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RDV, un nom prometteur pour un groupe bordelais qui tient sa promesse. Un véritable Rendez-vous de tout les styles rock, du blues, du rythm'N'blues, du son qui nous fait dandiner la tête. Véritable touche à tout musical,(batteur, guitariste, bassiste, compositeur) Guiom commença à composer à l'âge de 12 ans. Après de longues expériences au sein de nombreux groupes bordelais, il jette les bases de RDV en 2006 après sa rencontre avec Kriss "Winery" (lead guitar) connu sur un autre projet (Brown Sugar - Tribute to The Stones). Un an après et la première scène passée, la line-up est complété avec l'arrivée de Manu "Larry" Santos (basse) et Pascal "Zan" (batterie).
Après 3 ans de scène, plusieurs prestations remarquées en Aquitaine comme l'ouverture de la Cow Parade (manifestation internationale), Place de la Comédie à Bordeaux lors d'un live unique en son genre, un titre live acoustique sur Radio Nova Sauvagine ; de beaux plateaux en compagnie de Cafe Bertrand, Eiffel et Ritchie Kotzen, ou encore de belles salles comme Le Bikini et La Medoquine ou BARBEY, le groupe assure aujourd'hui un set au son résolument tourné vers les années 70', puissant et imprévisible.
Un peu plus d'un an et demi après leur premier album home -made Stolen Memories , est sorti le 25 novembre dernier leur deuxième album Remain Silent. Il est entièrement auto-produit et enregistré cette fois-ci en studio professionnel (Studio Berduquet – Cénac-33) avec plus de 10 musiciens additionnels (Cuivres, Cordes, Trombone,Piano...) . C'est d'ailleurs en formation à 8, avec sections cuivres et pianiste, qu'ils se produisent régulièrement depuis 2010 et offrent un set enrichi qui bascule dans la Soul et le rythm'N'blues chaud et moite.
Bonjour à vous. Si vous commenciez par vous présenter tous les quatre …
Hello, Kriss, guitariste...Hola, Guiom Guitare voix, tambourin (rires)..Salut, moi c'est Pascal, alias Zan, on drums. Hola Manuel, Bajo electrico ! (rires)
Votre nom de groupe peut être interprété de deux façons comme une menace de brigands ou comme une entrevue... Quelle a été l'inspiration pour trouver ce nom mystérieux ?
G: C'est exactement cela... on trouve plusieurs sens dans ce nom. Cela me plaisait beaucoup. Et puis je cherchais absolument un mot qui s'utilise dans les trois langues. Anglais, français, espagnol. D'ailleurs c'est intéressant de noter qu'il a une connotation particulière en anglais, très romantique. Bon, sinon tout le reste du groupe le déteste ! AAAH (rires)
Comment ça se passe au niveau de la création musicale : Guiom arrive avec ses idées, et chacun apporte sa touche ?
Kriss : C'est un peu ça, Guiom compose et ensuite nous arrangeons ensemble et bossons sur l'interprétation à donner à l'idée apportée.
Zan: Nous nous faisons confiance. En général, les avis se donnent facilement et les idées se mettent en place rapidement.
G: Oui, Je dirai que c'est souvent le même processus. La musique me vient d'abord, avec les temps forts et les mélodies. Ensuite j'écris les paroles. J'ai besoin de la jouer de suite avec le groupe pour vérifier qu'il s'agit d'une vraie chanson. "Est ce que cette merdouille peut réellement devenir une chanson?"
Le fait de jouer le morceau ensemble nous donne à tous, je crois, un avis direct sur cette question. Souvent les questions abordées ensemble, et particulièrement avec Pascal, sont : les découpages des structures et le tempo. Avec Kriss, nous travaillons en binôme. Un peu comme dans les groupes de Rock à deux guitaristes que l'on affectionne. Il n'y a rien de figé, chaque morceau a ses propres lois mais souvent je demande à Kriss de réfléchir à des contrepoints, des apparitions, des mini soli...Il arrive d'ailleurs souvent à trouver l'idée qui tue ! Je crois que c'est un de nos richesses (rire) en live aussi c'est d'avoir une vrai "stéréo" de guitare. Deux styles différents qui se complètent toujours. Avec Manu la recherche se fait souvent sur le Groove, sur le phrasé des lignes. Il a une vraie patte Lary (rire)
En novembre dernier, vous avez sorti votre deuxième album Remain Silent beaucoup plus mature et entièrement autoproduit. N'est-ce-pas difficile à l'heure actuelle de produire soi-même son album de A à Z.
Kriss : Comment ça beaucoup plus mâture ??! (rires)
G: Ça veut dire quoi exactement??(rire) je crois que je ne l'ai vraiment jamais su ! C'est délicat... ça voudrait dire qu'aujourd'hui nous serions plus mature qu'il y a 3 ans?...A nos âges (qui commencent à être avancé...) je crois que l'on peut parler d’évolution, de mouvement. Le plus important pour moi entre 2008 et 2012 c'était que RDV reste soudé. Car d'expérience je sais que le plus dur pour un groupe de rock est de rester ensemble à travers les années. C'est la clé. "The point" comme disent nos amis anglo saxons ( rires).
Nous avons besoins de jouer et de jouer encore pour créer une cohérence musicale. Et que le groupe sonne bien dense, compact. La maturité dans notre cas, ça ne veut pas dire grand-chose... Il y a des morceaux sur Remain Silent que j'avais composé à l'époque de Stolen Memories… Mais voilà, aujourd'hui avec plus de moyen, nos idées sont mieux mises en valeur, la qualité et l'attention porté à la production c'est très important pour notre style de musique. Et pour la clarté du message transmis aussi...
Les moyens quand on est auto produit sont limités... Donc on s'est mis en danger aussi de ce point de vue. Nous avons emprunté pour boucler le budget de Remain Silent. Mais on est tellement satisfait du résultat... Cet album a des notes très psychédéliques des seventies et s'est enrichi de cuivres et d'un clavier. Est-ce qu'on peut retrouver cette formation sur scène ?
Kriss : Absolument, mais c'est très rare car c'est très cher ! (rires)
G: (rires) Ah oui , c'est d'ailleurs notre immense déception cette année. Il est déjà pas facile pour nous de trouver des dates, mais là avec cette album nous voulions vraiment mettre en avant cette formation , au complet. Hors le surcoût est systématiquement refusé. Il faut savoir qu'en plus nous pratiquons des tarifs de prestation vraiment peu élevé... C'est d'autant plus inquiétant...
Un album avec une pochette très originale... De qui est ce travail, et pourquoi cette femme avec la main sur la bouche ou qui se pince le nez...
G: C'est grâce à Vincent d'Appollonia (Post Hardcore - Bordeaux) qui m'a présenté un artiste de la région : Gilles Boulanger. Il avait travaillé sur une de leur pochette et des affiches de concert. Je trouvais son travail vraiment intéressant. Nous nous sommes rencontré, je lui donné les morceaux à écouter et lui ai demandé de laissé libre cours à son imagination. Aucune indication, pas d'à priori. Il est de suite parti sur cette idée de femme/guitare psychédélique. J'ai adoré ! Plusieurs interprétations sont possible dans cette pochette... les illustrations du livret aussi sont importantes. Tout à un sens. On voulait vraiment pour cet album que tous les éléments soit travaillés. La pochette pour moi c'est très très important. Nous sommes tous amoureux des disques, de l'objet.
J'essaye d'aller tous les mois chez Total Heaven, chercher un EP ! (rires). Nous avons fait un tirage vinyle pour ces raisons. Par amour du son et par soucis de longévité du support aussi...
Tantôt très rock, tantôt blues ou psychédéliques, Rdv c'est un mélange de plusieurs genres finalement... D'où viennent vos influences ?
Zan: Je suis tombé dans le "hard-rock" eighties quand j'étais ado, et à cette époque je voulais jouer de la basse (comme Steve Harris chez Iron Maiden !) puis j'ai découvert les sixties et seventies (entre Soul, rock'N'roll et psyché), les débuts du funk et toute la ribambelle de groupes rock mélant toutes ces influences. J'ai commencé à jouer dans un groupe de heavy puis j'ai embraillé sur la pop et n'ai plus cessé de naviguer entre les genres (musicaux !).
Kriss : Pour ma part j'ai fait connaissance avec le rock et le heavy métal en même temps vers 12/13 ans avec Satriani, Hendrix, Deep Purple, Judas priest, Metallica, Les Doors... mon jeu de guitare a été imprimé à la fois par ces groupes parce que j'ai appris la guitare en jouant leurs titres mais aussi par mes profs ; lesquels pour la majeure partie jouait du Blues. Ensuite j'ai poursuivi l'expérience avec Guns'n'roses, Slayer et bien d'autres encore...J'ai eu une bonne période métal comme on dit aujourd'hui, au sein de laquelle j'ai forgé mes premières expériences scéniques. Puis, depuis une dizaine d'années, au gré des rencontres, j'ai approfondi à nouveau le rock des années 70' avec deux " rencontres " musicales majeures pour moi : d'abord Mick Taylor et plus récemment, si je puis dire, Rory Gallagher...
M: J'ai écouté pas mal de métal moi aussi au début, grand fan de Deftones... Je me suis mis à la basse assez tard finalement et là j'ai commencé à découvrir le blues, le rock 70's et la soul à force de traîner avec Guiom ! (rires). Aujourd'hui, je dirais que mon jeu est très inspiré des bassistes de cette période-là… Comme Larry Graham ou Tim Bogert.
G: Ah oui c'est vrai qu'on a des métalleux parmi nous ! (rires gras) Non sans rire, c'est vraiment un plus d'avoir d'autres histoires, une autre expérience. Moi, j'ai un père guitariste et collectionneur de disques...Donc tous les instruments à la maison et + 3000 vinyles au grenier : beaucoup de temps passés en dehors des bouquins d'école ! (Rires)... J'ai commencé la guitare à 7 ans, la batterie à 8 et ainsi de suite. Tout en écoutant la musique dans toutes ses largeurs...Le blues du delta, de Chicago, le blues blanc anglais, le rock anglais beaucoup aussi bien sûr, la Soul, le funk et le Rythm'N'blues énormément.
Je dirais que mon style a été complètement influencé par Jimmy Hendrix et Keith Richards dans un premier temps. Hendrix était une obsession... J'en dormais pas, sur le plan psychique aussi, pas uniquement les parties guitares. La complexité des univers sonores qu'il parvient à créer...Sinon, si on part dans la liste des musiciens qui m'ont influencé, on n’est pas couché ! (Rires) non, Cobain aussi très important. Après lui, j'ai pu prendre un micro et me dire que je pouvais chanter mes chansons aussi et pas seulement celles des autres. Il a vraiment changé radicalement ma façon d'aborder la musique. ''Laisse tomber le masque, joue mec ! ''
Qu'est-ce qui t'inspire le plus pour écrire ? Des histoires réelles, des coups de gueule ?
G: Tout est inspirant. Sur Remain Silent, je voulais moins d'introspection. Il est plus ouvert sur le monde. L'œil n'est plus sur moi-même mais aussi sur ceux qui m'entourent. Une chanson parle d'un fait divers c'est vrai, une histoire que j'avais trouvé particulièrement choquante. Une autre est une critique des choix que nous faisons, You Can Leave parle de la condition des immigrés sans papier en France , et puis il y a de la chanson de rock pur et dure qui parle d'un groupe en tournée....
Guiom, tu as été bassiste, batteur et tu es guitariste, tu travailles au royaume des guitares et autres instruments de musique, racontes-nous ton choix pour la guitare...
G: En fait ce n’est pas vraiment un choix...La guitare je baigne dedans depuis que je suis né... Compliqué de faire sans ! C'est vraiment intuitif et vital pour moi. Pour les autres instruments, je dirais que c'est principalement un problème de temps. Je n'ai plus le temps de les pratiquer correctement.
La batterie c'est devenu difficile d'en jouer pour des raisons pratiques... malheureusement ! Car j'adore cet instrument. Je songeais d'ailleurs à faire une pause après le prochain album de RDV et de redevenir batteur dans un groupe de rock... Mais bon ! On n'en est pas là !
Je m'adresse tout particulièrement à Kriss, également tourneur pour Maximum Tour Music. Quels sont les obstacles rencontrés pour pouvoir jouer sur la scène bordelaise ?
K: Oh ! Difficile question ! Alors ce qui est sûr, c’est qu'en ce qui nous concerne, on n’a pas choisi le style le moins représenté dans cette ville déjà...même si je trouve qu'on a un univers bien à nous. Après, il y a la question du nombre de groupes bien plus grand que le nombre d'endroits pour se produire : c'est une réalité. Du coup, ils ne sont pas très nombreux à se partager le gâteau de la diffusion. Certains lieux deviennent ainsi des sortes d'inaccessibles étoiles pour beaucoup de groupes en développement et de qualité, alors que ces derniers y auraient toute leur place tandis que d'autres groupes, que je classerai dans la même catégorie, y font le voyage régulièrement...et ça c'est injuste. Voilà c'était ma minute politique ! (rires)
G: Pour compléter ce que dit Kriss, je dirais que la scène ''musique amplifiée'' à Bordeaux est très consanguine. Les mêmes groupes jouent dans les mêmes salles avec les mêmes programmateurs et les mêmes tourneurs depuis des années. Les groupes comme RDV qui sont outsiders , et il y en a beaucoup , fonctionnent avec le système D et le bouche à oreille, en marge de tout ça.
Il est clair que les premières parties intéressantes, les bons plateaux, les festivals, les salles plus pro sont inaccessibles la plupart du temps.
Imaginons que vous deviez inventer un slogan pour inciter le public à venir vous voir, RDV c'est...
Kriss : RDV, it's only a rock'n'roll rendez-vous...
G: RDV: A rock'n'roll Show
M: Un Grupo Tonto ! (ah ah rires)
Quel serait la scène de vos rêves dans la mesure du réalisable ?
K: Pourquoi dans la mesure du réalisable ? Non ! L'Olympia, Abbey Road et le Royal Albert Hall ! (rires)
G: Olympia ! Madison Square Garden !
M: Jouer au Pueblo en Espagne à Fuenteguinaldo ! (rires)
Quels sont vos projets pour la rentrée ? Où pourra-t-on savourer votre musique ?
Kriss : Le travail sur le troisième album et la poursuite de notre parcours en faisant en sorte de toujours trouver des idées nouvelles, de faire quelques extras qui sortent de l'ordinaire ! Sinon, nous avons deux Festivals de prévus cet été le Laryrock à Chevanceau (17) et le Sud Rock Star à Labatut Rivière (65).
G: oui, le prochain album est en cours d'écriture. Beaucoup de titres sont plus qu'ébauchés. Mais nous cherchons quelques dates pour la fin d'année.
Vous avez participé récemment au jeu-concours Fnac avec le cover de Lou Reed Satellite of love. Cela a été très apprécié par votre public, malgré votre défaite à ce jeu. Quel bilan retenez-vous de cette expérience ? D'autres envies de reprises ?
Kriss : Oh mais on ne peut rien te cacher! (rires)
Super expérience musicale pour ma part. Dans le cœur de ce que peut être une interprétation ou une réinterprétation d'un titre d'un artiste très connu et des retours plus que positifs...Bon, ça nous a appris qu'il n'y a pas de place pour huit dans l'espace Showcase Fnac (rires) !
G: Ah ah ! oui, c'est sûr ! (rire) Non, je dirais que cela nous a conforté dans l'idée que notre musique ne trouve pas vraiment un réel écho dans les instances décisionnelles (rire) ET plus sérieusement la pluie de messages de félicitations et de soutiens reçus après les résultats, ont fait chaud au cœur !
En fait, une chose est sûre, c'est que pour sortir de l'anonymat, la bonne vieille règle de faire un cover (reprise) est toujours vrai. On l'a vérifié à notre petit niveau. On fait régulièrement une ou deux reprises dans notre set ; une sorte d'hommage... Mais, dans le groupe, il y a une fraction abolitionniste qui ne veut pas entendre parler de reprises ! (rires) Suivez mon regard !
M: Oui, au début, je n’étais pas très chaud... En général, pour faire les reprises, je traîne des pieds, mais au final, le résultat est plutôt bon, non?
Zan: On s'est fait plaisir. Ça valait le coup, avec ou sans prix au bout.
Et tout récemment on a vu sur le net un petit groupe bordelais Foxy Bag reprendre votre chanson Is there something . Alors, ça vous a fait quoi ce petit signe de reconnaissance. On ne copie que les plus grands…
M : Ah bon ? Ce n’est pas vrai?
Kriss : Ils sont Lot-et-Garonnais , de 12, 14 et 15 ans les membres...Alors là oui, moi, j'ai été très touché... C'est un plaisir immense, je n’ai pas de mot...sniff... (rires)
G : Enorme ! Ils sont excellents et à eux tous cumulés, ils ont l'âge de notre batteur ! ( rire) Non sans blague, c'est vraiment très gratifiant.
Zan : Ils sont bien ces petits !
Si vous deviez donner un conseil aux jeunes groupes qui débutent. Lequel serait-il ?
Kriss : Faites ce qu'il vous plaît uniquement. Restez concentré sur la musique que vous avez envie de faire, travaillez là, soignez là du mieux possible, elle vous le rendra...
G : Il n'y a, à mon sens, qu'une seule chose qui paye, c'est le travail. Il faut travailler son instrument et le son. Se faire plaisir. Et après ... Tu lâches tout !
Zan : c'est comme la clope, ne commencez pas, sinon vous ne pourrez plus vous arrêter ! joke !
M : Toca Tio, Toca !
Je vous laisse le mot de la fin. Au plaisir de vous revoir sur scène !
Kriss : Bye bye, des bises et à bientôt on stage !
G: Long Live ROCK !
M: EEEquaaadoooorrrr! (rires)
Zan: That's all, folks ! bye…
Luchiana Sniper pour Zikannuaire.com
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