Un vétéran du blues rock qui annonce la sortie d’un nouvel ouvrage est toujours un évènement qui attise ma curiosité musicale. Robert Cray nous annonce pour le mois d’août un seizième opus dénommé Nothing But Love produit par Kevin Shirley (Joe Bonamassa, Aerosmith, The Black Crowes). C’est en compagnie de ses complices de toujours Jim Pugh aux claviers, Richard Cousins à la basse et Tony Braunagel à la batterie, qu’il enregistre durant deux semaines, dans des conditions quasi live, aux Revolver Studios de Los Angeles.. Robert du haut de ses 57 ans est considéré comme l’une des références du blues contemporain et assume pleinement ces influences et ces collaborations avec Eric Clapton, Stevie Ray Vaughan, Bonnie Raitt ou John Lee Hooker des noms qui font rêver non seulement les amateurs du genre… Pour finaliser cette brève présentation, il a remporté cinq Grammy et a récemment été intronisé au Blues Hall of Fame. Ce qui fait de Robert le plus jeune bluesman de tous les temps n’ayant jamais accédé à cette place d’honneur.
Dès l’engagement de l’effort (Won't be) Comming Home, on foule un territoire conquis par un blues fédérateur lié à des envolées jazzy flirtant avec les années 50’. Sur le plan technique, les compositions se caractérisent par des textes à fleur de peau et une maîtrise parfaite des harmonies bluesiennes, qui transgressent aisément les genres allant du blues, rock, soul et jazz. ..Les thèmes sont relativement classiques pour le genre, entre gloire, folies amoureuses et autres sujets intemporels comme sur I'll Always Remember You et I'm Done Cryin'. Ce nouvel album et une nouvelle étape de sa longue carrière posé sur l’honorable score de plus de 12 millions de ventes dans le monde entier et une ligne chez Fender portant sa signature. Le virtuose de la six cordes n’a plus rien a prouvé et nous diffuse dix titres calibrés sur le genre proposé et parfaitement bien acquis. La production est adapté à l’art délivré, apportant un grain plaisant et de large espace de liberté à chacun des instruments. Chaque album de Robert bénéficie d’un soin particulier apporté sur l’écriture et cet opus n’échappe nullement à cette règle. Quelques titres ressortent clairement de l’assemblage et vont rejoindre les plus grands moments de sa impressionnante discographie. Les titres sont servis principalement par un tempo médium et ancrés dans la plus pure tradition de son répertoire.
Un produit riche et aguicheur qui ravira tous les afficionados exigeants de l’artiste et autres amateurs de blues rock bien huilé qui s’accentue dans l’esprit des glorieuses sixties sans jamais nous enfoncer dans le passé. Il sait parfaitement fédérer l’auditoire à sa musique, et reste un incontournable de la scène blues actuelle. A savourer bien calé dans un fauteuil Club un verre à la main, pour un superbe moment d’évasion… Nothing but love débarque dans nos bacs d’ici fin août ! We love it !