C’est après la sortie en 2010 de leur excellent EP de trois titres (The Lock, To The Fathers et Scorn Aesthetics), que les bordelais d’Ad Patres déboulent en ce mois de septembre 2012, avec un album de dix titres joliment dénommé Scorn Aesthetics. L’introduction nous pousse sur le chemin prit par nos lascars, nous conduisant directement vers l’univers incisif de la formation. Très rapidement, on embraye sur The Lock, titre déjà présent sur l'EP, qui avait fait une grande impression à l’époque et qui n’a absolument rien perdu sur cette version album. Riffs sauvages structurés et posés sur une rythmique de plus démentielle accompagnés par la voix puissante d'Axel.
Scars Of Compromise a, comme In Vivo des passages mid-tempo extrêmement bien ficelés, et liaison direct avec des solis de guitare bien structurés à faire pâlir les grands amateurs de la partition de jeux interdits. Attention, pour les afficionados de gros son bien massif, Circles Of Red est totalement fait pour vous. Ad Patres ne fait pas dans la démesure, avec un titre brutal et saignant comme on les aime… Voilà un morceau qui ne fait pas dans la dentelle et c'est bien ce que l'on attend d'eux.
Restons dans la continuité avec To The Fathers, Scorn Aesthetics et Emphasize Nihility, qui distillent un breuvage tout aussi brutal. Le rythme est frénétique avec des coups de blasts calibrés afin de bien nous en mettre plein les dents.... Les riffs sont légions et carrés, pour le plus grand plaisir de nos esgourdes dévergondées. Des titres taillés dans un rock de granite, dont la dureté omniprésente est accentuée par cette puissante, un véritable rouleau compresseur. Restez de marbre sur un tel morceau n’est possible que pour un sourd…
Anti et All That Remains sont deux compositions tranchées dans le vif (ou dans la blonde d'aquitaine) avec une rythmique légèrement plus ralentie que le reste, mais tout aussi dynamique. Les flux vocaux sont pleins de hargnes, une rage qui fait si bien la marque de fabrique d'Ad Patres.
Scorn Aesthetics est un produit de qualité annonçant sans retenue du lourd et de la qualité tout en nous démontrant un bien bel avenir pour Ad Patres. La présence de Mathieu Pascal (Gorod), donne un énorme coup de fouet à l’assemblage. Alors les kids, voilà un skeud à mettre dans votre sac à côté de sa boite de gâteaux, pour se raviver les neurones à la récréation. Ad Patres n'a pas à rougir, il marque au fer rouge leur symbole sur les fesses de la scène brutal death et montre que la relève est assurée du coté de Bordeaux…