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Withdrawn c'est du métal qui déchire les oreilles, du son fort et puissant qui ravage tout. Le groupe est composé au départ de deux frères, Christophe Helwin à la basse et au chant et Thyr (Otargos) à la batterie. Après deux Ep et plusieurs concerts et tournées, ils enregistrent leur premier album Skulls of the weak, qui reçoit de très bonnes chroniques, en partie à l’Echoes Studio et au Dome Studio.
Après plusieurs essais avec des guitaristes session, les deux nouveaux membres intègrent le groupe : Michel Hoareau et Jérôme Guellerin (ex-Bliss of Flesh). Leur dernier album, The Strongest Will, sorti en février 2012, a été enregistré à l’Echoes Studio, mixé et masterisé par Neb Xort (Anorexia Nervosa, Ultra Vomit) au Drudenhaus Studio. Beaucoup plus violent et direct, les tympans sensibles vont saigner.
Bonjour à vous... Si on commençait par une présentation du groupe et de ses membres....
Salut ! Mon frère Thyr et moi-même Christophe Helwin avons fondé WITHDRAWN en 2004. Après deux démos axés death mélodique nous avons accentué le côté plus "brutal" de notre musique sur notre premier album Skulls of the Weak et nous enfonçons encore un peu plus le clou avec notre nouvel album The Strongest Will sorti en début d'année chez Great Dane Records. Michel Hoareau et Jérôme Guellerin (ex-Bliss of Flesh) nous ont rejoints il y a quelques mois aux postes de guitaristes. Nous faisons du métal extrême "catchy", c'est intense mais ça respire aussi, les riffs sont chantants, les lignes de chant accrocheuses. C'est du death fait de façon "intelligente" comme on nous l'a déjà dit (rires). Je situerais notre musique entre Behemoth et Hypocrisy.
Thyr et Christophe, vous êtes frères, est-ce-que cela ne créée pas une complicité supplémentaire au sein du groupe ? Y a-t-il un brin de compétition ?
Effectivement, il y a une complicité supplémentaire due à nos liens de sang mais on se prend beaucoup la tête tous les deux également, on est assez bornés et avec un caractère bien trempé, ce qui fait que parfois cette complicité est plutôt un avantage, et parfois, plutôt un inconvénient. Et puis il n'est pas question de laisser passer un riff moisi qu'aurait créé le frangin (rires). Mais il n'y a pas de compétition entre nous, on s'entraîne pour devenir de bons musiciens et écrire les meilleurs morceaux possibles. Chacun essaie d'amener sa patte, ses idées, ses originalités... s'il y avait compétition ça serait plutôt à celui qui trouverait le meilleur riff, le meilleur plan, l'idée du siècle, l'arrangement génial...
Le nom du groupe est Withdrawn qui pourrait se traduire par "retiré" ?
Il y a plusieurs traductions possibles, nous avons choisi "replié sur soi". Quand nous avons débuté le groupe, nous ne rencontrions que des boulets et des gens peu intéressés pour faire du death mélodique (style très peu à la mode à l'époque). A tel point que Thyr qui était guitariste à la base a dû prendre place derrière les fûts pour faire avancer le projet. Nous nous sommes sentis seuls et isolés au milieu de tout ce merdier ambiant et nous avons senti que nous et notre volonté étions seuls face au reste du monde. D'où cette signification de "replié sur soi".
La formation actuelle de vous quatre est toute récente, deux ans environ. Avez-vous trouvé un certain équilibre ?
La formation actuelle est bien plus récente que cela, elle a à peine 1 an même si Michel a rejoint le groupe presqu'une année avant Jérôme. Pour l'instant ça se passe bien, la distance qui nous sépare tous est parfois un peu problématique mais on se débrouille à l'aide des technologies modernes. Michel et Jérôme sont avant tout profs de guitare et leurs points de vue, connaissances et expériences apportent un vrai "plus" au groupe qui peut ainsi évoluer et enrichir son propos tout en se recentrant de plus en plus sur l'essentiel et une personnalité qui se découvre. Votre musique est classée Extrême métal… Avez-vous toujours fait ce style de musique, et pourquoi ce choix ?
Nous avons toujours fait du métal extrême mais pas toujours sous la même étiquette. Je m'explique. Sur nos deux premières démos nous faisions du death mélodique, qui est considéré comme du métal extrême, et sur les deux albums nous avons évolué vers quelque chose de plus death brutal (mais pas brutal death) qui est un style métal extrême également. Des éléments typiques du métal extrême comme la batterie en blast-beats, les rythmes thrash, la double pédale, les voix growlées ou saturées ont toujours fait partie de notre musique, qu’elle soit death mélodique ou death brutal, et ce depuis nos premières répétitions. Nous n'avons pas fait de métal plus mainstream à nos débuts avant de nous tourner vers quelque chose de plus extrême. Nous avons directement attaqué par de l'extrême.
Quelles sont vos influences musicales ?
Principalement le death et le black métal. On s'ouvre de plus en plus à d'autres horizons comme la musique celtique, le jazz, le trip-hop et tous les types de métal ou hardcore. La techno, la dance et l'électro sont aussi des styles qu'on écoute depuis longtemps. Dans nos cdthèques tu peux trouver Morbid Angel à côté de Dead Can Dance ou Marduk à côté d'une compile dance (!).
Jérôme et Christophe, vous êtes les voix du groupe, comment faites-vous pour conserver votre voix pendant la durée d'un concert ?
Une bonne technique vocale est nécessaire et surtout une grosse énergie et l'envie de tout casser (rires). Avec ce genre de voix il ne vaut mieux pas monter sur scène avec un coup de fatigue ou une petite tension. Et surtout il faut bien gérer son souffle.
Vous avez eu la bonne idée d'inclure les paroles des chansons dans votre album... Mais vous savez que c'est difficile de les suivre.....
Pour ceux et celles qui seraient néophytes dans ce style, probablement oui. Pour les oreilles un peu plus averties il n'y a aucun problème pour les suivre. J'ai même des amis qui n'écoutent plus vraiment du métal extrême et qui ont réussi à comprendre certaines paroles sans avoir recours au livret. Je fais des efforts particuliers pour rendre l'articulation compréhensible car moi-même je trouve que trop de groupes extrêmes noient leurs paroles dans un growl incompréhensible.
Justement en parlant des textes, qui choisit la musique et les paroles....Quels sujets abordez-vous ?
Thyr et moi avons composé l'intégralité du dernier album. Jérôme a intégré le groupe juste avant le mastering de l'album et Michel est un membre session live donc il n'intervient pas pour l'instant sur tout ce qui est composition. Je m'occupe des paroles avec l'aide de mon frère parfois pour les placements ou les mélodies. Les textes traitent principalement de la notion de Surhomme au sens Nietzschéen. Qu'est-ce que c'est ? Comment l'atteindre ? Comment se manifeste-t-il ? J’y inclue parfois une lecture un peu plus "satanique", dans le sens où il n’y a ni dieu, ni force supérieure mais seulement des hommes seuls dans leurs chairs, ce qui est le fondement de toute force et grandeur.
Vous avez sorti un Ep 4 titres TEAR V.2.0., et un Ep 5 titres This is not therapy, entièrement fait maison il me semble ...Des avant-goûts pour tester le public avant que l'album ne sorte ?
Ces deux démos de 2005 et 2006 étaient surtout des "tests" pour nous. Elles nous ont permis de démarcher des associations et de faire parler de nous un peu partout. Elles nous ont aussi permis de franchir un cap dans notre maturité musicale, de voir comment se passer un enregistrement, etc... Nous ne voulions pas sortir un album peu après avoir commencé la musique et fondé le groupe, cela aurait donné un album "patchwork" de toutes nos influences avec un morceau brutal, un morceau mélodique, un morceau grind... nous voulions attendre d'avoir un niveau musical suffisamment intéressant pour sortir un album de qualité et un minimum homogène. Et puis nous voulions aussi d'excellents morceaux donc nous avons préféré prendre notre temps.
"Des nouveaux morceaux taillés pour fracasser les nuques sur la scène"... comme vous dites, comment le public a réagi à votre dernier album The strongest Will...
Nous avons testé plusieurs nouveaux morceaux du dernier album et nous avons observé ceux qui passaient mieux que d'autres car ils possédaient le passage qui fait bouger, la mélodie qui reste en tête, etc... Pour l'instant les réactions sont très positives, nous taillons notre musique de plus en plus pour la scène. Nous allons plus directement à l'essentiel. Le but étant d'envoyer une décharge d'énergie très frontale au public.
Superbe pochette, qui en est l'auteur, et que symbolise-t-elle ?
C'est l'oeuvre de Costin Chioreanu qui a déjà bossé pour nos potes d'Offending et de Sael. C'est une peinture de Costin qui représente un démon dévorant un homme ligoté. Certains ont vu dans le titre de l'album The Strongest Will un message positif à analyser en se situant à la place de l'homme baîllonné : avec une forte volonté l'homme prisonnier de la société peut se libérer et se réaliser. Or, notre signification à nous est plus "négative", "nihiliste" dans un sens ; nous nous mettons à la place du démon qui est à la base un homme et qui grâce à sa forte volonté a pu dépasser l'adversité et les différentes barrières au point de devenir un Surhomme, un homme au-dessus du reste. Nous avons décidé de le représenter par un démon car dans la religion, quiconque se réalise par lui-même et sa propre volonté de penseur libre est jugé comme hérétique voire satanique.
Quel est votre chanson préférée à chacun ?
Difficile à dire ! On va tous aimer plusieurs morceaux pour diverses raisons. J'apprécie Tombwomb pour son côté très frontal, son break headbanguant et sa reprise en basse/batterie, mais j'apprécie aussi Kingdom Nothing pour ses changements d'ambiance et ses rythmes variés, sans oublier Anthem, très particulière, avec son ambiance inédite pour nous qui fait qu'elle a un charme spécial. On reconnaît notre marque de fabrique sur tous les morceaux mais chaque morceau est différent, chaque morceau exprime quelque chose d’unique ce qui fait que l'album est relativement varié et on n’a pas l'impression d'écouter la même chose en boucle. Suivant l'humeur de chacun les préférences peuvent changer et le morceau préféré peut varier.
J'imagine que vous faites la pause estivale comme tous les groupes, quels sont vos projets pour la rentrée ?
Il n'y aura pas spécialement de pause estivale pour nous. Nous avons commencé la composition d'un 3eme album, nous nous entrainons beaucoup sur nos instruments respectifs, nous continuons la promotion de The Strongest Will et nous avons un show à mettre en place pour notre concert du 3 novembre à Saintes avec Blazing War Machine, Livarkahil, Demented et Bottle Doom Lazy Band. Nous allons fixer quelques dates de concert à la rentrée et finir 2012 et la promo du dernier album tranquillement avant de passer la vitesse supérieure pour le 3eme opus en 2013.
Des envies de clip peut-être ?
Un clip a été réalisé pour le titre Hunt to Slaughter mais nous ne savons pas encore si nous allons le diffuser. Le résultat final ne nous satisfait qu'à moitié pour l'instant donc nous sommes en train de voir si nous pouvons corriger quelque peu cela pour une éventuelle diffusion. Je ne peux pas en dire plus pour l'instant.
Rencontrez-vous des difficultés particulières pour trouver des dates, à cause de votre musique très puissante ?
Les difficultés à trouver des dates ne viennent pas forcément de la puissance de la musique, même si c'est vrai que plus tu fais de la musique tranquille plus tu as d'endroits et d'associations pour te produire sur scène. Je pense surtout que le problème vient du fait que l'underground agonise de sa belle mort... plus personne ne se bouge, il n'y a plus d'endroits décents pour jouer, les associations ont presque toutes pris des vestes financières sur des dates dont elles ne se relèveront pas...
Le rêve des Withdrawn, ça serait quoi ?
Faire des tournées européennes et mondiales, encore et encore, avec de bons groupes cools et sortir des albums régulièrement pour jouer aux quatre coins du monde.
Quels conseils donneriez-vous aux groupes qui débutent...
Ce n’est pas métal du tout ce que je vais dire mais c'est le meilleur conseil que j'ai à leur donner : bosser votre instrument et travailler en groupe. Soyez professionnels, écoutez et surtout pratiquez un maximum de styles de musique. Du métal, de la salsa, de la pop, de la techno... essayez de toucher à tout et de tous les instruments possibles, et si possible en concert et pas seulement chez vous ou en répétition. C'est le meilleur moyen pour devenir un bon musicien et former son oreille.
Je vous laisse le mot de la fin. A très bientôt !
Merci pour l'interview et ton temps. Ceux qui veulent prendre une bonne dose de métal violent et accrocheur devraient se pencher urgemment sur notre nouvel album The Strongest Will et venir nous voir à Saintes le 3 novembre pour une grosse déflagration live. Merci à ceux qui nous soutiennent et merci à toi encore une fois !
Luchiana Sniper pour Zikannuaire.com
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