| |
La motivation de Faithless Messiah a toujours été de faire connaitre ses idées engagées. Bien que le nom du groupe puisse être interprété comme une doctrine antireligieuse, la conviction qu'il n'y a pas de dieu, tel que les hommes se le sont toujours imaginés, amène à se poser un nombre infini de questions sur l'influence que les valeurs de nos croyances ancestrales a eue sur notre façon de penser et de vivre.
A travers une musique à la fois sombre, agressive et pourtant mélodique, le premier album du quatuor parisien, intitulé “Ghosts”, en vient à la conclusion que nous sommes tous des fantômes en devenir, et qu’une fois que nous aurons compris cet état de fait, nous pourrons changer nos vies et notre société afin de profiter du temps que nous avons.
Salut les gars, et soyez les bienvenus sur notre média. Commençons, pour nos lecteurs, par un bref résumé de votre carrière et de l’évolution de votre musique. Pourquoi un tel nom, un message à faire passer aux travers de vos chansons ?
Stan (guitare/chant) : Le nom Faithless Messiah part de l’idée de chercher une norme social avec pour but le bien commun plutôt que le respect d’une volonté divine quelconque. Il signifie une prise de recul et une remise en question de nos valeurs afin de définir ce qu’il y a de réellement mieux pour nous. On peut donc penser que Faithless Messiah est tout simplement un groupe antireligieux mais c’est beaucoup plus vaste que cela, et je pense qu’aujourd’hui notre plus gros problème, au-delà de tout problème religieux, est notre système économique qui a échappé à tout contrôle et qui définit presque tous les aspects de nos vies, souvent de façon négative.
Vos premières influences se balancent entre black et death ; pourriez-vous nous en dire plus ?
Stan : A vrai dire, la seule influence « black » qu’on a eue c’est Reinkaos de Dissection, qui est l’album le moins black de leur discographie. En dehors de ça, personne dans le groupe n’écoute de black. Les influences principales de Ghosts sont des groupes de death scandinave comme Arch Enemy et In Flames, ainsi que Gojira comme tu l’as remarqué dans ta chronique de l’album, ou encore Machine Head. Pour ma part, je suis de plus en plus influencé par du prog, comme Porcupine Tree ou Opeth, pour les arrangements des morceaux.
Vous venez de sortir un nouvel album "Ghosts". Pouvez-vous le décrire de l’intérieur, quels en sont les influences et les principaux thèmes ?
Stan : Au niveau des influences musicales, je pense que nous venons de couvrir le sujet. Au niveau du message, les influences sont des auteurs tels que Sam Harris, Dan Dennett, Richard Dawkins, les idées du mouvement Zeitgeist m’ont également beaucoup intéressées bien qu’à prendre avec des pincettes. L’album est une critique assez négative de notre société, ou plutôt des barrières et obligations que nous nous imposons en pensant qu’il n’y a pas d’autres façons de faire. Le mode de vie « métro-boulot-dodo » ne nous apporte rien à part de nous maintenir en vie et dans le besoin, afin de nourrir le cercle vicieux de la machine économique qui n’est pas optimisée pour notre bien être.
Quel est votre processus de création, qui fait quoi ?
Stan : Pour cet album, je l’ai principalement composé seul, ce n’est qu’après avoir fait une première version produite chez moi que je l’ai montré aux autres afin de reformer le groupe avec ce line-up. Après quelques mois de boulot, chacun s’est approprié les morceaux et on l’a réenregistré avec de meilleurs moyens. Maintenant qu’on est réellement un groupe cependant, on commence réellement à composer ensemble, chacun prenant part au processus. Notre dernier morceau en date, Firstborn, que nous venons d’enregistrer, a été principalement composé par Lucas (batterie), j’ai ensuite fait les arrangements, David a rajouté certaines touches très importantes au morceau central de l’album, et Rony (bassiste depuis aout 2011) arrive vraiment à trouver des façons intéressantes de donner du relief aux morceaux.
Que pensez-vous de la scène death metal actuelle ?
Stan : Pour ma part, j’en écoute de moins en moins, je reviens plutôt vers du hard rock bien groovy à l’ancienne. Je trouve que c’est un style qui tourne malheureusement beaucoup en rond, à quelques groupes près.
Lucas (batterie) : Je n’écoute que très peu de death, et le seul death qui m’intéresse c’est celui qui arrive à mettre de l’émotion là où on ne l’attend pas, comme Gojira le fait.
Sur un plan plus matériel, êtes-vous fidèles à vos instruments, ou aimez-vous plutôt en changer, voire en découvrir ?
Stan : J’aimerais bien intégrer d’autres instruments et d’autres sons à ce qu’on fait, mais je suis attaché à trois marques des guitares qui sont Jackson, Gibson et Fender, et ça ne m’intéresserait pas trop d’aller voir ailleurs.
Lucas : Je suis assez fidèle à UFIP et Tama, mais mon kit reste assez hybride.
Rony (basse) : Je suis fidèle à mon instrument, je suis très difficile en basses et il n’y a que Ibanez que j’aime.
De quel groupe vous sentez-vous le plus proche artistiquement ?
Lucas : Je pense que musicalement, on se rapproche pas mal des groupes de death scandinave, mais je ne pense pas que notre démarche artistique soit même. On est assez « do it yourself », on tend à tout faire nous même, visuels etc, je pense qu’il y a pas mal de groupes comme ça en ce moment comme The Ocean ou Gojira justement.
Rony : Au niveau de la démarche artistique en ce qui concerne le message et même scéniquement je pense qu’on est assez proches de Gojira effectivement.
Si vous vous retrouviez sur une île déserte avec un seul livre et un seul album, que choisiriez-vous ?
Stan : Fight Club de Chuck Palahniuk et Throwing Copper de Live.
Lucas : un seul album c’est trop dur… le live Symphonique de Metallica je pense, et comme livre, Guerre et Paix comme ça j’aurais quelque chose à lire.
Rony : Rust In Peace de Megadeth, et je ne suis pas un gros lecteur.
David : Les Fourmis de Bernard Werber, et Horizons de Parkway Drive.
Actuellement, quelles sont vos ambitions ?
Stan : Bah, j’aimerais bien avoir mon diplôme d’école de commerce (rires).
Lucas : Moi aussi d’ailleurs. Mais musicalement les prochaines étapes pour nous seraient de faire des premières parties de gros groupes, et de faire un deuxième album qui monterait encore la barre d’un cran par rapport à Ghosts.
Les disquaires ferment les uns après les autres, le model économique de la musique s’effondre. Pensez-vous encore faire des albums "physiques" pour le futur ?
Stan : A vrai dire, nous sommes très attachés au format de l’album physique. Pour moi l’œuvre d’art d’un musicien n’est pas un morceau, c’est un album avec les morceaux dans l’ordre avec l’artwork qui en découle. Donc le format du CD physique important. Donc oui, nous continuerons à faire des CD physiques tant que ça sera possible.
Je suppose que chaque concert est différent. Que se passe-t-il sur scène ? Avez-vous une ou deux petites anecdotes à nous raconter (quelque chose d'amusant ou de tragique!) ?
Stan : Notre pire concert était à Fresnes en juillet dernier. On a joué en extérieur, ils avaient mis la sono derrière la batterie, notre ingé son a galéré avec le son jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’ils n’avaient pas branché les câbles au bon endroit. A ce moment là on a appris qu’ils avaient perdu leur kit de micros batterie, donc on a du improviser la reprise de la batterie avec les micros qu’on avait sur place, c'est-à-dire pas grand-chose. Donc des conditions de jeu assez difficile, mais après tout ça nous a permis de jouer à la fête de l’Huma, donc ça restera un bon souvenir.
Je vous laisse conclure cet entretien avec ce que bon vous semble, un coup de cœur ou de gueule !
David (guitare) : Je crois bien que me concernant se sera un coup de gueule pour certaines conditions de concert, à savoir notre son sur les premières dates : en effet je crois que le son voulu en concert à toujours été très dur à atteindre du point de vue de nos arrangement qui s’éloignent parfois beaucoup du death et bien entendu en tant que musicien et donc en tant que perfectionniste aguerrit, l’ingénieur du son à souvent été mon pire ennemi ! Pas facile de garder le sourire sur scène face à un son très mal balancé, mais désormais nous avons quelqu’un d’exceptionnel sur qui compter, un magicien, alias Phil qui se démène toujours quel que soit les conditions pour que notre son nous satisfasse ! Et on voudrait le remercier particulièrement pour son travail toujours accompagné d’une bonne humeur, d’ailleurs il nous accompagne actuellement pour notre tournée !
Gérard pour Zikannuaire.com
|
|