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Bonjour, pourriez-vous tout d'abord nous présenter le groupe YOG et son parcours depuis sa naissance ?
Le groupe s’est formé en 2000 sur les cendres d’un groupe de brutal death metal. J’étais alors à la guitare et au chant et suis passé à la batterie car on ne trouvait pas de batteur pour continuer. C’est aussi un peu parti dans le but de faire un truc plutôt simpliste, sans se prendre la tête. On a commencé avec quelques reprises de Napalm Death car le 1er guitariste et moi en connaissions pas mal en commun. Mais on est vite passés à la compo après avoir engagé le bassiste et guitariste du groupe précédent. Puis on a trouvé un chanteur et on a lancé la machine dans un espèce de crust-grind-hardcore. Après quelques concerts, quelques changements de line-up, un petit enregistrement, divers problèmes, tout s’est cassé la gueule et on s’est retrouvé à 2 (le bassiste et moi) fin 2003. On a recherché du monde pour continuer et c’est comme ça qu’on est tombé sur Matthieu (guitare) et Yonni (chant). On en a chié jusqu’à que tout soit à nouveau en place, mais depuis c’est la totale, on a trouvé le bon line-up et c’est la ligne droite. La preuve, ce premier vrai album dont nous sommes très fiers.
Pourquoi ce nom, une symbolique, une connotation particulière ?
Hahahahaa ! C’est juste de la déconne : notre 1er guitariste avait trouvé ça dans l’urgence d’un 1er concert et on a trouvé que ça sonnait bien. C’était selon lui entre le comique du « yoghourt » et un côté barbaresque. On a gardé.
Quelles sont selon vous vos principales influences musicales et vos orientations actuelles ?
Nous sommes très influencés par tous les trucs barrés des scènes grind-hardcore-chaotique. Mais on est tout autant des fans de Converge, Dillinger Escape Plan, Meshuggah, Ion Dissonnance que de Pig Destroyer ou Neurosis ou même Mastodon ou QOTSA en fait. Nos « priorités » au niveau influences sont dans les trucs les plus arrachés, mais on est écoute plein de trucs différents qui jouent leur rôle dans notre manière de créer la musique.
Vous venez de sortir votre album, pouvez-vous nous nous en dire un peu plus ?
Eh ben c’est ENFIN le premier album ! Avec notre première démo qui date de l’époque du 1er line-up et qui est vraiment orientée crust-grind, puis la 2ème faite super à l’arrache dans notre local de répète et qui contient des trucs encore plus vieux, il était temps qu’on envoie enfin la grosse sauce sur un vrai disque et avec une vraie prod. C’est un vrai aboutissement, ce disque contient des morceaux qui ont été composés sur un période de presque 4 ans !! On a gardé quelques songs qui sont peut-être un tout petit peu « vieillottes » par rapport aux plus récentes, mais ça apporte finalement une belle variété. En tout cas, tout sonne comme on voulait, on est très contents. Super prod, super pochette, et une signature avec un petit label qui grimpe.
Pouvez-vous nous décrire votre dernier album "Years of Nowhere" qui est axé Grind-métal ?
Comme je le disais au-dessus, c’est assez varié au niveau de la compo. Ce disque contient des morceaux vieux de 4 ans pratiquement et des trucs dont on a terminé la mise en place juste avant le studio. Mais on n’a pas cette impression de décalage (c’est ce qu’il nous semble en tout cas). Ca apporte une certaine variété, et de toute manière, nous travaillons à cette variété : nous essayons de ne pas nous répéter et de donner un sens propre à chaque morceau. On garde ce côté grind avec tous ces blastbeats dont nous raffolons, mais on essaie de leur donner des couleurs différentes avec des riffs si possible un peu plus barrés mélodiquement et pas les enchaînements de power-chords dont le grind déborde trop souvent. Tout ça mélangé à ce que DEP et autres Converge ou Meshuggah nous donnent envie de faire. Niveau son, on a voulu quelque chose de bien rock, on ne voulait pas tomber dans le cliché des grosses grattes métal. Matthieu joue Les Paul et Mesa et on voulait faire ressortir cette brillance rock. Et puis la belle grosse basse disto qui ronronne là au milieu, c’est vraiment notre son.
Vos compositions mêlent diverses sonorités. Quelles sont vos principales sources d'inspiration ?
Converge, Dillinger Escape Plan, Meshuggah, Suffocation, Pig Destroyer, Nasum, Ion Dissonnancem, Psyopus, Gojira, Mastodon, etc.
Au niveau matériel, êtes-vous fidèle à vos instruments, ou aimez-vous le changement perpétuel, la découverte de nouveaux instruments ?
Chacun est à sa place avec son instrument, on n’essaie rien de particulier, si ce n’est qu’on commence à chercher à élargir un petit peu la palette des sons de guitare, mais sans abus. Il n’y a qu’en s’immergeant complètement dans son instrument qu’on peut bien le maîtriser. Petit bémol à cette belle théorie : comme j’étais auparavant un guitariste, j’ai un énorme plaisir à m’occuper de la 2ème gratte en studio, mais je dois me replonger 100 % dedans avant de faire mes prises. Ca prend du temps, mais ça vaut la peine, ça apporte un autre feeling.
Que pensez-vos des labels et des systèmes de distribution d'albums métal en Europe ?
Difficile à dire. Ca a l’air de bouger pas mal, mais il y a un maximum de groupes et le marché semble saturé, même pour les scènes extrêmes.
Faut vraiment assurer un max pour réussir à se faire un peu promouvoir et distribuer, plus personne ne veut prendre de risque on dirait.
Comment se passe la composition des mélodies, écriture des paroles, enregistrement dans le processus de création ?
La plupart du temps, j’arrive avec un morceau à la guitare qui est prêt à environ 90 %. On bosse ensuite à 3 pour les derniers arrangements. Matthieu produit de plus en plus de compos à la guitare et on commence à faire ça à 2. Ca amène plus de richesse. Lui est plus mélodique tandis que moi je suis plutôt rythmique. Le mélange est parfait. Puis niveau paroles c’est Yonni ou moi, on se partage le truc, on retravaille des trucs ensemble, puis on pose tout ça sur la musique, en essayant d’être le plus musical possible.
Que pensez-vous de la scène métal francophone et mondiale ? De quels groupes vous sentez-vous proche ?
Ca bouge de plus en plus, il y a de plus en plus de bons groupes. Il y a un espèce de renouveau, de renaissance du rock. Il revient sur le devant de la scène et c’est tant mieux. Le métal en profite bien évidemment. La scène métal français commence aussi à devenir super intéressante. Pour nous, des phénomènes comme Gojira jouent un énorme rôle et enfantent de terribles successeurs. Ca gronde un peu partout. C’est bien. Quant à se sentir proche de groupes, je sais pas trop quoi te répondre. Il y a tous les groupes suisses avec lesquelles on a un bon feeling et avec qui ça fait super plaisir de partager une scène et de se rendre compte qu’on va dans la même direction avec la même attitude. On a eu récemment quelques super expériences et ça fait vraiment super plaisir.
Quel est le dernier disque de musique francophone et étrangère que vous avez écouté ? Qu'en avez-vous pensé ?
Suis plongé dans Gainsbourg ces temps et y’a vraiment des trucs grandioses. Niveau chie, il y a ce dernier disque de Comity qui est fabuleux (de 2006 je crois). Ils viennent de splitter, c’est vraiment dommage. Ca c’était quelque chose au niveau innovation. Une révélation. Sinon, on est plongés dans un truc qui s’appelle Gaza, complètement hallucinant. Les ténèbres du grind-hardcore. Un disque fabuleux qui s’intitule « i don’t care where i go when i die ». Listen.
Comment voyez-vous le futur du groupe ? De nouveau projet, une tournée ?
Une petite tournée d’une dizaine de dates avec nos potes de COIT, du 16 au 26 avril dans votre hexagone. C’est en train de se mettre en place. Venez contrôler régulièrement sur notre site ou sur notre myspace.
En-dehors de ça, on se replonge dans la compo depuis un petit moment et on projette d’enregistrer un petit truc d’ici l’été, pour une éventuelle sortie en split.
Des anecdotes live ou studio à nous conter ?
Euuuuuhhh… Rien de bien croustillant me vient à l’esprit sur le moment. Une chose est sûre : on en a chié en studio, j’avais envie de tuer des gens à la fin de la journée. Cet enfoiré d’ingénieur-son m’en a fait baver comme jamais derrière ma batterie, mais ça valait la peine ! Il s’est super impliqué dans le projet.
Je vous laisse conclure cette interview.
Plus de hard dans le hard.
Merci Fabien pour cette interview de YOG.