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Fondée en octobre 2007, la Fédération des Éditeurs et Producteurs Phonographiques Indépendants d’Aquitaine FEPPIA, regroupe aujourd’hui 37 structures professionnelles de la filière, installées sur l’ensemble du territoire et couvrant l’ensemble du champ esthétique des musiques actuelles.
Ces "labels" ont adopté une voie difficile et exigeante en accompagnant des artistes et des esthétiques singulières. Ils ont choisi de réagir collectivement, pour exposer le rôle des producteurs dans la création musicale à l’heure ou la dévalorisation de la musique et par extension leur activité est quotidienne.
Le regroupement de ces structures permet de partager les expériences et savoir-faire, de proposer une analyse du secteur, de définir des actions communes pour soutenir l’activité des acteurs.
D’autre part, les fédérations régionales de labels et d’éditeurs telles que la FEPPIA, la FEPPRA, la FEPPAL, PHONOPACA, CD1D et LES ALLUMÉS DU JAZZ sont à l’origine de la FELIN {Fédération nationale des labels indépendants}. L’objet est la représentation de la filière phonographique en France en relation avec l’ensemble du champ musical.
Aujourd'hui je reçois deux personnes qui s'occupent de la FEPPIA (Fédération des Editeurs et Producteurs Phonographiques Indépendants d'Aquitaine), Christel Chapin coordinatrice et Jean-Renaud Galtier, chargé de la communication.
D'où est venu la nécessité de ce regroupement de label aquitain ?
Christel Chapin : Début des années 2000, quelques labels avaient tenté de se regrouper sous le nom de LIA - Labels Indépendants d'Aquitaine, mais sans soutien d'aucune sorte, la dynamique s'était vite épuisée. Suite à la concertation territoriale sur le thème des Labels organisée par le Rama en juin 2007, le projet de fédération s'est vite concrétisé dès octobre et le soutien financier de la Région Aquitaine a permis de consolider le projet en créant un premier poste de coordination.
Pourquoi se regrouper ? Tout d'abord pour informer du rôle et des spécificités du métier de Labels, le public comme les institutions. Et d'autre part pour mutualiser des outils, des actions et des réflexions pour renforcer l'activité fragilisée des producteurs de musique.
La FEPPIA comme d'autres fédérations régionales de labels et d'éditeurs (FEPPRA, CD1D, Les Allumés du jazz, FEPPAL, PHONOPACA) est à l'origine de la FELIN (Fédération Nationale des Labels Indépendants). Est-ce difficile à l'heure actuelle de faire entendre la voix des labels indépendants ?
Christel Chapin : Il est difficile de représenter la création indépendante en général, ces dernières années plusieurs fédérations régionales se sont constituées tous membres de la fédération nationale. Faire entendre la voix des labels nécessite de connaitre la réalité de l'ensemble de ces structures et de créer du temps de rencontre pour construire une volonté commune et partagée, cela demande des moyens que nous n'avons pas et donc, induit une progression plus lente. Cette année la dynamique enclenchée par le projet d'un centre national de la musique a permis d'associer nos structures aux discussions avec des partenaires qui ignoraient jusque-là l'essentiel de nos pratiques, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Donc oui c'est difficile mais pas impossible.
La FEPPIA compte 37 labels membres de tout style musical, mais aussi des structures comme le RAMA (Réseau Aquitain des Musiques Actuelles) et le CALIF (Club Action des Labels Indépendants Français). Quel est le fonctionnement administratif de la FEPPIA ? Avez-vous des aides de l'Etat ?
La Feppia est soutenue essentiellement par le Conseil Régional d'Aquitaine et sur certains projets également par l'état via la DRAC.
Gros travail qu'est celui d'une coordinatrice. Comment cela se passe-t-il ?
Christel Chapin : Bien, merci ! Il est difficile de résumer, cela demande une grande polyvalence et surtout un travail d'équipe. D'un côté, il y a les tâches administratives comme pour toute association ensuite il est nécessaire de suivre les évolutions et les actualités de la profession et du secteur pour apporter des éléments à la construction d'une réflexion collective et pour construire les projets. Le rôle de la coordination est de favoriser la relation et œuvrer à construire des partenariats sur la durée avec notamment nos homologues de différents secteurs de la culture, cela est très enrichissant au niveau régional où nous nous situons. Il s'agit également de porter plusieurs projets en cohérence, autant vers l'extérieur et au sein de la fédération. Par exemple : lorsque nous ouvrons une plateforme numérique, boutique en ligne en direction du public et vitrine sonore pour travailler avec nos partenaires, donner à écouter, à découvrir, nous formons parallèlement les labels à une meilleure utilisation de ces outils avec une session sur la communication Web2.0. Le plus difficile est de garder une vision globale de l'ensemble des actions. La FEPPIA a un rôle de communication et de promotion à travers les médias locaux (O2 radio, BDCONE, RIG, Bordeaux Mag, Spirit). JR par quelles actions la FEPPIA assure cette visibilité auprès des acteurs du milieu musical aquitain ?
Jean-Renaud Galtier : Avec la Feppia, nous essayons de travailler avec des médias sur le long terme pour favoriser la découverte des disques des labels indépendants. Nous travaillons en partenariat avec ces médias, que ce soit pour diffuser des playlists toutes les 2 semaines sur les ondes des radios, ou parler chaque mois des nouveautés (Bordeaux Mag, Spirit, Lettres et Images d'Aquitaine).
Nous diffusons une compilation gratuite, envoyées à nos contacts, radios, médiathèques, festivals, tourneurs, programmateurs, médias pour leur faire découvrir les nouveautés des labels.
Avez-vous des retombées suite à cette compilation saisonnière ?
Jean-Renaud Galtier : Petit à petit, les gens portent de plus en plus attention à nos compilations et sont plus attentifs aux productions des labels d'Aquitaine. Nous avons par exemple eu un retour d'un programmateur plutôt rock et musiques actuelles sur une compilation où apparaissait un titre de musique classique. Il disait avoir fait une très bonne découverte en parlant de ce titre de classique ! C'est la preuve qu'il écoute la compilation dans son intégralité, soucieux de dénicher la perle rare à côté de laquelle il était peut-être passé. Dans la globalité, les compilations sont de plus en plus téléchargées, le mot passe petit à petit.
La distribution est très importante également pour les "petits" labels qui ont dû mal à émerger des majors. Votre plateforme 1D-AQUITAINE.COM permet au public d'accéder aux artistes des labels membres. Avec notamment l'opération Coup d'pouce adressée aux lycéens, (10euros offerts de téléchargement) organisée par la Région Aquitaine. A l'époque des écoutes gratuites et des téléchargements illégaux, quelle est l'impact sur votre rôle de distribution ?
Jean-Renaud Galtier : La distribution en ligne n'est pas facile, car les gens ont des habitudes bien ancrées. La première est je pense, le téléchargement en peer to peer… Ensuite, lorsque les personnes achètent de la musique, elles pensent plus à Itunes pour le digital, ou la Fnac et Amazon pour le physique, qu'au site du label, ou à notre boutique en ligne. C'est assez difficile de diriger les gens sur 1d-Aquitaine.com, non pas que ces disques n'intéressent personne ou sont de mauvaise qualité, mais plutôt qu'on manque de visibilité. Il est difficile de se faire voir sur le web et les disques des labels rencontrent aussi des difficultés de visibilité dans les médias. Mais il y a d'incroyables disques à découvrir et dans tous les styles ou presque !  Vous avez développé depuis l'hiver dernier une trentaine de présentoirs auprès des libraires, salles de concerts, de cinéma, présentant les sorties des labels membres. Quel est le bilan actuel de ce dispositif ? Des projets pour l'étendre davantage ?
Les libraires sont très contents d'avoir les disques de labels indépendants dans leurs rayons. Nous essayons de dynamiser au mieux les présentoirs : de mettre en avant ces disques. Les personnes habitant dans des lieux reculés ou des petites villes peuvent ainsi de nouveau avoir accès à des disques physiquement. Ils peuvent regarder les pochettes, fouiller les bacs, écouter quelques titres avec leurs libraires, demander conseil. Les ventes restent encore modérées, mais il faut que les gens se fassent à l'idée de pouvoir retrouver des disques dans toute la région et dans leur ville. Pour nous, il est un peu tôt pour se prononcer sur le bilan de ce projet, puisque la distribution en librairies a vraiment commencé il y a un an. Nous continuons à apporter des modifications, des éléments qui améliorent le rayon disques des libraires. Nous espérons que les habitués des librairies vont continuer à fréquenter leurs librairies, et qu'il ne va pas se passer la même chose qu'il est arrivé aux disquaires il y a quelques années suite à la dématérialisation du disque et l'échange de fichier en peer to peer.
Outre cette visibilité, la FEPPIA accompagne les labels sur des formations qui sont les bienvenus j'imagine, car pas très accessible individuellement.
Oui, bien sûr. Et surtout, nous adaptons concrètement la formation aux besoins des labels ! Nous avons déjà fait des formations en communication web 2.0, mais aussi en édition musicale. Nous développons aussi des outils internes utiles pour les labels pour leur faciliter le travail.
Présent avec le stand de la FEPPIA sur des événements musicaux (le salon du livre ?), votre fédération se veut en quelque sorte vendeur des artistes des labels membres. Quel est l'accueil du public face à votre stand ?
Nous représentons les labels d'Aquitaine sur quelques évènements en effet. Cela va de l'escale du Livre au Festival des Terres Neuves, en passant par le festival Jalles House Rock, ou encore le Salon du livre de Paris. Il y a une bonne partie du public qui ne s'intéresse pas à notre stand, car ce ne sont pas les disques qu'on voit à la télévision ou qu'on entend tout le temps à la radio. En revanche, quand une personne s'arrête avec curiosité, on lui fait écouter quelques albums selon ses goûts et elle repart agréablement surprise de sa découverte, parfois un disque ou deux sous le bras !
Quels sont vos projets pour accompagner davantage les labels indépendants ?
Christel Chapin : Juste un exemple, nous travaillons davantage sur la question de la musique et l'image, cela sous- entend de construire une offre, nous avons un catalogue potentiellement très riche, d'une grande diversité, dans le même temps nous proposerons des formations pour soutenir les labels dans le développement de cette activité supplémentaire. Sur votre site, on peut retrouver toute l'actualité de la filière musicale, mais aussi plus localement, les dates de concerts et sortie d'albums des artistes des labels membres.
Je vous remercie pour cette présentation.
N'hésitez pas à aller sur le site de la FEPPIA et 1D-AQUITAINE.COM pour découvrir les labels aquitains du jazz, à l'électro, au rock ou à la musique traditionnelle, il y en a pour tous les goûts musicaux.
Luchiana Sniper pour Zikannuaire.com
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