Je viens de recevoir une drôle de galette dans ma boite à prospectus ! Mac Traître et La Note ainsi que DJ Giobbe aux platines, poussent tout conformisme révélé dans le fond de ma poubelle. Le trio s'identifie dans un pseudo formatage hip-hop smile’n’punk et au travers de ces quatorze titres décapants, ils nous proposent leur vision personnelle de notre société. Nos lascars au verbe acide parlent continuellement de couilles et nibards, tout en posant un regard égaré sur notre monde. Un regard des jeunes au langage cynique sur le sexe, les frustrations et nos acteurs politiques avec un ton sarcastique et impertinent . Les gens aux oreilles chastes ! Fuyez vite, le propos va être rapidement censuré. Insérons le skeud dans la fente du mange disque !
Sur une musique électro en surface simpliste et aux sonorités dignes d'une Nitendo DS et sur un substrat d'arrangements riches et très bien réalisés, ils balancent un flow hip hop qui décapsulent rapidement nos idées préconçues avec méchanceté et un goût de la provocation assez élaboré. Le patchwork d'influences distillent un cru entre rap, rock et électro jusqu'au deathcore sur le titre "Dans nos filets" en featuring avec le groupe Abusrdity. Ce même titre qui finalise l'effort nous prouve bien le talent d'adaptation de nos sales cons... Mais, revenons à l'assemblage et son contenu. Les titres s'enchaînent facilement avec des ambiances diversifiées et en fond de tache, toujours le même leitmotiv, le cul... C'est omniprésent, comme si la connerie humaine dépendait principalement de notre sexualité ! Enculé de chroniqueur, mais j'assume ! Après une petite adaptation et quelques sourires futiles, les thèmes sont finalement bien adaptés et percutent nos sens avec une dérision digne de Lautner. L'effort n'est clairement pas axé sur sa musicalité, mais sur le contenu des textes et les idées qu'ils génèrent en nous. C'est ce coté là de l'oeuvre qui est le plus intéressant, et donne de l'ampleur...
Nos strasbourgeois au slogan "On rap tout fort ce que personne ne pense" cassent le formatage d'un genre, et nous encanaillent avec leurs mots et leurs thèmes puisés dans notre quotidien. On en prend plein la gueule et j'espère que cela va réveiller le con qui dort en chacun de nous... Et comme le disait si bien Michel Colucci "on ne m'enlèvera pas de l'idée que la connerie est une forme d'intelligence"...
Sortie le 1 février 2011 chez FAARK LAB
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