Vous cherchez le lien entre le centenaire de la naissance de Woody Guthrie et David Carroll ? Vous ne connaissez pas David Carroll ? Celui qui se définit lui-même comme le juif austro-tchèque-americain-irlandais qui travaille le plus dur dans le show-biz né à Dublin dans les années 70 ? Ayant une double origine américano-irlandaise de son père écrivain refuznik du Vietnam, et austro-tchèque de sa mère juive décrite comme polyglotte, rousse et hippy ? Eh ben, vous devriez ! Nourri de multiples influences musicales dès son plus tendre âge, à savoir du hip hop durant son adolescence dans la banlieue est parisienne complétée par une formation classique à la trompette au conservatoire, David découvre le son électro aux accents psychédéliques qu’il publie sous les noms de Black Milk, X-SPace & the Ego et D. Nut.
Puis, en 2009, il se met à l’écriture des chansons. Son premier album the Guest produit par son propre label Milk Music voit le jour et connaît une distribution physique en France, Allemagne et Suisse et, sous forme digitale, chez Believe. Avec son groupe the Migrating Fellows il réalise dans ses morceaux le grand écart entre le côté personnel et l’engagement politique, tout en alliant les dynamiques du folk, rock avec une touche de rythmes électro-hip hop. Ce faisant, il s'insère directement dans le sillage des auteurs des titres de protestation dont Woody Guthrie est considéré comme le fondateur, à côté des grands comme Bob Dylan, Bruce Springsteen, U 2 ou encore Public Ennemy dénonçant l'individualisme et le désillusionnement de l'époque sombre dans laquelle nous vivons. Avouons que c’est là une vision assez dark qu’on vous propose, mais l’objectif est quand même d’apporter une lueur d’espoir aux ténèbres socio-capitalistes des temps modernes.
Se fondant sur la théorie d’ Alain Badiou dans son Eloge de l’amour, sans amour, pas de révolte, comme les deux faces d’une médaille à la fois antagonistes et complémentaires, l’amour et l’engagement politique sont vus comme le Yin et le Yang de toutes les musiques rebelles, qui témoignent finalement de la même aspiration à élever corps et esprits. Citons ici cette réflexion de David : Et si la révolution était juste un truc sexy ? Ce ne sont pas Alain Badiou, Sigmund Freud ou James Joyce qui nous contrediront…C’est sous ce double spectre philosophique, qu'il faut également positionner la reprise du fameux titre de Guthrie: This Land Is Your Land, dont l'objectif est de recréer pour l'auditeur ce qu'on qualifiera de digital native, autrement dit la ce sentiment de nostalgie qu'on retrouve lors de l'écoute de vieux enregistrements, comme des craquements & crépitements, coupures et reprises de souffle joints à des bleeps 8 bits que les amateurs des jeux vidéos des années 80 vont reconnaître d'emblée...Autre supplément: à l'occasion de la sortie de cet EP, David Caroll a également créé un jeu analogue intitulé Space Invaders où on s’amuse à détruire des logos de multinationales à l’aide d’une guitare, petit clin d'œil au slogan de Guthrie This machine kills fascists’, que celui-ci avait même inscrit sur son instrument…
A consommer sans aucune modération dans cette période estivale où on trouve enfin le temps d’opérer un choix délibéré des titres à écouter – et pourquoi pas un petit brin de révolte ? Après tout, ce pays est le tien - this land is your land !
Sortie le 14 juillet 2012 via Milk Music
Wall Street Is Burning
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1 Wall Street Is Burning
2 Wall Street Is Burning, Pt. 2 (Flo X Remix)
3 Wall Street Is Burning, Pt. 3 (Kid Loco's Belleville On Fire Mix)
4 Wall Street Is Burning, Pt. 4 (Jeronimo's Electro Tapdance Mix)
5 This Land Is Our Land
6 I Can't Vote
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