Paradise City de Guns'n Roses, c'est un titre inoxydable dans la lignée des grands incontournables du genre, admettons-le. On voit encore Axl Rose lors de sa prestation au concert en hommage à Freddy Mercury au Wembley Stade à Londres en 1992, en déclenchant l’hystérie générale dès l’entonnement des premières lignes Take me home... la voix rauque-gouleyante, vêtu d'une veste en cuir affichant le drapeau de la Queen et arborant un bandeau rouge d'éternel rebelle. En glissant la galette que je viens de recevoir dans le lecteur, je m’apprête à flatter mes esgourdes par une reprise dans la parfaite continuité de l’original et tout à fait digne des "Gunners".
Et là, grande surprise: déjà les premiers accords m'annoncent une version très formaté de comédie musicale, comme si on avait tenté de réhausser la VO en mettant de l'assouplisseur à la sauce Broadway dans le back Rock'n Roll…il en va de même avec à peu près tous les titres de ce cd 20 titres qui a été concise, on ne s'en doute pas un instant, pour devenir le blockbuster Warner Bros de l'année. L’idée de base c’est que des acteurs de renom interprètent les titres incontournables appelé communément le ‘rock’ des années 80 pour les besoins du film (en fait il faudrait aussi nuancer entre plusieurs genres comme le blues, le hard, le soft, le metal, le punk…à bon entendeur salut !). En passant, je dois vous avouer que moi aussi, je me suis précipitée, en bon cinéphile, dans ma salle préférée, afin de découvrir le film éponyme en avant-première et lâcher un commentaire genre "je m'attendais au pire je n'ai pas été déçue", ce serait aussi peu approprié qu'un "c'est sans doute la meilleure surprise cinématographique de l’été 2012". D’autant plus que la trame du fond est loin d’être originale, on y retrouve quasiment tous les clichés habituels des films américains.
Nous sommes en 1987: Sherry, jolie fleur de campagne attirée par les paillettes et désireuse de faire carrière comme chanteuse, s’en va à L.A. pour y réaliser son rêve. Elle y rencontre Drew, serveur au mythique Bourbon Room et chanteur rock en herbe, qui partage sa passion. Leur histoire d'amour avec un grand A (eh ben oui !) doit faire face à tous les dangers et les désenchantements d’une mégapole, voilà le résumé. Pour le reste, les reprises ultra-tunées des acteurs ricains étant plutôt connus pour leur performance scénique que pour leur puissance vocale annonce déjà le grand massacre des VO au profit d’interprétations que je qualifierais librement d’interprétation "disney", car artificiel et pourvu de vrai âme. Au fond, cela ne fait pas trop mal aux oreilles (merci à auto-tuning !), mais cela ne donne qu’un reflet très pâle et un goût insipide de l’original dans l’ensemble.
On y découvre Tom Cruise, alias Mister Mission Impossible, sous les airs du rocker parfaitement dépravé Stacee Jaxx (personnage purement fictif au croisement explosif d’Iggy Pop et Van Halen et qu’en sais-je !). La bonne surprise : il s’en sort plutôt pas mal, même s’il frôle par moments le ridicule par un jeu théâtral très clichesque et donc pourvu de crédibilité aux yeux du spectateur critique. Abstraction faite de cela, Tom pousse la chansonnette tout le long du film en interprétant des tubes planétaires comme Wanted Dead Or Alive de Jon Bon Jovi, Pour Some Sugar On Me de Def Leppard, I Want To Know What Love Is de Foreigner, en duo avec Malin Akerman et Rock You Like a Hurricane des Scorpions avec l'interprète vedette du film Julianne Hough (Sherry). Cette dernière trouve par ailleurs son alter ego musical dans son partenaire du film Diego Boneta (Drew) le long des ballades comme Waiting for a Girl Like You, More Than Words'/'Heaven Isn't So Far Away ou encore Every Rose Has Its Thorn (en trio avec Mary J. Blige).
Citons en passant des prestations comme celles de Alec Baldwin avec Russell Brand dans le rôle d'un couple gay qui entonne à l'unisson des titres indémodables comme Juke Box Hero/I Love Rock'n Roll' et Can't Fight This Feeling. Soulignons également la performance de la pulpeuse Mary J. Blige dans Harden My Heart/Shadows of the Night, sans oublier Paul Giamatti Any Way You Want It et - cerise sur le gâteau: Catherine Zeta-Jones dans Hit Me With Your Best Shot (avec Brya Cranston) et We Built This City/We're not Gonna Take it (en duo avec Russell Brand)…vous êtes encore dubitatif car vous êtes ni particulièrement fan des musicals-medleys ni des grosses prod’ hollywoodiennes ? Enfin tous les prétextes sont bons pour faire revivre la musique des années 80 et le faire découvrir aux générations à venir, non ?
Sous cet angle, Rock of Ages est la comédie musicale ‘blockbuster’ de l’année, composée d'après toutes les règles du jeu. L’opus captive le spectateur/auditeur, certes, mais il ne plaira pas forcément aux grands puristes du genre blues-hard rock-metal-punk, qu’on invite ici formellement à s’abstenir, car ce film est réservé aux amateurs des comédies musicales ! Une fois le spectateur avisé, un cocktail à la fois divertissant, détonnant, voire décalé-délirant à la sauce broadwayesque vous attend, à consommer sans aucune modération dans cette période estivale des vacances et, si vous n’êtes pas encore convaincu, alors référons-nous ici à l’hymne de la fin Don't Stop Believin' de Journey - big rock à la metal hair is back - allez on veut bien y croire !
Original Motion Picture Soundtrack
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1. Paradise City 2. Sister Christian / Just Like Paradise / Nothin? But A Good Time 3. Juke Box Hero / I Love Rock'N'Rol 4. Hit Me With Your Best Shot 5. Waiting For A Girl Like You 6. More Than Words / Heaven 7. Wanted Dead Or Alive 8. I Want To Know What Love Is 9. I Wanna Rock - Twister Sister 10. Pour Some Sugar On Me 11. Harden My Heart 12. Shadows Of The Night / Harden My Hear 13. Here I Go Again 14. Can't Fight This Feeling) 15. Any Way You Want I 16. Undercover Love 17. Every Rose Has Its Thorn 18. Rock You Like A Hurricane 19. We Built This City / We're Not Gonna Take It 20. Don't Stop Believin' |