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AkromA

Mise en ligne le 03/12/2009 - (Lu 1493 fois)


 


Forts du succès de leur premier album « 7 » particulièrement bien accueilli, les membres d’AkromA sortent aujourd’hui un nouvel opus dénommé « SETH ». A la croisée entre les derniers Dimmu Borgir aux orchestrations grandioses et les riffs endiablés des meilleurs Dream Theater, SETH se pose à la fois comme une œuvre extrême, technique et symphonique.

Après s’être attaqués aux 7 péchés capitaux, c’est aujourd’hui le thème des 10 plaies d’Egypte que AkromA a souhaité aborder. Un concept apocalyptique où la main vengeresse du dieu Seth détourne les 10 fatalités bibliques pour répandre misère, terreur et mort. Les 10 titres magnifiés par les guitares tranchantes de Matt Morand (Elvaron), les claviers dantesques de Flavien Morel (Benighted Soul, Logruss), la basse ronflante de Nico Colnot (Elvaron), le chant aérien de Lulu (Angalys) et la voix écorchée de Bob Germonville (Darwin’s Theory, Scarve) sauront, à n’en point douter, ravir les amateurs de metal extrême, violent, orchestral et technique. Une fois encore AkromA s’est alloué les services de guitaristes hors-pair qui distillent un solo sur chacun des 10 titres de SETH. On retrouve ici les musiciens suivants :

  1. Christophe Danjon du groupe Exulan  ;
  2. Benjamin Sertelon du groupe Resilience
  3. Thibault Coisne du groupe Syrens Call
  4. Bertrand Drécourt, leader de Innerchaos et Third Eye
  5. Alex Hilbert, ex-Nightmare et actuel Lonewolf
  6. Nicolas Soulat du groupe Outcast
  7. Hugo Lefebvre, guitariste du groupe Anthropia
  8. Pascal Lanquetin de Carcariass
  9. Victor Lafuente, guitar-hero français, pédagogue et démonstrateur Vigier
  10. Thomas Leroy qui vient de sortir un premier album instrumental sous son nom.

Patrick Germonville, chanteur des cultissimes Mortuary, invité sur cet opus, y joue le rôle dieu Anubis, ennemi juré de Seth.

Le magnifique livret 20 pages a été confié à Essgraphics qui a su évoquer de la plus belle manière le concept des 10 plaies d’Egypte. 

Hello, je suis extrêmement flatté de vous avoir en entrevue. Nous allons commencer par le début, afin de bien orienter nos lecteurs, quel est le concept et l'univers d'AkromA ?

Merci à toi de nous proposer cette interview ! AkromA est un groupe né en 2003 au hasard d’une rencontre avec Bob Germonville qui venait alors de quitter Scarve. De mon côté j’avais quelques titres trop extrême pour Elvaron mais que j’avais envie d’exploiter. Nous avons donc décidé de travailler ensemble sur un concept assez extrême, un Black Métal qui serait à la croisée entre la furie de Cradle Of Filth et la virtuosité de Dream Theater. Nous avons donc proposé un premier album chanté en français qui regroupait pas mal d’invités autour du thème des 7 péchés capitaux. 7 titres de 7 minutes dans 7 tonalités différentes avec 7 invités pour poser des solos de guitare. Ce premier opus a été particulièrement bien reçu par les médias et nous avons conquis de nombreux fans. Du coup, on a commencé en 2006 à travailler sereinement sur le successeur de « Sept ». Après un changement de line-up, nous avons décidé de nous atteler à un autre thème biblique, à savoir les 10 plaies d’Egypte, que Bob a adapté à sa manière.

Vous n'êtes pas conventionnel en faisant du black métal avec un chant dans notre langue de Molière ? Chose rare, une volonté de votre part ou cela vous parait naturel ?

Disons que Bob avait écrit ses textes en français au départ et il pensait les traduire pour l’album. Néanmoins, j’ai trouvé son écriture particulièrement pertinente, fluide et passionnante en français. Nous avons donc fait un test sur un titre, juste 4 phrases pour voir… on s’est regardés et on s’est dit qu’on devait le faire en français que ça rendait vraiment bien. Nous sommes parvenus à nous détacher de tout ce qui peut se faire en chant français, extrême ou non, par une approche vraiment particulière de la technique vocale de Bob. Il s’inspire avant tout de ses modèles, de ses idoles : des groupes comme Cradle Of FIlth ou encore Emperor.

Comment avez-vous élaboré votre style si particulier ?

Je crois que c’est venu assez naturellement. J’ai un style d’écriture qui est reconnaissable et qui associé à la voix de Bob donne du AkromA. Beaucoup de gens nous disent que AkromA est unique, que ça sonne comme du AkromA… c’est un merveilleux compliment. Sans forcement à le chercher, nous avons créé une véritable identité musicale.

Sur vos albums "Seth" et "Sept", vous distillez des thèmes très spécifiques en rapport avec une certaine mythologie et que les péchés capitaux et sur l'Egypte sur le dernier opus ? Un goût prononcé pour ces sujets ?

Je suis dingue des albums conceptuels. Plein de gens trouvent ça ringard, dépassé, moi je trouve au contraire que c’est une démarche artistique tout à fait logique. Il s’agit là de proposer quelque chose de cohérent sur la durée et non pas d’exploiter 15 sujets différents qu’on ne maitrise pas forcément. Le choix de thèmes Bibliques est venu naturellement aussi. La Bible est une manne sans fin de thèmes à mettre en musique. Pour le premier opus autour des 7 péchés capitaux, nous voulions surtout nous écarter au maximum d’une possible mise en parallèle avec Seven, le film de David Fincher. Le scénario proposé par Bob est vraiment bien ficelé avec cette histoire d’avocat qui défend des cinglés et qui finit par perdre la boule. Concernant notre nouvel album « Seth », il se trouve que Bob est passionné par l’Egypte ancienne et qu’il n’a eut aucun mal à proposer un scénario original autour de ce thème basé sur la vengeance du Dieu Seth. Il revient sur terre pour faire subir à la population les 10 plaies d’Egypte telles qu’elles sont évoquées dans la Bible, au rythme d’une plaie par jour !

Une autres caractéristiques du projet AKROMA, un titre égal un invité de prestige ? Comment est né ce concept ? Qui en a eu l'idée première ?

Au départ, il n’était pas prévu de solos. Effectivement le black métal n’est pas le genre de référence pour les solos ; dans Cradle Of Filth il n’y a pratiquement pas de solo et dans Dimmu Borgir, aucun. Mais en fait notre album de référence était plutôt Nexus Polaris de Covenant (maintenant c’est The Kovenant) et là il y a du solo de guitare. En fait, quand est venue la question des solos, je n’avais pas envie de proposer quelque chose de trop proche d’Elvaron, de part mon style de jeu, je me suis dit que ça serait sympa d’inviter d’autres guitaristes à les faire. J’ai commencé à contacter des guitaristes que je connaissais.

Le concept a t'il été compliqué à mettre en œuvre ?

Pas vraiment. Une fois le scénario décidé, Bob a écrit ses textes relativement vite. Je me suis basé dessus pour écrire les dix titres. Le processus a été très fluide.

Les labels vous suivent ils sur la démarche ? Où passez-vous pour des extraterrestres ?

Ca n’a pas été évident de trouver un label pour suivre notre projet. Heureusement Laurent Bocquet de Thundering Records connaît bien ma capacité d’écriture et a été séduit par AkromA. C’est une chance pour nous. Au départ, je crois que tout le monde était assez sceptique sur ma capacité à réunir autant d’invités sur un disque… mais je suis coriace, je ne lâche pas un projet avant son terme. Nous sommes d’avantage des passionnés que des extraterrestres. Maintenant je pense qu’avec deux albums sous le bras, notre propos est crédibilisé.  

Comment mettez-vous en place tous les invités sur les morceaux ? Chacun fait sa ligne dans son coin et vous intégrer le tout au morceau final ?

C’est un peu ça. Je contacte le musiciens, je lui envoi le titre sur lequel je veux qu’il intervienne. La seule directive c’est l’endroit où l’intervention doit commencer et où elle doit finir, pour le reste, c’est carte blanche. Je récupère ensuite l’enregistrement que j’intègre dans mon mixage. C’est en réalité assez simple. Evidemment, je m’arrange pour que tout soit parfaitement intégré à la musique, c’est le plus gros travail du mixage.

Parmi les invités présents sur le dernier opus, vous jouez la carte de l'éclectisme. Avec des gens métal prog comme Thibault de Syrens Call et plus heavy comme Alex de Nightmare. Je remarque d'ailleurs la présence d'un ami Victor Lafuente (ce qui m'enchante) qui lui est plus dans un style aérien et posé... comment c'est fait le choix des tous ces guitaristes ?

Bertrand Drécourt d’Innerchaos a été le premier à dire ok. J’ai réussit facilement à convaincre Thibaut Coisne de Syrens Call et Pascal Lanquetin de Carcariass car nous sommes dans le circuit depuis pas mal de temps et que nous nous connaissions au moins de réputation. Je n’ai jeté mon dévolu que sur des guitaristes dont j’apprécie le jeu. Comme Bob jouait à l’époque avec Darwin’s Theory, nous avons fait appel à Alexis Baudin plus connu pour son poste de guitariste de Mortuary. Ensuite, j’ai contacté d’autres guitaristes de renom qui ont décliné l’offre ou qui me demandaient une participation financière… hors nous n’avions pas un sous pour faire ce premier disque. Nicolas Soulat d’Outcast m’a été chaudement recommandé par Laurent Bocquet le label manager de Thundering Records. Je ne le remercierai jamais assez car Nico est un excellent compositeur et il bosse pour nous sur l’écriture du prochain Elvaron. J’ai eu également l’honneur d’avoir Alex Hilbert qui jouait alors dans Nightmare, c’est un vrai monstre de technique et de feeling. Et pour finir Ben Sertelon qui m’a été recommandé par Adeline Gurtner qui a proposé un solo très organique dans l’approche du son et surtout lui aussi plein de feeling.

Pour le deuxième album, il y a 3 titres de plus. Et comme Alexis Baudin a été mis volontairement sur la touche, j’avais 4 possibilités d’invitations. Donc j’y suis allé plutôt au plaisir. J’ai invité mon ancien prof de guitare, Christophe Danjon qui joue dans Exulan. C’est vraiment particulier car c’est lui qui m’a amené à un vrai travail sur l’instrument, qui m’a donné une méthode, qui m’a fait prendre conscience de l’importance de la théorie et m’a apprit à construire mes solos. C’est un vrai tueur, une vraie légende vivante en Bourgogne. Ensuite j’ai invité Victor Lafuente un vieux pote du temps du CMCN (actuel MAI). Il a fait quelques vidéos pédagogiques et il est démonstrateur pour les guitares Vigier. C’est un vrai tueur, grand technicien : sweeping, tapping, legato, il assure dans tous les domaines. C’est lui qui m’a fait découvrir Jason Becker et Marty Friedman, moi qui ne jurai alors que par Malmsteen et Steve Vai. Ensuite Hugues Lefebvre d’Anthropia et moi avons un ami commun qui nous a mis en relation. J’ai adoré le premier album d’Anthropia et je suis très fier de l’avoir sur « Seth ». Pour terminer, Thomas Leroy qui m’a été recommandé par le graphiste qui a réalisé l’artwork de l’album. Thomas a sorti un premier album solo il y a quelques temps, j’avoue que je ne le connaissais pas avant. Il a enregistré un solo exceptionnel avec un son que j’adore type stratocaster micro manche. Ce qui est vraiment génial c’est que comme chacun de joue qu’un seul solo, ils ne se mettent aucune barrière, aucune limite et ça donne des solos absolument exceptionnels à tous les niveaux : technique, feeling, sonorité.


Chacun apporte sa patte et son propre son, où vous les dirigez selon une ligne de conduite bien précise ?

Non, comme je te le disais, chacun à carte blanche. L’important c’est qu’il fasse ressortir sa personnalité, son style.

Sur le prochain album, je peux te proposer une liste de guitariste ?  (rires)...

Oui, bien sûr, je vais avoir besoin de sang neuf alors…

J'aime beaucoup ce concept, pensez-vous un jour faire un live avec tous ce beaux monde sur Scène, une espèce de G10 French ?

Question logistique ça représente un défi. J’aimerai déjà qu’on puisse se retrouver tous autour d’une table pour fêter la sortie du disque !

La scène ne serait il pas un aboutissement de la partie studio d'AkromA ?

Non. AkromA est et restera un groupe studio.

Comment défini tu, l'entité AkromA ? Groupe de studio ? Concept musical ?

AkromA est désormais au-delà d’un simple projet, c’est une entité musicale en marche. Nous allons continuer à proposer des albums conceptuels, a priori sur des thèmes extraits de la Bible.

Question bête, pourquoi ce nom AkromA ? Une signification particulière ?

AkromA est l’ange de la colère dans le jeu de carte à collectionner Magic The Gathering® dont je suis un joueur repenti. J’ai toujours trouvé que ce nom claquait bien.

La collaboration avec Patrick Germonville (Mortuary) qui joue le rôle d'Anubis est surprenant. Patrick a prit cette invitation comme un jeu ou de façon très sérieuse ?

Patrick est toujours très sérieux quand il s’agit de musique. Et puis étant le frère de Bob, ça nous paraissait naturel de faire appel à lui. C’était par contre la première fois que je travaillais avec lui et j’avoue que ça me tente bien de réitérer l’expérience. C’est évidemment un excellent chanteur de Death Métal et une vraie légende en Lorraine.

Dans vos rêves les plus dingues, aimeriez-vous un jour réaliser un album concept avec le gratin mondial, et avec qui ?

Oh que oui ! Budget illimité ? J’invite mes idoles : Mike Portnoy à la batterie et pour les invités guitaristes, partons sur Steve Vai, Jennifer Batten, Orianthi, Jeff Loomis, Marty Friedman, Reb Beach, Zack Wylde, Kai Hansen… Quelques apparitions vocales de Bobby Elsworth, Tom Englund, Dave Mustaine, Dani Filth, Shagrath

De quel groupe ou artiste te vous sentez-vous artistiquement les plus proches ?

Sans hésiter : The Kovenant particulièrement l’album Nexus Polaris.

Quel est le dernier disque que vous avez écouté ? Qu'en avez-vous pensé ?

Le dernier album que j’ai acheté c’est Crack The Skye de Mastodon, c’est une tuerie. Autrement aujourd’hui j’ai écouté le deuxième album d’Orianthi, Believe, ça balance pas mal aussi.

Quels sont vos projets dans les mois à venir ?

Personnellement je travaille sur le prochain album d’Elvaron et j’aimerai commencer à composer le 3ème album d’AkromA dès que Bob m’aura proposé quelques textes.

Des anecdotes studio à nous faire partager ?

Chaque prestation de Bob est une anecdote en soi ! Ces moments sont uniques car nous nous amusons beaucoup.

Je vous laisse le mot de fin...

Merci encore pour toutes tes excellentes questions. J’espère que j’ai réussit à capter quelques lecteurs qui seront séduits par notre musique et qui nous soutiendront en achetant notre album. Autrement, pour les sceptiques, il y a du son sur notre MySpace.

Petit mot de Victor LAFUENTE sur sa collaboration avec AkromA.

Hello Victor, comment s'est passé le premier contact avec AkromA, et cette collaboration t'a t'elle séduit de suite ?

En fait, j’ai connu Matt lorsque j’étais au CMCN à Nancy (maintenant MAI), il était également guitariste et on passait pas mal de temps ensemble. Il y a quelques mois, j’ai eu la surprise de recevoir un message de sa part sur mon Myspace : je ne l’avais pas revu depuis le CMCN. Il me proposait notamment de participer à son album en composant un solo sur un de ses titres. Ça m’a branché de suite car j’avais entendu parler du premier album sur le concept des 7 péchés capitaux et l’album suivant se baisait sur les 10 plaies d’Egypte. J’ai toujours aimé les albums conceptuels, qui développent une idée qui sert de fil conducteur. Outre le plaisir de collaborer modestement à ce projet, ce qui m’a intéressé c’est de me mettre au service d’un style musical qui n’est pas celui que je pratique habituellement et de m’adapter. C’est ce que j’ai essayé de faire au mieux.

Tu as travaillé le morceau chez toi, tu avais carte blanche de la part du groupe, ou tu as rencontré les membres d'AkromA ?

Tout s’est fait par internet. Matt m’a envoyé le backing track du titre « les moustiques » en m’indiquant le minutage sur lequel il voulait que j’intervienne. Je crois qu’au départ, le morceau n’était pas complet, il manquait encore quelques voix et d’autres parties lead. Pour ma partie, j’avais complètement carte blanche, mais en même temps le style exigeait très clairement un certain type de solo. En effet, le tempo soutenu et la rythmique syncopée des riffs appelaient à la mise en place d’un solo assez technique. Je me suis donc attelé à la tâche pour proposer un solo assez chaud à jouer, au travers duquel mon approche mélodique transparaît tout de même.

Que t'a apporté cette expérience ? Et le fait de jouer sur un album avec une partie de la fine fleur guitaristique française ?

Au départ, j’ai surtout été content que Matt pense à moi. Cela signifie qu’il jugeait que je pouvais, artistiquement, apporter une touche, une valeur ajoutée à une partie d’un de ses titres. Par ailleurs, personnellement, cette collaboration m’a permis de tester mon adaptabilité, ma capacité à me mettre au service de la musique d’un autre artiste. En effet, cela suppose d’être capable de trouver l’équilibre entre ce que demande le titre et ce que je peux faire passer de ma propre sensibilité musicale.

Prêt à recommencer ce type de collaboration ?

Globalement oui, mais cela dépend de mon temps disponible, de l’intérêt du projet et du feeling que je peux ressentir envers la musique proposée.

Merci de nous avoir consacré un peu de temps pour nous parler de ce projet !

Je t’en prie. Merci à toi ! Je suis toujours disponible pour Zikannuaire (Rires)

Gérard pour Zikannuaire.com



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