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O.R.H.O.A. - Un cocktail ultra-efficace et explosif

Mise en ligne le 05/09/2012 - (Lu 1513 fois)


 


L'histoire de O.R.H.O.A. commence en 2006, avec Kevin (guitare) et Ludo (chant) qui décident de monter ensemble un groupe de fusion... Suite à une petite annonce et une audition ils sont rejoints par Alex (basse) et Boris (batterie). Ecriture des premières compos, et premiers tests en conditions réelles à Paris lors du "Fallenfest" 2007, aventure qui leur permettra de faire quelques scènes bien sympathiques comme le Trabendo… Mais alors que le groupe commence à se trouver un petit public et une identité musicale, Ludo doit quitter le groupe qui se retrouve donc sans frontman.  S'ensuit alors une série de castings non dénuée d'humour, mais malheureusement dépourvue de résultat satisfaisant, et O.R.H.O.A. se retrouve en "stand by" pendant plusieurs mois, jusqu’à sa rencontre avec Flow au printemps 2008.

Dès le premier contact le courant passe entre le trio instru et le chanteur, et ils se mettent rapidement d’accord sur le fait d’ajouter un DJ/turntablist au groupe. Depuis le début, cette recherche s’est révélée infructueuse, mais il se trouve que Flow a un frère, et que ce frère, Ben alias DJ Skred, est turntablist et intéressé par le projet. Le crew a donc enfin trouvé sa formation définitive et développe un concept qu’ils définiront comme le Urban Primitive, mouvement issu du mélange des cultures de notre jungle urbaine moderne et de celles des jungles de nos pères primitifs …

Le mélange des styles de chacun fonctionne parfaitement et donne une recette underground explosive : prenez une basse grasse et groovy, ajoutez-y des riffs percutants sur un lit de rythmes dynamiques, agrémentez de tricks ultra-efficaces et d’un chant alternant débits agressifs et lignes mélodiques funky, le tout aromatisé de quelques sonorités tribales, secouez bien le tout et vous obtiendrez le cocktail O.R.H.O.A. ! Dès début 2009, le groupe reprend la scène avec le festival "Emergenza" lors duquel il atteindra la finale française, montant sur des scènes tels que le Gibus, le New Morning et l’Elysée Montmartre…

Une chose est sûre, leurs prestations ne passent pas inaperçues ! Leur musique énergique (sans être agressive) secoue les foules, leur concept visuel à base de masques balinais que les membres du groupe arborent reste dans les esprits et accroche un public grandissant à chacun de leurs shows ! Après avoir enchaîné quelques autres dates toujours sur Paris comme La Scène Bastille ou le Batofar, le groupe décide d’un silence radio pendant plusieurs mois afin de préparer son premier album, FUNKY ANTINOMY, qui sort en Septembre 2011. Album présenté sur scène au "Réservoir" en Automne 2011.

Hello messieurs, bienvenus dans nos pages pour cet entretien. Commençons par une présentation du groupe depuis sa création?

Kevin / Guitar : Bonjour à vous.

L’histoire commence avec moi. Je voulais monter un groupe de fusion parce que j’étais très fan d’Incubus, des Red Hot … J’avais une amie à la fac dont le mec, Ludo, voulait chanter et lui était super fan de Faith No More. Alors on s’est rencontré, on a bien accroché et on s’est mis à répéter tous les deux. J’ai ensuite passé des annonces pour trouver un bassiste, un batteur et un DJ. On a rapidement été rejoint par Alex (basse) et Boris (batterie), mais pas de DJ.

Très vite, on a écrit nos premières compos, notamment pour pouvoir faire le Fallenfest et jouer au Trabendo. Puis Ludo a du partir et après quelques recherches infructueuses, nous avons été rejoint par Flow, qui a rameuté son frère DJ Skred avec lui.


On a continué à évoluer ensemble, on s’est rodé sur scène, puis on a enregistré "Funky Antinomy" pendant l’hiver 2010/2011. Début 2012, nous avons accueilli parmi nous Olivier, qui a pris la place derrière les futs. Et nous voilà frais et dispo pour bouffer de la scène et conquérir le public.


Votre registre musical est forgé sur une alchimie liant le rock métallisé à des mélodies funky épicées de teintes tribales,  quelles sont vos influences premières ?

Kevin : Ce sont celles qui m’ont poussé à monter ce groupe : les Red Hot, Incubus (première période), RATM et avant tout ça, Jimmy Page et Led Zeppelin. Apres, j’écoute d’autres groupes (Korn, Lost Prophets, Deftones …), donc les influences, il y en a pas mal.

Flow / Vocals : Personnellement mes influences sont Mike Patton, Faith No More et Mr Bungle, les Red Hot, Rage Against The Machine, Incubus, Hed Pe.

Alex / Bass : Pour moi c’est à peu près les mêmes auxquelles j’ajouterais la french fusion des années 90 (OneEyedJack, Lofofora), qui m’ont peut être plus personnellement influencés. Et aussi Muse et SOAD.

Kevin : On écoute tous un peu la même chose. C’est autour de toutes ces influences qu’on s’est retrouvés.

Vous venez de sortir votre album Funky Antinomy... Pouvez-vous nous le décrire, les thèmes, les influences ?

Flow : Le thème principal, c’est ce concept qu’on a développé : "Urban Primitive". C’est un concept qui mélange les cultures de notre jungle urbaine moderne et de celles des jungles de nos pères primitifs … Même si on vit dans une époque dite évoluée et civilisée, la société reste très primitive au niveau de nos instincts et de notre façon de fonctionner.
On retrouve ce concept au niveau des textes qui illustrent la façon dont le monde tourne, des traits de caractères des êtres humains. On joue là-dessus, au travers de personnages complètements barrés avec des caractères bien particuliers, ou au travers de thèmes plus vastes comme l’influence des médias sur les jeunes ou la façon dont le monde et la nature tournent à cause de l’industrialisation et de la mondialisation.

Alex : C’est vraiment retrouver les instincts primitifs en décrivant le monde, la nature humaine telle qu’elle est aujourd’hui.

Kevin : Ce concept d’Urban Primitive se retrouve à tous les niveaux : dans la musique, dans les textes, dans l’attitude, le visuel du groupe, et sur scène également où l’on porte des masques primitifs.

Et votre  processus de création ? Qui a fait quoi et comment conciliez-vous les idées de chacun ?

Kevin : Alex et moi, on compose chacun de notre coté. On enregistre nos démos chez nous et on les envoie aux autres. Si ça plait, on arrive en repet’ et on fait tourner. Ensuite, chacun s’approprie le truc et amène sa pierre à l’édifice. Puis, on retravaille le tout pour en garder le meilleur.

Enfin, Flow écrit les lignes de chant et les paroles. On soumet tout à l’approbation de tout le monde pour que chacun puisse s’y retrouver.


Comment s'est passé l'enregistrement ?

Flow : Dans la froidure de l’hiver. Dans une bonne ambiance. On s’est bien amusés.

Alex : Dans la difficulté par moment, mais dans le bonheur toujours.

Kevin : Pour moi dans la neige et les reports de session pendant presque trois semaines. C’était parfois difficile de se préparer et au dernier moment, d’apprendre que la session était reportée à une autre date. C’était un peu frustrant. Mais au final, ça en valait le coup.

Alex : Ca a été un enregistrement assez classique. Chacun est venu enregistrer ses parties (bass/batt puis guitares puis chant et DJ) les unes derrières les autres, avec toujours les autres membres du groupes présents comme soutien, pour partager tout ça ensemble.


Au niveau matériel, êtes-vous fidèle à vos instruments, ou aimez-vous le changement perpétuel, la découverte ?

Flow: Au niveau du chant, j’utilise toujours à peu près le même genre de micros, même si j’aime bien rajouter des mégaphones de temps en temps ou un micro d’harmonica. Je ne teste pas énormément de matos, j’ai mes 2-3 effets et voilà.

Alex : Moi, j’ai été fidèle à mon matériel sur cet album parce que c’est ce son là que je voulais avoir. A l’avenir, je ne dis pas que je ne changerai pas. De toute façon, j’essaye toujours, j’aime bien ça. Je suis assez intéressé par le matos en règle générale.

Kevin : Paradoxalement, n’étant pas un grand adepte du test de matos, je suis sans doute celui qui a changé le plus, parce que mon son a évolué avec le groupe.


Les disquaires ferment les uns après les autres, le modèle économique de la musique s’effondre. Croyez-vous encore aux disques "physiques" pour l'avenir…

Alex : Je pense que c’est dans la nature humaine de collectionner les objets. Ca fait partie de nous ! Chez soi, on a tous des bibliothèques remplies de bouquins, de CDs, de DVDs. Ca ne va pas disparaitre. On ne va pas avoir toute notre vie sur des disques durs. Il y aura toujours des objets. L’homme est plutôt matérialiste …

Flow: L’objet reste toujours important pour ceux qui aiment vraiment la musique et un artiste en particulier. Ils iront toujours acheter l’album, plutôt que de l’avoir dans leur (lecteur) mp3, avec un son pas toujours de super qualité.

Kevin : Bien sûr qu’on y croit encore. Il suffit de regarder notre album et le concept visuel de celui-ci. Pour nous, la pochette de l’album et le livret, tout le visuel qui est lié à l’album vient s’inscrire dans la continuité des morceaux. C’est pas juste une pochette, c’est un tout !

Et puis, je ne pense pas que ce soit le modèle physique qui est mort. Demain, si tous les CDs étaient gratuits, les gens ne téléchargeraient plus en masse. Ils auraient les CDs, parce que le son est quand même meilleur que sur un mp3 et qu’on peut l’écouter sur plusieurs plateformes. Ce qui est en train d’évoluer, c’est le modèle économique de l’industrie du disque.

     
   
     

A l’inverse beaucoup d’artistes proposent des versions vinyles de leur album. Cette idée vous a trotté dans la tête ?

Flow : Elle ne m’a pas trotté dans la tête à l’époque où on a fait l’album parce que je pense que c’était le premier. Avec un vinyle on commence à être plus sur un objet de collection pour les gens qui connaissent déjà le groupe, alors que là, on veut le faire découvrir. Je ne voyais pas la nécessité de le sortir un vinyle du truc. Par contre, je pense que DJ Skred y a peut être pensé, parce que forcement son instrument s’y prête. Mais comme moi, je pense qu’il n’y voyait pas plus d’intérêt que ça…

Quelles sont vos ambitions actuelles ?

Alex : Le rêve, ça serait d’être un groupe connu, de pouvoir en vivre, de partir en tournée dans le monde entier …
Mais avant ça, on va commencer par se faire plaisir et donner du plaisir au gens. Et pour nous, ça passe obligatoirement par la scène, car c’est là qu’on donne le meilleur de nous-mêmes, c’est là qu’on rencontre le public. Pour nous, ce sont les meilleurs moments.

Alors, le but à l’heure actuelle,  c’est qu’on parle de nous et d’essayer de se faire connaitre par un maximum de monde, et de faire beaucoup de scène. Et à partir de là, on prendra tout ce qui viendra, en espérant le meilleur et que la route soit longue.


Quel est l’album et/ou le livre qui a franchement marqué votre paysage musical et culturel en cette année 2012 ?

Flow: Au niveau de l’album : 6h33. Et sinon au niveau des bouquins, je suis un grand fan de Neil Gaiman. Je lisais la collection Sandman, grand roman graphique que je recommande à tout le monde.

Alex : moi j’achète pas ce qui passe à la télé ou ce que je vois dans les pubs, donc j’ai rien de 2012…

Avec qui aimeriez-vous partager une scène actuellement ?

Flow: Shaka Ponk ! D’autant que ce sont des amis à moi, surtout Ion avec lequel j’ai joué pendant des années, donc ça serait un kiff de pouvoir partager une scène avec des gens qu’on apprécie. Le style pourrait s’y prêter. Et puis, ce sont des mecs qu’on aime bien voir sur scène, c’est un super groupe. Ca serait vraiment un plaisir …

Alex : Je pense qu’on a des styles complémentaires, donc ça pourrait vraiment être sympa.

Kevin : Mon rêve, ça serait de jouer en première partie des Red Hot, d’Incubus, de Faith No More… Sinon niveau français, c’est clair, ça serait Shaka Ponk.


Je vous laisse conclure l'entretien avec ce que bon vous semble…

Kevin : Merci pour cette interview ! C’est une bonne chose de donner la parole à des groupes qui ne l’ont pas forcement. On voudrait remercier tous les gens qui nous ont suivi depuis le début et tous les gens qui nous ont aidé (ils se reconnaitront). Et aussi souhaiter la bienvenue à tous les gens qui nous rejoindront.

N’hésitez pas à venir nous voir et à nous écouter ! Venez découvrir l’Univers "Urban Primitive" ! Tout le monde peut se reconnaitre dans notre musique, il y en a pour tous les gouts ! Venez grossir le rang des sauvageons en vous abonnant sur notre chaine Youtube et en devenant fan sur facebook. Plus il y aura de monde qui nous suit et plus on aura les moyens de vous satisfaire.

Alex : Laissez vous aller à votre coté sauvage et venez grossir le rang des petits sauvageons ! Urban Primitive Style !

Gérard pour Zikannuaire.com

 

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