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Andréel fait ses débuts dans les cafés parisiens au sein du groupe Les p’tits joueurs à la fin des années 90, puis sous le nom d’Andréel depuis 2002. Il poursuit son aventure scénique en indépendant, au fil des concerts, des festivals et des plateaux partagés (Alexis HK, David Lafore, Franck Monnet, Rue de la Muette, Anais Kaël...). Grace à internet, il a pu se faire connaître dans d’autres pays, vendre des disques au Japon, donner des concerts en Suisse, en Allemagne… Et peut-être bientôt près de chez vous !
D'un album à l'autre ... En 2003 sort le premier album d’Andréel, "Ligne 2". Il s’est entouré de jazzmen et musiciens brésiliens pour un opus très métissé aux accents de bossa nova et aux arrangements fournis.
« Ligne2 » avait été enregistré pendant un mois en studio. « Un homme d’intérieur » le sera en trois jours en 2005, dans la foulée des concerts incessants où Andréel se brûle sur scène. Un son qui en restitue la chaleur.
« Mon œil ! » est un album d’un nouveau genre dans la vie d’Andréel. Enregistré en home studio, c’est une œuvre totalement personnelle puisqu’il est l’auteur non seulement des textes et des compositions, mais aussi des arrangements et de la réalisation.
Comment es-tu devenu chanteur en 2002 ?
Je chantais depuis 95 dans un groupe d’amis qui écumait les bistrots, « les p’tits joueurs ». En 2002 j’ai commencé une carrière solo et un premier album en 2003.
Dans la vie, es-tu plus optimiste que tes chansons ne le laissent penser ?
Je suis assez optimiste dans ma vie quotidienne et je sais que je peux compter sur ceux qui m’entourent. Mais certains comportements m’écoeurent, le pouvoir, la violence, l’individualisme … Et comme le mal est souvent dominant, ces comportements nous gouvernent. Aie aie aie ! En musique aussi le Don quichottisme est parfois fatiguant … la création est parfois malmenée. Il faut rester sur le sentier du plaisir. Même éviter l’autoroute.
On est toujours sur un fil entre humour et mélancolie dans ton univers…Serais-tu une sorte de clown triste, de Charlie Chaplin ?
J’aimerais bien. J’adore Chaplin. Mais n’en ai pas encore le talent (sic). Tout est là, dans la confrontation des deux. Je suis plus un clown blanc qu’un clown rouge. J’adore Bourvil. Mais faut avoir la gueule … Dans les musiques brésiliennes, on retrouve aussi ce rapport entre la saudade et des rythmes balancent.
Ton album « Mon œil » date de 2007. J’imagine que depuis, tu as écrit d’autres chansons…qu’il y a peut-être même un 4ème album à venir ?
Oui, j’ai écrit assez de chansons pour enregistrer un nouvel album. Mais pas encore trouvé l’angle magique du projet nécessaire à l’emballement !
Nous nous sommes rencontrés lors des « Rencontres Matthieu Côte » à Cébazat en novembre dernier, occasion pour les professionnels de la musique de faire leur marché en quelque sorte. Comment as-tu vécu cette journée ?
C’est un chouette festival. Tous les gens que j’ai croisé avaient l’air heureux d’y être et à l’écoute des nouveaux talents.
Tu as l’air d’un artiste plutôt réservé, un peu en retrait de tout ce qui touche à la promo…Pas très à l’aise quand il s’agit de te vendre…
Tu as raison, je ne suis pas fait pour ça. C’est un métier en soi.
Tu me donnes aussi l’impression d’être assez solitaire. Ecris-tu tes chansons tout seul ou tes musiciens collaborent-ils à la création ?
J’écris et je compose tout seul, comme un peintre. C’est un plaisir immense.
Peux-tu nous présenter les gens avec qui tu travailles ?
Les musiciens avec qui je joue en ce moment : Hélène Vouhé, qui joue de la clarinette soprane et basse. On s’est rencontrés il y a quelques années aux chantiers des Francofolies de la Rochelle et depuis on ne s’est plus quittés. Simon Drouin, guitariste et percu de diable et Elodie Brémaud, violoncelliste et tromboniste.
Jusqu’à quel point tes chansons sont-elles autobiographiques ? Le sont-elles ?
Oui. Je n’écris pas des histoires, je ne dresse pas de portraits… Pas pour l’instant. Je fonctionne plus selon mes émotions du moment.
Derrière ton côté gentil, tu parles de la situation des sans-papiers, sujet qui revient à plusieurs reprises dans ton répertoire. Elle te met en colère notre société égoïste ?
C’est une ignominie. On peut éprouver beaucoup plus de joie à aider un sans papier ou n’importe quelle autre personne dans le besoin qu’à regarder un match de foot. Certains devraient essayer.
Quels sont les sujets que tu aimerais aborder dans ton prochain album ?
Ce sera un album hors sujet.
Musicalement, tu fais de la chanson française jazzy. Dans quel genre de salle te produis-tu et quel genre de public attires-tu ?
Je ne connais pas mon public car je suis myope. Mais j’entends peu de cris d’adolescentes. Je n’ai pas encore reçu de petite culotte sur la tête. Je préfère jouer dans des théâtres plutôt que dans des scènes ouvertes.
Que va-t-il se passer pour toi en 2010 concrètement ?
Je vais rencontrer des gens formidables, je n’aurais pas la grippe H1N1, faire des concerts à craquer, mon banquier va m’appeler et me féliciter pour la bonne tenue de mon compte et personne ne va mourir autour de moi. Non, personne ! Même pas toi.
Lucy pour Zikannuaire.com
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