En tant que rédacteur, on a quelques fois de bien belles découvertes qui tombent sur le coin de mon bureau. Uncolored Wishes en fait clairement partie, avec ce deuxième album des lyonnais. Entité inconnue à mes yeux, qui a déjà sorti en 2007 un opus précédent World under control. Le propos du jour, m’injecte cinquante minutes de plaisir en intraveineuse! L’engagement se fait sur Penitents On The High Wire à l’impact d’un obus qui s’explose au milieu de mon salon. Une alternance de riffs heavy qui flirtent continuellement avec des atmosphères aériennes et un clavier aux effets plein de subtilités. Le tout et survitaminé, par une voix tout en puissance et d’une clarté exemplaire, une véritable catalyse à émotions…
La subtilité de l’opus rend son écoute intéressante et dynamique avec un art racé qui vous emmené là où ils le veulent ! En épluchant un peu plus l’effort et à chaque écoute successive, je découvre de nouvelles saveurs et colorations posées en multicouches sur un calibre de haut vol… les portes s’ouvrent sur leurs influences parfaitement bien ingérées délivrant avec instinct une personnalité forte et impactante. Children of contempt est dans la continuité du premier titre, avec des grattes puissantes et fédératrices avec des teintes thrashy sans pour autant s’enfoncer dans le style. Précision et espace catchy définissent le mieux la bestiole et son contenu. Dear Adelie, enfonce le pieu dans une boue sombre et mystérieuse, alchimie incertaine et percutante. Stars & stripes on Iwo Jima et forgé dans le même métal, avec une émotion décomplexée et bien réelle. Sakountala, s’ouvre sur des voix féminines et chuchotées pour nous embarquer une fois de plus dans leur univers à la limite du dark intimement lié à de l’indus… On navigue sur une barque flottante aux milieux de méandres sans pour autant nous perdre dans les brumes de leur musique à la manière d’un Dream Theater. C’est la force du skeud, on ne dévie jamais bien longtemps du thème principal, ce qui éveille chez nous une accroche grandissante. Fragrance apporte richesse et qualité avec des sonorités orientales et des voix féminines, invitation aux dépaysements sur un cocktail envoûtant. Spiritual food, apporte une vélocité punkoïde non déplaisante. Nous voilà déjà vers la porte de sortie avec Hudson Lowe, titre qui réassemble à lui seul, l’ensemble de leurs influences, comme une magnifique pochette surprise…
Que dire, devant un tel écrin ? Aux superlatifs disséminés tout au long de ma chronique. Je répète donc pour les durs de la feuille, riche, éclectique, puissant, subtil, de qualité et énergisant… A déguster sans concession, c’est un délice !
Sortie le 16 avril 2012 chez M&O Music
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