The bitter end, une introduction légère, mystérieuse comme une bruine qui vient vous caresser le visage, diffusée par une voix douce, mélancolique qui devient brutalement lourde, pesante, et vous entraîne dans un déferlement rageur de décibels, expression d’une fureur chargée de revendication. Non, ce n’est pas fini quoiqu’en dise le titre ! Les fondations sont posées. Il ne reste plus qu’à dérouler les structures musicales et les écheveaux de notes complexes et constater in fine le résultat de ce 5e édifice musical du quintette anglais originaire de Brighton.
Alpha Omega, le début et la fin en référence à Dieu, démarre sur une note stridente qui embraye sur la déferlante vocale, rageuse avec en écho la batterie qui décharge ses partitions et dont le jeu rehausse les rythmiques puissantes & précises aux riffs multiples. La voix railleuse avec ses escapades plus claires porte le tout aux nues et, demeure néanmoins un pamphlet sur la religion. Suit These colours don’t run qui met en avant la dextérité des deux six-cordistes avec ces nappes de synthés parfaitement posées, trames omniprésentes qui donnent la substance à ce canevas. La voix y déverse méthodiquement ses couleurs réprobatrices sur le côté démagogique de notre société contemporaine et ses inégalités latentes.
Daybreak œuvre dans la même direction tout en égratignant au passage l’obscurantisme intellectuel. Truth, be told, plus aérien et posé, redescend en intensité. Le chant se fait plus léger, avec des pointes de hargne erratique, et, un ensemble guitares-batterie-basse aux jeux affûtés et mélodiques. Even If you Win, you’re still a rat à l’instar du précédent morceau nous ramène à des questions existentielles, le tout brodé musicalement par ces musiciens qui aiment et se complaisent à l’envi dans ces structures complexes.
Outsider Heart repart à l’assaut, avec cette voix tourmentée qui se fait plus émouvante sur les refrains, puis douce sur Behind the throne, moment bienvenu après la déferlante subie jusqu’alors. Devil’s island, accroche à nouveau mes oreilles, Feather of Lead poursuit sur le même rythme avec un passage où la basse se fera plus présente. Unbeliever conclue sur une note plus positive.
Architects affirme son style et son empreinte dans l’univers "djent". Des revendications, des compositions tirées au cordeau, une voix rageuse aux modulations claires, une maîtrise technique, mélodique sans être hermétique aux communs des mortels. Un album à découvrir donc, et à apprécier dans tous les sens du terme.