Les lausannois de Feuerzeug n’en sont pas à leur premier méfait et officient clairement dans un stoner crasseux comme on l’apprécie ici. Un truc gouleyant et huileux qui te déboise les cages à miel… L’ouvrage fait suite à Drive Fast And Crash datant de 2009, et vient remettre de l’ordre dans leurs influences principalement axées du côté de Kyuss ou bien Truckfighters. La déflagration en treize hymnes, nous pose littéralement le cul sur le sable d’un desert doomesque. Ça pue le psychédélique, aux brumes inquiétantes tel que sur Release the Kraken, Kometa, Lieuplorodon VS Giant Orthocone.
L’opus est en deux actes, histoire de s’acclimater progressivement les neurones. Effectivement sur l’act One, on s’engage en territoire desert-punk rock à la manière de Queens of the Stone Age, sur des titres comme Cyclopes Will be Beheaded et Landreuzer, un véritable cent mètres à en perdre le souffle sur le sable brulant. Gros riffs contrecarrés par une basse lourde et une batterie des plus efficace à la vélocité actée… Evel Knievel has Kissed the Devil, déboite la gueule sur une rythmique plus funk pour finalement se poser sur le diptyque Crusing the Desert, marquant une nette rupture de style. On dépasse les frontière de leur univers bipolaire et idéalisé afin de catalyser les fans exigeants du genre.
Un obus transgénique, qui déboule sur le bitume fondu comme un V8 suralimenté au nitrogène, perçant avec insistance les diverses strates historiques du rock psychédélique. Trois mots, oppressif, répétitifs et hypnotiques pour un style qui s’infuse parfaitement bien sur des thèmes qui font références aux pionniers du rock stoner, garage et punk. Difficile d’accès sur une première écoute, on se surprend à totalement adhérer à leur art authentique et décomplexé. Un groupe immanquable, pour peu que vous réussissiez à les stopper dans leur course folle.
Sortie le 9 décembre 2011 via Ishii Kamikazi Records
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