ténors : Rage Against The Machine, Korn, Red Hot Chili Peppers et puis la scène plus alternative : Tool, Deftones, A Perfect Circle. Moi je viens de là, j'ai pris ça dans la gueule avec la scène grunge (Pearl Jam, Soungarden) et je m'en suis pas remis. J'aime quand ça y met toutes ses tripes, toute sa colère ou sa névrose. Après nous sommes de grands consommateurs de musique et nos sensibilités diffèrent. On peut ainsi rajouter le néoprogressif australien de Karnivool et l'industriel incontournable de Nine Inch Nails.

Tom : je viens d’un tout autre univers : le progressif des 70 / 80.

Je suis un inconditionnel de Rush, King Crimson, Genesis, Led Zeppelin […]

Le virus de la scène alternative m’a envahi le jour où Oreye m’a dit : " Quoi ?! Tu ne connais pas Deftones ?! " Depuis, White Pony fait parti de mes albums préférés. Et plus récemment Sound Awake de Karnivool qui est un véritable bijou.

Vous venez de sortir un EP " The Alternative".  Pouvez-vous nous le décrire, les thèmes, les influences ?

Oreye : Avec "The Alternative", comme son nom l'indique on voulait proposer autre chose. Un truc indépendant, sans compromis commercial, engagé. Face à la merde mainstream qui hante nos radios et après 5 ans de politique démagogique et putassière on avait des choses à dire. "The Alternative" cela pourrait être un courant de pensée alternatif ou un parti politique presque. Et puis l'alternative ça voulait dire qu'on tournait une page sur ce qu'on avait fait avant. Après d'un point de vue musical ça alterne entre des passages mélodiques atmosphériques et des passages violents et puissants. Un pont entre le nouveau Deftones et Karnivool.

Tom : The Alternative a dans une certaine mesure un peu les mêmes préceptes que le collectif Anonymous. Une sorte d’activisme musical pour enrailler tout un système surfait, égoïste et artificiel où l’on vous fait écouter de la m… à longueur de temps, où l’on fabrique des groupes uniquement pour faire des profits. Les émotions sont contenues, calibrées là où justement la musique (comme tout art) devrait n’avoir aucune limite, aucune concession.


Et votre processus de création ? Qui a fait quoi et comment conciliez-vous les idées de chacun ?

Oreye : Les morceaux se composent quasiment tous de la même manière. J'amène une ossature plus ou moins élaborée au reste du groupe et nous faisons évoluer le morceau communément en l'adaptant aux mélodies de Carlos. Laurent (samples, électronique) intervient plus sur les arrangements.

Tom : moi je m’occupe de la partie rafraichissements (rire).

Comment s'est passé l'enregistrement au studio Conkrete Studio (Plug-in, Gorod) avec El Mobo ?  Parlez-nous un peu du personnage…

"El Mobo" c'est le type le plus cool que l’on rencontré dans le milieu de la musique. C'est simple, il a toutes les qualités : il est simple, entier, diplomate et surtout c'est le meilleur. Mais vraiment le meilleur. On a enregistré avec lui chez nous en une semaine et il a mixé chez lui en une semaine. Il a travaillé vite et bien et on n’a presque pas retravaillé ses mix initiaux. Après on arrête la parce que s'il devient trop connu ça deviendra dur qu'il se rende disponible pour nous.

L’album est une autoproduction, vous êtes à la recherche d’un label ?

Ça existe encore les labels? Non parce que si ça existe encore faut leur dire qu’il n’ y'a plus d'argent à se faire. Alors, à part les structures associatives, le mieux c'est encore de s'autogérer. Et le Web permet de ne plus avoir d'intermédiaires, quand on sait combien de c… essaient d'entuber les groupes (tremplins, attachés de presse véreux, tourneurs par abonnement, SACEM). Bon on s'arrête la parce qu’on va ressortir les battes de baseball et on préfère positiver dorénavant.

Au niveau matériel, êtes-vous fidèle à vos instruments, ou aimez-vous le changement perpétuel, la découverte ?

Oreye : Ultra fidèle à mes "Charvel US San Dimas" de 92 et 93 et ma Dual Rectifier Mesa Boogie. J'ai aussi une PRS pour le studio. Ce qui change constamment c'est mes effets : là, j'en suis à Guitar Rig sur MacBook dans ma boucle d'effets.

Tom : Fidèle à ma tête SWR Studio 220 de 1995. Je viens de changer récemment mon baffle (Warwick 6x10) et ma basse : Luthier FBass type Musicman avec pavé Delano et électronique Shadowsky. Pas d’effet, juste un compresseur L.A Audio. Je suis en pleine réflexion pour acquérir un préampli. Mais je reste surtout fidèle à une chose : " Ce n’est pas l’outil qui fait l’ouvrier, mais l’ouvrier qui fait l’outil. "

Les disquaires ferment les uns après les autres, le modèle économique de la musique s’effondre. Croyez-vous encore aux disques "physiques" pour l'avenir.

Non le dématérialisé c'est le sens de l'histoire. Ou tu prends le train ou tu restes à quai. C'est bien qu'on supprime les intermédiaires qui se sucraient sur le dos des groupes. Et les progrès de l'informatique permettent de faire un album à moindre frais. Le seul mauvais côté est que le modèle économique s'est déplacé vers les concerts et que les places deviennent inabordables.

A l’inverse beaucoup d’artistes proposent des versions vinyles de leur album. Cette idée vous a trotté dans la tête ?

Oreye : Non je ne suis pas nostalgique. Je suis Nostalgeek. Je dors avec mon MacBook pro (rire).

Tom : le vinyle est devenu une mode rétro mais a perdu tout le sens mécanique et chaleureux de l’objet. Sauf bien évidemment pour quelques irréductibles du son si typique. E-Breed sur vinyle cela n’a aucun sens.

Quelles sont vos ambitions actuelles ?

Sortir cet LP…. de douze titres et faire de bons concerts en jouant avec des groupes qu'on respecte.

Oreye : il me tarde de refaire un clip. Le dernier, " Le Pacte " date de 2009. Il est génial et il me tarde de revivre cette expérience.

Tom : du live !! du live !! du live !!


Quel est l’album et/ou le livre qui a franchement marqué votre paysage musical et culturel en cette année 2012

Oreye : En livre je dirai "Farlander" de Col Buchanan. Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait une nuit blanche pour terminer un bouquin. En album je vais ruser et dire le prochain "Muse" dont je sais qu'il sera énorme. Sinon question Film j'ai beaucoup aimé Prométhéus même s'il lui manque un petit quelque chose pour rivaliser avec Alien.

Tom : L’album 2012 qui m’a franchement le plus marqué est sans hésiter Gojira – L’enfant sauvage. C’est toute la suprématie américaine qui est remise en question. Quand Thomas Haake (batteur de Meshuggah) dit : " j’aime beaucoup Gojira, l’un des meilleurs groupes actuels " … tout est dit !


Avec qui aimeriez-vous partager une scène actuellement ?

Oreye : Mass Hysteria : le meilleur groupe français en live. Après, quitte à rêver je dirai Tool.

Tom : il y a tellement… je suis d’accord avec Oreye. Karnivool si vraiment l’on avait une opportunité.

Gérard pour Zikannuaire.com

 

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