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Scarecrow s'est toujours placé sur un terrain musical novateur, alliant deux musiques, deux discours, qui peuvent paraître antagonistes au néophyte. Il n'en est rien. Pour porter cette fusion atypique et novatrice qu'est le Blues Hip-Hop, le groupe a toujours privilégié son développement en auto-production et totale indépendance.
En 2010 Scarecrow fait parler de son projet, avec une première tournée de 50 dates en région Midi-Pyrénées et alentours, ponctuée de plusieurs résidences (Chapeau Rouge à Carcassonne, Espace Bonnefoy à Toulouse) et de tremplins régionaux (Prix d'écriture Claude Nougaro, prix Jazz à Montauban et séléction régionale du Printemps de Bourges). Cet élan a permis au projet d'avancer rapidement son image de groupe "live" et sa cohérence musicale. Ce travail de développement est notamment passé par la structure d'accompagnement d'artistes Avant Mardi, l'engagement d'un attaché de presse et le travail sur les déclarations administratives via la Campana productions.
En 2011, l'objectif est inchangé et s'élargit au plan national avec une tournée de 70 dates, de nouveaux tremplins remportés (1er prix Couvre Feu, Rock'n'Solex, Rencontres et Racines) ainsi qu'un premier EP intitulé This is Blues Hip Hop, qui se vendra à 2.000 exemplaires. Les musiciens deviennent intermittents grâce à ces avancées. L'année 2012 sera quant à elle marquée par la création d'un nouveau spectacle et de nouvelles résidences (La Fenière, Rio Grande et Lo Bolegason), mais aussi par la réalisation du premier album Evil & Crossroads, qui reste aujourd'hui le projet le plus abouti de Scarecrow. Financé par le public grâce à une souscription sur la plateforme de crowfunding Ululle, Evil & Crossroads était un pari audacieux et mené à bien, celui d'instaurer une relation de confiance et d'intérêt entre le groupe et son public, notamment grâce aux réseaux sociaux.
Evil & Crossroads est maintenant disponible en téléchargement "pay what you want" sur le site web du groupe et se vend en concert, ainsi que par envois postaux. Pour la suite, le groupe compte bien s'exporter à l'étranger, après plusieurs dates en Espagne et en Suisse.
Petite interview des Scarecrow, en toute décontraction à l'ombre des pins du camping pro du festival Musicalarue de Luxey.
Pouvez-vous nous faire une présentation du groupe : qui est Scarecrow ?
Slim Paul : On s'appelle Scarecrow, on fait du blues hip-hop et on vient de Toulouse. On s'est rencontré tous les quatre dans des situations différentes : Lorenzo était à l'école de batterie avec Jamo qui était batteur mais qui est aujourd'hui à la basse dans le groupe. J'ai rencontré Jamo lors d'une scène ouverte à Toulouse. Antibiotik et moi-même nous nous sommes rencontrés au bord de la Garonne à Toulouse au cours d'un boeuf mémorable, tardif et très arrosé ! La fusion du blues hip-hop est vraiment partie de cette rencontre-là, avec Antibiotik, qui était dans le hip-hop depuis déjà quelques années, et moi dans le blues. C'est donc à partir de cette rencontre que l'on a commencé à structurer les choses, à penser au projet et à faire en sorte que ce soit notre activité principal, notre projet de coeur, et cela fait 3 ans que cela dure.
Avant, vous portiez le nom de Syncopera, pourquoi ce changement de nom ?
S.P : On a eu des petits problèmes avec notre ancien percussionniste, qui n'a pas été très sympa avec nous -pour ne pas l'insulter- et qui n'a pas accepté le fait qu'on l'évince du groupe de par ses problèmes et ses nombreuses addictions. Nous sommes partis en procès et du coup il a récupéré son nom et nous, on a poursuivi l'aventure en changeant de nom et comme notre logo était déjà un épouvantail (avec la base platine, le manche de basse, la guitare et l'élément de batterie -la caisse claire- dans le dos), on s'est dit qu'on allait s'appeler Scarecrow (ndlr : qui est la traduction anglaise de "épouvantail" donc).
Comment se passe la composition des morceaux ? Chacun a son propre rôle ?
S.P : Cela dépend des compositions, mais la plupart sont venues d'une boucle guitare-blues. S'il y avait bien une règle, c'est de tout faire partir du blues. On a souvent essayé de partir du hip-hop et de "bluesifié" -si je peux me permettre l'expression- mais ça marche moins. Le fait de partir du blues qui est vraiment le bas de l'arbre généalogique de la musique actuelle, c'est beaucoup plus facile ensuite de rajouter un beat, trouver les samples adéquats...
Vous êtes 4, mais avez-vous des influences communes ?
Plein ! Rage Against the Machine, IAM, NTM, Ray Charles, James Brown, Steevie Wonder...
Jamo : En fait on s'est rendu compte au fur et à mesure. Dans les styles de musique divers et variés, on écoutait les mêmes artistes. Donc nos influences plus ou moins personnelles apportent de la couleur au groupe, mais on avait un socle commun. Le fait de se côtoyer, on a augmenté et diversifié notre culture musicale. Je connaissais quelques artistes de blues mais le fait de côtoyer Slim Paul m'a fait rencontrer musicalement des artistes de blues qui sont devenus maintenant incontournables. Antiobiotik m'a fait découvrir du hip-hop, du jazz. Lorenzo m'a ouvert au rock et moi-même je leur ai fait découvrir quelques pépites soul et groove.
Avec qui avez-vous déjà travaillé et avec qui souhaiteriez-vous travailler ?
S.P : On a déjà travaillé avec Miss White & the drunken piano qui sont de Grenoble. On a eu 2/3 coups de pouce de Zebda qui nous ont fait faire la première partie de Mouss & Hakim au Bikini (Toulouse), donc c'est une collaboration très intéressante. On a travaillé avec des groupes sur lesquels on a eu des coups de coeur lors de festivals, comme MP 1.2. On aimerait travailler avec Rufus Bellefleur, Akhenaton, Tom Morello. Dans le registre "artistes morts" Gainsbourg, Hendrix...
Aujourd'hui vous êtes au festival Musicalarue de Luxey. Pourquoi ce festival ?
Jamo : Déjà nous avions envie d'y jouer. On connaissait tous le festival plus ou moins, ne serait-ce que de réputation. En avril 2012, on a eu la chance de faire Musicalarue sur un plateau, et donc ils nous ont sélectionné pour le festival. C'est vrai que cela représente une opportunité. On avait tourné dans la région, mais pas énormément. Musicalarue est un festival réputé tant au niveau du public que des professionnels, donc il y a une grosse visibilité. C'est un festival de qualité où il y a chaque année de grosses têtes d'affiche mais aussi beaucoup de groupes. Il se différencie de nombreux festivals en France où il y a toujours les mêmes têtes d'affiche. Là il y a quand même une programmation beaucoup plus éclectique j'ai envie de dire...
Parlez-nous un peu de votre actualité...
S.P : Nous avons sorti un album en mars 2012 qui est actuellement notre fer de lance, notre petit bébé que l'on porte à chaque concert : Evil & Crossroads. Cet album est disponible en téléchargement sur notre site internet en "pay what you want", tu donnes avec le coeur et tes sous. Tu peux venir à nos concerts aussi et repartir avec l'album.
Faisons un petit portrait chinois de manière individuelle. Si vous étiez une ville :
Lorenzo : Rosario en Argentine
Antibiotik : New-York pour la mixité culturelle et le dynamisme
S.P : Chicago pour les débuts du blues électrique
Jamo : Toulouse car on est toulousains et ce n'est pas pour rien que notre musique ressemble à ça.
Un plat ?
Lorenzo : une méga-pizza avec une bonne base de groove, un émincé de swing et du fromage bien bluesy, bien crado mais qui a quelque chose à dire, avec du hip-hop sur les bords ! Et du fanta orange parce que c'est ma boisson préférée ! C'est pétillant comme notre musique.
Antibiotik : un big Mac au foie gras avec un vin à 3 euros du Carrefour Market qui t'éclate la gueule mais qui est excessivement bon.
S.P : Bien ! J'aurais dit l'inverse... un plat ultra raffiné mais qui pue. C'est super joli, mais c'est âpre... mais c'est bon ! Tu t'es régalé mais t'en peux plus... Avec une Leffe 9° ou la 8.6, ça c'est Scarecrow !
Jamo : Moi, ça serait quelquechose d'un peu plus métissé... on pourrait prendre l'exemple...
Antibiotik : ... d'un tajine au porc ! (rires)
Jamo : Non j'allais dire un couscous au poulet ou aux ananas. Et en boisson je dirais un Smecta mais pas le médicament hein ! le cocktail ! C'est Baileys, rhum et basta ! Baileys pour le côté améericain, crémeux avec la voix de Slim-Paul, et rhum pour le côté un peu "dans ta gueule". Ca a l'air vieillot comme ça, ça a la même tronche que le médicament, mais quand tu le prends, t'as envie de t'en remettre une rasade derrière.
Un animal ?
Lorenzo : Un truc imposant, genre un éléphant, qui va lentement mais qui y va quoi...
S.P : C'est exactement ce que je pensais !
Lorenzo : Même s'il y a des souris devant, nous on trace !
Antibiotik : J'aurais dit un dodo, quelquechose...
Jamo : Qui est mort quoi ! (rires)
Antibiotik : Non mais je n'ai pas trouvé quelquechose en voie d'extinction...
S.P : Un ornithorynque ? un panda ?
Antibiotik : Un panda roux ! C'est magnifique ! Et il faut le sauver, comme la Musique...
Jamo : Moi ce sera un panda aussi mais le classique, le noir et blanc.Avant il était carnivore et par la force des choses il est devenu végétarien et il a su s'adapter mais en même temps il est resté "panda". Toujours aussi gros, toujours cette nonchalance mais il s'est adapté à ce monde et n'est pas mort. Même s'il n'est pas foutu de se reproduire pour sauver son espèce.
Je vous laisse le mot de la fin...
Lorenzo : Banane ! (rires)
Jamo : Je dis toujours la même chose mais... allez voir des concerts !! Des concerts découvertes, des petits concerts, dans votre ville, plutôt que de payer une entrée en boîte 15 euros et une conso 10 euros, là vous payez 5 euros un concert, vous soutenez les artistes locaux et il n'y a que comme ça que les artistes émergent et que vous pouvez ensuite les voir en festival. Donc bougez-vous les fesses, amicalement bien entendu !
S.P : Et n'attendez pas que vos artistes préférés soient morts... !
Ak@né pour Zikannuaire.com
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