Le quintet niçois d’Escape Lane nous délivre leur tout premier album Chaos paradisiaque. Dix titres pour nous convaincre de leur potentiel et concrétiser leur art après plusieurs années d’existences. Disposant de peu d’information sur le net et d’un biographie très succincte, je ne vous parlerai donc très peu du groupe. L’artwork à dominante rouge reste assez mystérieux e flou, et nous invite à une écoute approfondie. Dès l’engagement avec Daisy Cutter, on s’enfonce dans leur univers mélangeant des titres francophones à des titres anglophones, un peu comme si le groupe se cherchait. Les thèmes sont classiques et posés sur des textes relativement intéressants. Revenons à ce titre d’intronisation, qui distille un rock a tendance métallisé accompagné par une voix féminine bien dans le calibrage d’un rock contemporain.
L’accroche se fait relativement bien, malgré un mastering qui manque de dynamisme sur la basse et la batterie. Très vite, on enchaine sur Love Story et ses gros riffs heavy, toujours portés par la voix de Joëlle et une rythmique en middle-tempo entrelacée à des guitares concassées et toujours cette basse trop discrète… Losing Dreams s’infuse en moi, comme une jolie ballade aux chœurs aguicheurs et intime avec la voix lead, mais encore une fois ça manque cruellement d’audace musicale… Ce manque s’accentue avec la suite de l’album, à l’instar de Sans commentaire une power ballade agréable qui monte crescendo vers la puissance. The Rules Of Lawnous dévoile une nouvelle facette du quintet avec un titre gouleyant et fortement rythmé, pour notre plus grand plaisir.
La basse fait une courte apparition sur l’introduction de A classer pour finalement continuer sur cette linéarité et homogénéité. On atterrit sur One Day In 21ST Century, LE titre fort de l’opus qui me démontre un talent omniprésent et une maitrise structurelle encourageante. Mais nous voilà déjà sur le morceau de clôture, Evolution une magnifique balade qui flirte avec le pop rock et les limites de la chanson française, avec comme moment fort un magnifique soli très seventies en guise de conclusion.
Me voilà face à un ouvrage mi-figue, mi-raisin qui ne révolutionnera pas le rock français avec une formation mature mais beaucoup trop sage à mon goût pour convaincre un public averti et exigeant. Les structures sont engageantes avec un potentiel technique indéniable, tout en restant grand public. Personnellement je n’accroche pas plus que cela, car le groupe ne propose pas assez de démarque et de fraicheur…