Saga, voilà un nom qui résonne comme un écho au fond de ma mémoire. Je n’ai pas trop connu cette formation lors de son apogée et sa pleine ascension à la grande époque du rock progressif. Ce vingtième album marque donc le retour de Michael Sadler au chant, chanteur originel de ce combo canadien des plus incisifs et tubuesques des eighties. Souvenez-vous pour les plus vieux, de leur univers musical lié à un néo progressif ponctué par des riffs bien mis en avant et en totalement en harmonie avec les claviers et des arrangements finement ciselés.
20:20 déboule sur le coin de mon salon, une référence à un vingtième album, ou plutôt un clin d’œil (j’ai osé) à Jim Gilmour (leur clavier) et ces problèmes oculaires, d’où le visuel de l’artwork. Un retour percutant qui agit comme une catalyse à leur art, comme un besoin pour Saga de revenir aux origines et aux fondements de leur AOR ancestral. Les Canadiens s’exécutent pour le bonheur des afficionados exigeants du genre proposé. Je m’engage sur Six Feet Under, un breuvage bien dans le calibrage du groupe et fort plaisant avec cette accroche mélodique. Pas de révolution sur le contenu et les ingrédients proposés bien que l’on soit sur un cru fort gouleyant. Les titres s’enchainent traçant toujours le même sillon, telle une rainure indélébile sur le fond de ma caboche… Tandis que Michael reprend avec brillance son rôle de frontman, Rob Moratti quant à lui retourne à sa carrière solo et je suppose que l’on va vite retrouver notre lascars sur un nouvel opus en solitaire.
Dis titres bien dans l’art et la manière de ce que propose habituellement le groupe, avec des riffs affutés et posés sur un marbre brut et des claviers suffisamment qualitatif pour aiguiser notre appétit musical. N’oublions pas le travail de la basse tout en rondeur et des plus progressive et celui de Brian Doerner aux fûts. Pas de défaillance particulière, ni de surprises par ailleurs. On est dans le meilleur de ce que propose le groupe, avec une voix fédératrice surabondée par un rock mélodique et dynamique flirtant continuellement avec le néo-lyrique. En ce qui me concerne peu de titres se démarquent fortement de l’assemblage avec une qualité omniprésente et une homogénéité qui manque quelque peu de folie. La production est limpide, aérée et parfaitement bien établie pour le style de Saga.
Nos vétérans issus de cette vague progressive des seventies restent clairement parmi les ténors du style néo-prog avec un ouvrage de qualité sans pour autant atteindre les sommets de leur succès commerciaux tel que Words Apart (1981) ou bien Heads Or Tales (1993). Néanmoins l’album offert en ce début d’été 2012 est bien réalisé et parfaitement digeste. Que vous soyez fans de la première heure, ou simplement amateur d’AOR cet ouvrage vous permettra de passer un très bon moment…
Sortie le 06 juillet 2012 via Edel
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