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5 AVENUES

Mise en ligne le 11/06/2010 - (Lu 340 fois)

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Au commencement, 5 Avenues était un quintet. Formé en avril 2001, à Marseille, le groupe enregistre deux disques. En juillet 2005, Claire Bernardot et Stéphane Cochini prennent leur envol en duo, accordéon et guitare en bandoulière. Un nouveau départ pour le groupe 5 Avenues, que j'ai retrouvé dimanche 30 mai dans un café du Mont Dore, le P'tit Paris. Rencontre avec Claire et Stéphane, quelques minutes avant leur concert.

Vous vous appelez 5 Avenues, mais vous n'êtes finalement que deux ! Pouvez-vous me raconter l'histoire du groupe, votre rencontre, et ce qui a fait que vous en êtes là , ensemble, aujourd'hui ?

Stéphane : Tout a commencé en 2001, je faisais déjà de la musique et également beaucoup de théâtre. J'ai passé une petite annonce, pour trouver d'autres musiciens avec qui travailler. Claire à l'époque était au conservatoire, je m'en souviens encore, elle m'a appelé, m'a dit "Bonjour monsieur, j'appelle pour l'annonce" (A l'évocation de ce souvenir, ils se regardent et rient tous les deux). Trois autres musiciens ont également répondu à l'appel. On a commencé à travailler tous ensemble. Nous avons ensuite enregistré une maquette mais nous n'avions pas de nom, c'était un problème ! Un jour, on s'est retrouvés dans un café, dans le quartier des 5 Avenues, à Marseille, et on s'est dit "Pourquoi pas 5 Avenues ? "

Claire : Ça nous correspondait plutôt bien, puisque ce nom représentait nos cinq horizons très différents qui se rejoignaient dans notre musique. Tous les cinq, nous avons enregistré deux disques ensemble, "Célestine", et "Par ci par là". En l'espace de quatre ans, il y a eu beaucoup de changements au sein du groupe, mais ces deux disques nous ont permis de découvrir et d'apprendre à travailler autant en studio que sur scène. En 2005, nous avons décidé de continuer notre route seuls, Stéphane et moi. L'enregistrement de notre album "Du spectacle !" nous a permis de mettre fin à l'époque 5 Avenues "à cinq".

Aujourd'hui, donc, vous travaillez tous les deux. Comment se passe la composition, l'écriture des chansons. J'imagine que l'organisation d'un duo est différente de celle qui s'instaure au sein d'un quintet.

Claire : C'est Stéphane qui écrit et compose la plupart des morceaux. Moi, je m'occupe le plus souvent des arrangements.

Stéphane : En fait, lorsque nous étions cinq, Claire jouait uniquement de l'accordéon. Lorsque nous nous sommes retrouvés à deux, il fallait qu'elle puisse être davantage présente sur scène. Elle s'est donc mise à chanter aussi, ce qui est une excellente chose puisqu'elle a une très jolie voix. C'est vrai que c'est moi qui écrit le plus souvent, mais elle me donne régulièrement des thèmes, des idées sur lesquelles écrire. Elle fait également un important travail sur les choeurs.
Claire : On se donne mutuellement des idées, en fait. Stéphane écrit beaucoup de textes plutôt tristes, et moi j'aimerais que l'on fasse plus de chansons gaies. Alors on essaye de mélanger un peu les deux. En fait, depuis qu'on se connaît, je suis en dépression, et lui il va beaucoup mieux ! (Ils rient).

Quand on écoute "Du spectacle !", on retrouve beaucoup d'influences diverses. Je pense en particulier à Noir Désir, Mano Solo ou Yann Tiersen, pour le côté mélancolique. Ce sont des artistes qui font partie de vos références ?

Stéphane et Claire : En fait, nous avons tous les deux des influences complètement différentes, disons qu'on se retrouve sur la chanson, en général. Et qu'on s'inspire tous les deux de nos différentes références.
Claire : Il faut savoir que je suis une grande fan de Michael Jackson, je n'ai quasiment écouté que ça jusqu'à mes 18 ans.
Stéphane : Oui ! Elle a même un tatouage, montre lui ! (En effet, Claire a un très beau Michael Jackson tatoué sur l'épaule)

Claire : Oui, donc, j'aime beaucoup Michael Jackson, mais pas seulement, j'ai aussi beaucoup écouté des groupes comme Noir Désir, les Têtes Raides, La Tordue et les VRP. Mais aussi Paris Combo, ou Rammstein, ce qui n'a rien à voir, mais c'est cette diversité qui nous permet de créer, aussi.

Stéphane : Pour ma part, j'aime vraiment beaucoup Noir Désir, en effet. Je suis fan des Pink Floyd et de Jeff Buckley. Et à l'époque où 5 Avenues a commencé, j'ai beaucoup écouté Thomas Fersen et Yann Tiersen. J'aime aussi beaucoup Mano Solo, même s'il m'a déçu par son attitude, sur scène. J'ai aussi été marqué par Bashung. Et puis au niveau scène actuelle, je dirai qu'un artiste sort vraiment du lot : c'est Sanseverino.

Claire : Disons que ça marche par période : on a écouté de tout, à un moment donné, mais quand on écoute un disque, on l'épuise. On l'écoute jusqu'à n'en plus pouvoir finalement ! (Elle rit)

En concert, 5 Avenues donne à voir autant qu'à écouter. Comment construisez-vous votre set ? Est-ce une lecture différente de l'album que vous proposez ou quelque chose de complètement différent ?

Claire : Certaines chansons qui figurent sur l'album ne sont pas jouées en concert. C'est le cas de "Je ne rentrerai pas" qui est un morceau studio à part entière, qui dépend trop du studio pour être jouée sur scène avec uniquement la guitare et l'accordéon. Lorsque avons enregistré "Du Spectacle !", nous nous sommes entourés de pas mal de copains, qui sont venus prêter main forte et étoffer nos morceaux, avec du trombone, ou de l'hélicon par exemple.

Stéphane : La scène c'est aussi l'occasion de donner autre chose au public. En concert, il y a plusieurs surprises, quelques reprises, des chansons que l'on aime bien, arrangées à notre sauce. Comme "A ton étoile", de Noir Désir, ou "Léo", des VRP, mais on ne va pas tout te dire, sinon c'est plus une surprise, tu verras tout à l'heure !

Vous êtes intermittents du spectacle tous les deux. Quel regard portez-vous sur le monde de la musique aujourd'hui ? Sur ce qu'est la vie et le métier des musiciens ?

Stéphane : On fait un boulot quand même bizarre, il faut le reconnaître. On bosse vraiment énormément, on ne compte pas le temps passé à travailler. On parle sans cesse de musique, notre vie s'articule complètement autour de ça ! En plus, nous on est en couple, alors à la maison on a décidé de ne plus parler boulot, sinon on n'arrêterait jamais ! L'avantage de vivre ensemble et de travailler ensemble, c'est que quand on part sur les routes pour jouer, on a un peu l'impression de partir en vacances ! Même si au final, on s'est pas du tout reposés quand on revient ! Ceci dit, on est heureux comme ça, c'est la vie qui nous convient, on voit plein de belles choses, on rencontre beaucoup de gens. On a de la chance.

En parlant de rencontres, il me semble que ce n'est pas la première fois que vous venez jouer en Auvergne ?

Claire : Non, on est déjà venus à plusieurs reprises ! En fait, il a 2 ou 3 ans, on a participé au festival Sémaphore en chanson à Cébazat. On a gagné 3 prix, le prix de la SACEM, le prix Hippocampus, et le prix Oracle, qui nous ont permis de participer à d'autres festivals en Auvergne. Du coup, quitte à venir, on a commencé à chercher quelques dates supplémentaires dans le coin. On a donc ensuite joué au festival Hippocampus, au Club 22 à Veyre-Monton, à l'Arthé Café à Manzat, à la 2Deuche de Lempdes, ici au P'tit Paris au Mont-Dore, au cabaret A tout va bien à Torsiac (43), à Montluçon.... On a fait pas mal de dates et on a beaucoup apprécié la région, vraiment !

Stéphane : Elle a raison ! A chaque fois on est supers contents de venir jouer en Auvergne, il y a un vrai accueil, une hospitalité naturelle, un échange avec les gens qu'on rencontre, tant le public que les organisateurs de spectacle qui nous accueillent. Un vrai bonheur !

J'imagine que 5 Avenues vous prend beaucoup de temps, mais la plupart des musiciens travaillent de front sur différents projets. Est-ce votre cas à tous les deux ?

Stéphane : Lorsque le groupe "à cinq" s'est arrêté, nous avons choisi tous les deux de continuer à travailler ensemble sur le projet 5 Avenues. Mais il fallait que nous fassions aussi autre chose, chacun de notre côté. On en avait besoin. Moi je suis chanteur et guitariste dans un groupe de rock qui s'appelle Kalis. Je travaille également sur un projet de théâtre-spectacle pour enfants. Claire officie dans un groupe qui s'appelle Délinquante. Et puis nous avons aussi un projet en commun : un cabaret musical qui verra le jour au festival d'Avignon.

Et 5 Avenues, dans tout ça ? Comment envisagez-vous l'évolution du groupe ?

Claire : Avec nos différents projets en cours, nous avons peu de temps en ce moment pour se concentrer sur 5 Avenues. Bien sûr, on travaille toujours ensemble sur de nouveaux morceaux, etc., mais dans l'immédiat on ne fait qu'une ou deux dates par mois avec 5 Avenues. On travaille également sur une formule à quatre musiciens, avec un contrebassiste et un batteur. Le résultat nous plaît beaucoup, on a hâte de pouvoir développer tout ça sur scène. Stéphane : Notre vrai but, c'est de continuer à écrire, à faire de la musique, et de pouvoir en vivre. A court terme, comme l'a dit Claire, l'objectif est de développer notre formule quatuor. On prend vraiment beaucoup de plaisir à jouer avec d'autres musiciens, on redécouvre notre propre musique et ça, c'est vraiment très agréable.

Le café commence doucement à se remplir. Avant de vous rendre à votre public, je vous remercie pour cette agréable rencontre, et je vous laisse le mot de la fin ?

Merci à toi, et à très bientôt on l'espère !

Elodie pour Zikannuaire.com








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