Les bruxellois de Now Voyager avec leur look de jeunes premiers nous délivrent cinq titres savamment cachés derrière l’artwork de Seas. La bande à Nabil Sanaullah (ex-Blood Redemption) nous décollent les esgourdes par un acier forgé du côté du Outhouse Studio à Reading, qui n’est rien d’autre que l’antre de Architects ou Enter Shikari. Autant vous dire que nous sommes face à un petit bijoux rudement bien maitrisé, aux arrangements fleuris et chiadés.
The Surface ouvre le set sur un metalcore, entrecoupé de refrains cristallins, et de passages plus intenses à la manière de Meshuggah. L’implosion est digne d’une grenade offensive avec un espace restreint voir totalement fermé à l’improvisation, pour ne laisser place qu’à une machinerie suisse. To Every beginning a la texture hydride entre saccades et riffs tranchés par des ultra-basses, s’expose en contretemps surabondés par une technique irréprochable et une véritable séance de tapping débridée. Leur violence oppressante envahi mon salon pour s’insinuer en moi sans la moindre concession.
Foundations reste bancal et en dessous des deux titres précédents , ce qui rabaisse ma curiosité le temps d’un instant pour vite reprendre de la puissance qui me tape littéralement la gueule contre le coin du bureau. Un rayon de lumière transpire par la fenêtre annonçant le final avec Tabula Rasa, titre intimement lié au post rock et ses percussions tribales qui rehaussent si bien la voix pop de Nabil. La montée crescendo et oppressive respire mon oxygène pour s’auto consumer sur des chœurs fort bien menés. Emotions garanties, pour un final explosif.
Voilà un groupe belge gouleyant qui pousse avec violence la concurrence, de par la qualité et la richesse d’un art versatile trempé dans une huile bouillonnante aux aromates proches du metalcore, post-rock, math rock et j’en passe… Un groupe talentueux et possédant une réelle force d’écriture incisive et prometteuse.
Sortie le 5 septembre 2011 en autoproduction
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