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BALBEC

Mise en ligne le 30/01/2012 - (Lu 1328 fois)


 


Naviguant entre indie-pop et post-rock, balbec se joue de références diamétrales et invite à la rêverie multiforme.
Imprégnés de séjours dans les terres de Pixies et Pavement, nourris de Sebadoh et de Wedding Present, les 5 architectes nomades de balbec bâtissent leur edifice instable sur des influences séminales allant de Fugazi à Mogwai. 

Sur pied depuis début 2002, mais riche d'expériences créatives puisant leur source au coeur de la vague indie puis post-rock des années 90, Balbec explore au fil des saisons des contrées nouvelles. Serez-vous du voyage ? 

Bonjour, commençons notre entretien par une brève présentation du groupe :   

Stéphane : Balbec existe depuis dix ans, et navigue entre indie-pop et post-rock. Le groupe, basé à Paris, est composé de 5 potes: Gabriel et Stéphane (les deux compositeurs), Isabelle, Laurent et Vincent. Nos influences sont à trouver des deux côtés de l’Atlantique, et vont de Pixies à Pavement, de Fugazi à Mogwai, de Wedding Present à Sebadoh, de Portishead à Tortoise.

La presse a dit de nous :  "Attention, l'énergie de balbec est communicative! Le groupe a de l'allure dans l'espièglerie, de la classe dans l'irrévérence. Une ivresse des nerfs et des sens, audacieuse et électrisante." Magic, mars 2010

"Le plaisir d'écoute est immédiat, tant balbec a un talent certain, et a tout d'une valeur montante du rock indépendant français." Indiepoprock.net - avril 2010

Quelles sont vos principales influences musicales ainsi que votre progression artistique ?

Gabriel : Isabelle, Stéphane et moi nous connaissons depuis longtemps et dans une large mesure nous avons partagé la même éducation musicale et nos goûts se sont développés à partir d'un terreau commun. Après on a toutefois nos spécificités, nos marottes personnelles, mais elles ne sont jamais tout à fait étrangères aux autres. Stéphane vénère Black Francis, Isabelle Jesus Lizard et moi Stephen Malkmus. Bien entendu on écoute aussi d'autres musiques, on a beaucoup écouté Portishead, Stereolab, The Notwist, le Wedding Present, Joy Division et plus récemment Pinback, Phoenix et Broken Social Scene, sans oublier la redécouverte des illustres aînés, les Beatles, Pink Floyd, Kate Bush... Les influences de Laurent et Vincent sont plutôt à chercher du côté de la scène de Chicago.

Stéphane : Nos références musicales ont un sacré socle commun, issue des années étudiantes à écouter la radio, à dénicher des albums, à passer rituellement certains morceaux lors des "teufs". Ensuite chacun a un bagage supplémentaire. Celui de Gabriel est très développé, alors que de mon côté il y a eu des moments où j'ai un peu décroché d'une écoute boulimique, peut-être aussi parce que j'ai préféré "exprimer" ce qui était accumulé en moi plutôt que de continuer à me nourrir d'inspirations sans cesse renouvelées. Mais ce qui est sûr c'est que chaque année de grands albums parviennent à me marquer durablement, et montrent la voie en m'incitant à trouver des challenges.

Entre pop, rock et indie, je pense définitivement être indie. C'est peut-être un vocable un peu désuet, mais "pop" est à la fois trop consensuel et fourre-tout à mon sens, et "rock" trop codifié et parfois stéréotypé. L'avantage de l'indie c'est qu'il s'agit d'un état d'esprit. On sera toujours l'indépendant de quelqu'un, d'une époque, d'un style mainstream. Etre indie, c'est assumer des choix, des maladresses, et même des désinvoltures, qui ne sont pas des poses mais des affirmations de la personnalité. Si je repense à l'évolution de balbec globalement, en dix ans on a exploré plusieurs approches et sonorités, avec des instrumentations plus ou moins électroniques, nerveuses ou atmosphériques, des formats courts ou longs, mais avec certaines constantes, notamment l'importance de la mélodie vocale et de la puissance électrique. C'est ce qui colle le plus à ma culture, à ma fibre musicale, ce sont les ingrédients que je souhaite continuer à mettre en œuvre, à mieux maîtriser, à pousser dans des retranchements plus affirmés.

Quel est votre processus de creation ? Qui fait quoi  ?

Gabriel : Au début de Balbec, j'apportais environ 80% des compositions et Stéphane le reste. Actuellement
c'est du 50/50. Je trouve ça très stimulant quand Stéphane propose un morceau car j'adore me prendre la tête à composer la meilleure guitare possible pour le bonifier et puis même si nos styles sont assez différents au départ, à force on se nourrit un peu l'un de l'autre et par moments je crois percevoir certains de mes gimmicks dans les morceaux de Stéphane et j'avoue que certains de ses morceaux m'inspirent. Dans la quasi totalité des cas c'est la musique qui vient en premier avant le chant, je pense que cela vient de notre culture musicale qui est essentiellement anglo-saxonne.

Stéphane : Pour la composition, c'est principalement une ligne de guitare, la résonance d'un accord, qui
m'inspirent un chant, qui y puisera son élan et son soutien. C'est alors le chant qui se forme, non pas au sens des textes mais de la mélodie vocale. Je n'hésite pas à chanter en "yaourt" pour trouver des sonorités qui me plaisent, des articulations rythmiques, des enchaînements consonnes/voyelles que je trouve gratifiants... Les paroles viennent après, souvent en trouvant un sujet et en développant le champ lexical associé. J'aime bien alors jouer avec les mots, les rimes, les allitérations, les répétitions...

Il y a deux moments dans la vie d'un morceau pour moi : D'abord, le moment où il est intime, non partagé, il est juste dans ma tête, je le fredonne dans la rue, je le joue seul à la guitare, je l'enregistre à la va-vite. Cette phase peut durer des années! Un morceau comme How To Achieve God-Like Status a pour ainsi dire plus de 10 ans d'ancienneté. De même la maturation des paroles, de la structure... est parfois une longue aventure de 'trial and error', d'abandons, d'avancées soudaines, un processus chaotique, imprévisible, j'attends parfois que les choses se fassent à leur rythme, sans les précipiter ou m'imposer une échéance. Puis vient le moment du collectif, où je livre un morceau au groupe, et là chacun l'adopte avec ses propres angles d'attaque, sa propre perception. Dans certains, cas, en quelques séances de répétition, une trame très solide est réalisée et il n'y aura plus que des variations à la marge. J'ai ressenti ça avec un morceau comme Cathedrals, dont la structure certes complexe a dans la pratique été cimentée en moins d'une heure de jeu collectif cumulé.

Quelles sont vos ambitions actuelles ?

Stéphane : Nous aimerions passer un cap en 2012, en terme de qualité avec un nouvel album plus âpre et nerveux, en terme de notoriété, en terme d’expérience scénique… C’est sûr que ça nous aiderait d’être repérés par un tourneur, par un label, par un mécène J En attendant, nous restons très ouverts et réactifs face aux opportunités et sollicitations

Isabelle : Finir l’enregistrement de notre album et le défendre sur scène.

Laurent : Inventer !

Quelle est votre actualité musicale ? Album ? Concerts ?

Stéphane : Nous avons un double album, notre cinquième, en cours d’enregistrement, intitulé Two Sides To Every Story. Nous en dévoilons une poignée de morceaux au Batofar le 31 janvier 2012.

Gabriel : L’enregistrement du nouvel album est naturellement notre actualité et notre obsession du moment.

Qu'attendez-vous de votre participation à You Rock ?

Isabelle : Avant tout le plaisir de monter sur scène dans un lieu que nous fréquentions  beaucoup en tant que spectateurs il y a dix ans.

Stéphane : Eprouver nos nouveaux morceaux face à un public nombreux, recueillir les réactions, gagner en expérience, idéalement susciter l’intérêt de certains professionnels (médias, labels, tourneurs…).

Au niveau matériel, êtes-vous fidèle à vos instruments, ou aimez-vous le changement perpétuel, la découverte ?

Stéphane : Plutôt fidèle, mais pas obnubilé par le matériel.

Vincent : Faire du neuf avec du vieux, essayer de trouver de nouvelles sonorités avec un matériel que l'on connaît bien

Laurent : Grand fidèle !

Gabriel : J'ai un côté un peu geek du matos, et je peux passer des heures à la recherche d'une guitare, d'un ampli ou d'un effet mais au final, fidèle comme un épagneul breton, je retourne toujours à ma bonne vieille Jazzmaster sur mon Fender Deluxe Reverb.

Citez-moi cinq mots qui vous décriraient le mieux.

Gabriel : Jeu, plaisir, découverte, audace, recherche.

Stéphane : Positif, spontané, curieux, humble, exigeant.

Vincent : Ambitieux, choral, solidaire, sans limite, trottoir.

Laurent : Guitare, basse, batterie, imprévisible, simplicité.

Isabelle : Innocence, désintéressement, candeur, aventure et persévérance.

Par exemple, on n’a pas peur de faire des morceaux à la structure alambiquée, ou de sortir de notre zone de confort à la guitare et au chant. Bien qu’on soit ne plus des "jeunots", on ne fait pas de la musique de vieux, on ne s’assagit pas.

Les disquaires ferment les uns après les autres, le modèle économique de la musique s’effondre. Croyez-vous encore aux disques "physiques" pour l'avenir.

Stéphane : J’y crois encore mais plutôt comme support pour les fans, comme objet matérialisant la relation fidèle, envers un artiste exprimant une démarche créative dépassant la seule dimension musicale. Je suis sensible à l’artwork, aux contenus, aux détails, aux « bonus » qu’il peut y avoir dans certains boîtiers ou coffrets. Je déteste le son des mp3 à fort volume et les réserve à une écoute distraite en « musique de fond ».

Vincent : Il y a deux approches, l'approche industrielle où la consommation de masse prend le pas sur la qualité, et l'approche qualitative, où le CD, le vinyle voire la cassette sont des supports appréciés et demandés. L'exemple du label Africantape est intéressant. C'est un label qui vend plus de support physique que de support numérique. J'ai encore de l'espoir pour le support physique.

Gabriel : Perso mon côté frondeur me pousse à acheter des vinyles. Après 10 ans de mp3 écoutés sur ordinateur et l'embourgeoisement lié à l'âge j'apprécie le confort d'écoute et les belles pochettes. Au final même si l'industrie du disque disparaissait ça ne serait pas la fin de la musique.

Si vous deviez partir sur une île déserte avec pour seule compagnie un CD et un livre, que choisiriez-vous ?

Gabriel : un livre : la Recherche de Proust et un CD le White Album des Beatles.

Isabelle : un livre : Les Thibault de Roger Martin du Gard et comme CD : l’album éponyme d Elliott Smith

Stéphane : un livre : l’intégrale de Shakespeare, pour la musicalité de la langue et les tragédies qui permettent de relativiser le fait d’être perdu sur une île en en CD : Seamonsters de Wedding Present

Vincent : un livre : la Bible pour croire au miracle qu'une personne va me sortir de cette île, ou que la mer va s'écarter pour quitter cet endroit. Pour le CD : quelque chose de consistant, qu'on peut écouter plusieurs fois, mélangeant des passages rock, des passages calmes, des passages intenses... Je dirais Requiem pour les baroqueux du groupe français Rien.

Laurent : Aucun, l'imagination comme seul compagnon.

Avec qui aimeriez-vous partager une scène ?

Stéphane : Si par "partager une scène" on veut dire, jouer l’un après l’autre au cours d’une même soirée et ainsi côtoyer un groupe de près, ce serait probablement avec Blood Red Shoes. A eux deux, ils arrivent à occuper un espace sonore énorme, et sont taillés pour la scène. Si on veut plutôt dire « jouer ensemble sur scène quelques morceaux » alors là mon rêve serait de jouer de la batterie avec Black Francis au chant et David Gedge à la guitare.

Vincent : Deux groupes : The Jesus Lizard et Big'N qui sont deux excellents groupes de scène.

Gabriel : Stephen Malkmus sans hésiter.

Je vous laisse conclure l'entretien avec ce que bon vous semble, un coup de cœur peut-être ?

Stéphane : Le meilleur est à venir…

Vincent : Pas de coup de cœur à l'heure actuelle. Je peux sortir de cette île ?

Merci pour cet entretien, et revient vite Vincent tu as un concert le 31 janvier (rires)…

Gérard pour Zikannuaire.com

 

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