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Depuis plusieurs années, le Sable Show accueille chaque été les Clermontois qui n'ont pas la chance de quitter la ville, dans un espace éphémère dédié à la baignade, à la détente, et aux activités sportives. Mais le Sable Show prend une toute autre tournure le soir venu, puisque de nombreux groupes s'y succèdent pour offrir au public des concerts gratuits
C'était le cas vendredi dernier pour le Collectif Flower Coast, qui rassemble plusieurs groupes du Puy de Dôme, et qui a d'ailleurs fêté ses deux ans d'existence au mois de juin. La carte blanche à Flower Coast a donc débuté timidement vers 21 heures, sous la pluie, devant quelques dizaines de personnes ayant bravé le mauvais temps. Mais l'atmosphère s'est rapidement réchauffée grâce au talent et au charisme des musiciens présents sur scène. Le concept de la soirée était de faire découvrir au public le travail du Collectif, et la première partie du concert a été assurée par un set acoustique, mêlant différents morceaux des groupes constituant le Collectif, présenté par cinq musiciens, en mode guitare, voix, et percussions : l'Acoustic Flower Coast.
Souriants, ils ont ouvert la soirée avec un morceau du groupe I'drens, qui délivre un reggae fidèle à ses racines jamaïcaines, et néanmoins enrichi des expériences personnelles des différents membres du groupe. C'est Mylène, chanteuse du groupe I'drens, et Martin, qui officie au sein de Païaka et de la Granja Orchestra qui ont assuré la partie vocale de cette session acoustique, largement appuyés par les choeurs à la fois subtils et très présents des trois autres musiciens. Le reggae du Collectif Flower Coast oscille entre douceur et rudesse, à la fois porteur d'espoir et agitateur de conscience.
Après I'drens, c'est au tour de Red, morceau de Païaka figurant sur leur tout nouvel album, d'être revisité en acoustique : pour les membres du Collectif, chaque chanson est un partage, et ce quel que soit le groupe qui en est l'interprète d'origine, puisque de toute manière, les musiciens travaillent généralement tous ensemble, sans distinction de formation. La chanson suivante, Children of the world, a d'ailleurs été écrite et composée par différents membres du Collectif. Riche de leurs influences musicales personnelles, les musiciens nous ont également proposé quelques reprises, parmi lesquelles Three little birds, de Bob Marley, ainsi qu'une interprétation très roots, de Rivers of Babylon, avant de céder la scène à la Granja Orchestra, qui n'a pas laissé le temps à l'ambiance déjà bien électrique de retomber.
Le reggae de la Granja Orchestra sent bon le voyage et les métissages musicaux, puisqu'il allie savamment des bases de reggae pur, à la puissance du dub, sans oublier une discrète mais efficace touche électro. Sur scène, l'ensemble du groupe déborde de charisme, à commencer par le chanteur, et sa tenue à la fois anachronique et si élégante. Dans les chansons des Granja Men, il est évidemment beaucoup question de liberté et de paix, ce qui a su rassembler massivement le public de la place du 1er Mai, qui en a presque oublié qu'il pleuvait. L'energie et la bonne humeur des musciens a évidemment joué pour beaucoup dans cet enthousiasme collectif, rappelant à chacun que le mauvais temps et les mauvais moments ont nécessairement une fin, et qu'il vaut mieux prêter attention aux instants de bonheur, si subtils et éphémères soient-ils. A chaque changement de plateau, c'est Cultural Soulja, qui prenait le relais, installé sur l'un des côtés de la scène, à l'abri d'une caravane aux couleurs vives. Entouré de vinyles et de platines, il a proposé au public des sons 100% faits maison, mêlant dub, électro, et reggae originel, installant ainsi un sound system éphémère entre deux passages sur scène, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. A noter que c'est également lui qui a clos la soirée dans une ambiance aux sonorités roots fédératrices.
C'est le groupe Païaka qui a succédé à la Granja Orchestra sur scène et là encore, l'énergie positive était au rendez-vous, car tant de bonne humeur est forcément communicative. Au chant, Martin ne cesse de bondir à la manière d'un félin, aux quatre coins de la scène, interpellant l'un ou l'autre des musiciens, faisant de ce concert un véritable plaisir pour les yeux, en plus d'être un régal musical. Fort du succès de son album sorti tout récemment, Païaka a également remporté les suffrages de l'assemblée, grâce à un son reggae accrocheur, teinté de cuivres aux inspirations jazz très affirmées. Le public a pu réentendre avec plaisir des morceaux issus des tous débuts du groupe, mais également découvrir les chansons figurant sur l'album Red, sorti en juin dernier, et bien évidemment l'excellent Puff, qui a su faire danser la foule sous la pluie.
Tout comme les autres groupes du Collectif, Païaka met un point d'honneur à interagir avec le public, à l'interpeller, à réveiller en somme une conscience collective qui ne demande qu'à exister. Les chansons de Païaka abordent la justice et les injustices, la notion relative de bonheur, et la nécessité de combattre les inégalités sous toutes leurs formes. C'est un message de paix, ni plus ni moins, que délivre ainsi le Collectif Flower Coast, revendiquant à la fois une culture reggae aux origines purement jamaïcaines, et une intention de faire évoluer cette musique, de l'enrichir grâce à des collaborations multiples, grâce aux échanges entre des musiciens issus d'horizons divers, mais tous unis par la même volonté d'éveiller les esprits, afin qu'ils aspirent à davantage d'égalité, et de fraternité entre les êtres : l'essence même du reggae, en somme.
Elodie pour Zikannuaire.com Photos Hélène Maury
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