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Gasolïne

Mise en ligne le 02/11/2009 - (Lu 1204 fois)


 


Formation actuelle existante depuis fin 2007. Gasolïne est un power trio qui propose un punk’n’roll énergique et significatif à travers une rythmique foudroyante, des riffs ciselés avec des voix entraînantes accentuant le dynamisme contagieux si propre au groupe.

Influencé au départ par la scène hardcore mélodique hexagonale (Seven Hate, Burning Heads ou encore Flying Donuts, palpable dans le premier et récent EP), le groupe se dirige désormais vers des textes en français caractérisant une envie de décrypter le cynisme du monde actuel. La musique évolue aussi vers une efficacité plus évidente dans les dernières compos du groupe fleuretant ainsi avec la pugnacité de la scène punk actuelle francophone (le catalogue Guerilla Asso en exemple), teintée parfois de sonorités plus lourdes que l’on peut retrouver dans des formations telles que les  Flying Donuts ou encore  les Unco.

Trop longtemps enfermé dans son local de répétition pour enfin accoucher de son premier EP 7 titres « Dessine moi un monde » en juin 2009 , le groupe a aujourd’hui soif de concerts pour défendre ce premier enregistrement, s’éclater sur scène et surtout donner du plaisir aux gens. Nous nous déplaçons partout !

Bonjour, pour commencer racontez-nous la petite histoire du groupe ?

Tout d’abord, Gasolïne est née d’une passion commune de deux frères pour la musique punk-rock. C’est à la batterie que je vais m’épanouir dés le départ pour me perfectionner au fur et à mesure du temps. Mazzo, mon frère, est à la guitare et Boul, un pote de longue date, à la basse. Après de fructueuses répétitions, les morceaux prennent rapidement forme pour aboutir vers un punk rock rappelant l’affiliation au hardcore mélodique hexagonale teinté d’un son peut être plus garage. Alors que les concerts commencent à s’enchaîner fin 2005, Boul décide de jeter l’éponge pour des raisons familiales, par manque de temps et donc d’investissement. De longs mois vont s’écouler avant que fin 2006, Bouclette ancien batteur d’un groupe punk-rock, Plod, vient nous rejoindre. Bouclette troque alors la batterie de son ancienne formation pour la basse. Instrument qu’il affectionne tout particulièrement.  Une véritable identité se crée, une osmose dans les compos se ressent dés le départ. Bouclette, en plus de ses facilités indéniables à la basse et au chant possède aussi une personnalité qui correspond tout à fait au groupe. Cette polyvalence va apporter au groupe une dimension mélodique qui était contre balancée jusque là par l’énergie des compos.  Au fur et à mesure, l’importance des textes fait aussi sa place. Un besoin indéniable de nous exprimer, de donner notre point de vue sur le quotidien se fait ressentir. Nous travaillons alors sur notre premier EP 7 titres. Bouclette, à travers son expérience de la scène punk-rock et du studio avec son ancien groupe, nous a permis de  repartir de bon pied et de revenir sur la scène début 2009 en défendant notre première galette « dessine-moi un monde ». La locomotive roule désormais à vive allure et n’est pas prête de s’arrêter. De nombreux projets trottent dans nos têtes : un maximum de concerts, un EP acoustique fin 2009 et un album se prépare pour l’été 2010.

Pourquoi ce drôle de nom Gasolïne? Une  signification particulière?

Cayas, un pote dessinateur qui a d’ailleurs illustré le livret de notre premier EP, associe Gasolïne au prénom d’une petite fille pyromane, prête à embraser tout ce qui lui semble inutile. Cette petite fille, représentée dans le livret et au verso du boîtier CD, reste un peu notre mascotte. Le tréma sur le ï est un clin d’œil à Motörhead et la connotation énergique de la Gasolïne  en relation avec nos compos nous plaisait également. Cependant, le choix du nom du groupe est d’abord né d’une volonté d’interpeller les gens sur la notion de contradiction présente dans les choix et les réflexions de chaque individu. La Gasolïne, le pétrole, représente et rassemble assez bien tout ce que nous détestons sur cette planète : la cupidité, le pouvoir et la pollution.  Pourtant, nous avons choisi ce nom afin que les gens puissent y réfléchir…à cette Gasolïne. Cette surconsommation de l’énergie fossile est à l’origine de nombreux maux, et nous sommes partisans sur le fait de pointer du doigt ce qui nous dérange plutôt que de l’ignorer.
 
Quel genre musical vous définit le mieux, et quelles sont vos principales influences?

Le style qui nous définit le mieux reste le punk’n’roll. Nous avons grandi en écoutant des groupes punk-rock de la scène française telle que Burning Heads et Seven Hate pour ne citer qu’eux. Il est clair que ces influences sur notre premier EP se ressentent. Maintenant, je pense que l’identité du groupe est réelle avec un son nettement plus garage et old school que les groupes cités précédemment. Nous écoutons énormément de formations différentes. Cela peut aller de la nouvelle scène punk française (les groupes de Guerilla Asso notamment), en passant par le Hardcore New-Yorkais Old School, ou encore le Rock’n’Roll pour son côté swingant. Ce mélange de cultures streets se ressent plus que jamais dans nos nouvelles compos. Nous avons également un grand respect pour la culture folk.

Vous êtes un power trio? par nécessité ou simplement par goût du combo minimaliste qui va à l'essentiel ?

Question intéressante. Pour nous, être un power trio, c’est avant tout une envie d’aller à l’essentiel. Cette envie d’optimiser la puissance de chaque instrument pour une meilleure efficacité du morceau. Personne ne peut se cacher derrière l’autre et chacun doit envoyer le bousin, c’est aussi ça un bon power trio. 

Êtes-vous un groupe taillé pour le studio ou la scène ?

Nous sommes plus à l’aise sur scène qu’en studio. Cela se justifie certainement par le manque d’expérience dans ce domaine. Le stress se fait plus présent en période d’enregistrement. On apprend cependant à le maîtriser. La spontanéité et la fraîcheur de nos lives ne sont pas évidentes à restituer sur une galette. Heureusement, le côté énergique de nos compos nous permet de minimiser cette différence. Il faut aussi que l’on apprenne à être plus rigoureux en studio. Nous avons laissé trop de place à l’imprévu dans nos premiers enregistrements mais c’est un peu normal, nous apprenons.

Expliquez-nous votre  processus de création, qui fait quoi?

La manière de composer à trois reste une composante indéniable d’efficacité. Principalement lorsque la majorité des morceaux partent de riffs retravaillés au fur et à mesure pour optimiser les lignes de chant par ex. J’ai l’impression que pas mal de groupes composent la musique en premier pour poser le chant par la suite. C’est ce que nous faisions au début. L’efficacité d’une bonne chanson est alors souvent délaissée au détriment d’un riff ou d’un plan de batterie. Difficile de tirer le maximum de chaque instrument pour obtenir un bon titre. Une chanson, c’est parfois comme un puzzle. Le fait d’être trois permet de ne pas se compliquer la tâche et c’est certainement mieux ainsi. Nous partons généralement de riffs avec une ligne de chant déjà travaillée en conséquence. Le groupe bosse ensuite sur la structure, le tempo qui nous plaît le plus et l’atmosphère de la chanson que nous recherchons. Nous laissons le temps faire son travail et retravaillons ensuite en ayant du recul pour apprécier au mieux notre boulot.

Vous chantez en français, c'est une volonté de mieux faire passer vos idées et vos thèmes?

Tout à fait. Il faut savoir que nos premières compos ont été écrites avec des textes en anglais. Quatre figurent d’ailleurs sur l’EP. Après concertation, nous avons décidé d’écrire en français afin de mieux mettre en avant le sens de nos textes. Les gens qui nous écoutent pourront ainsi mieux appréhender notre univers à travers notre langue maternelle. Le sens des paroles a une place de plus en plus importante dans le groupe.

Au niveau matériel, êtes-vous fidèle à vos instruments, ou aimez vous le changement perpétuel, la découverte ?

A l’instar des Beastie Boys, que nous adorons, nous n’échangeons pas encore entre nous les instruments sur scène. Cependant, chacun  maîtrise avec plus ou moins d’aisance plusieurs instruments. Bouclette joue plus ou moins de tout ainsi que Mazzo. De mon côté, je m’intéresse de plus en plus à la basse.

Vivez-vous de votre art?

Non et même si nous le souhaiterions, ce serait peine perdu ! A moins de tourner comme des malades. Il faudrait d’abord rencontrer un certain succès et je ne pense pas que nous rentrions dans les normes standards…(rires). Nous bossons tous dans des domaines non liés au monde musical. Cela nous permet de garder le contrôle absolu et une liberté totale dans notre musique. Nous faisons notre truc en se foutant complètement de telle ou telle mouvance. Pas besoin de se prostituer pour atteindre les objectifs de l’intermittence.

Que pensez-vous de la scène punk actuelle française?

Apparemment, elle ne se porte pas trop mal. Ces dernières années, est apparue une multitude de groupes se réclamant de la nouvelle scène influencée par l’esprit Guérilla Asso. Ce qui est plutôt cool. Beaucoup de second degré dans l’état d’esprit. Cette ligne de conduite permet de dénoncer efficacement quelque part les aléas de cette jolie vie moderne. Le discours se veut moins politisé peut être que nos aînés comme les bérus par ex. Les textes font référence à un quotidien de plus en plus oppressant à tous niveaux et la jeunesse française s’y retrouve plus que dans un discours engagé plus consensuel.Ce qui est plus inquiétant, c’est la difficulté pour les groupes à trouver des concerts dans des conditions respectables. Personne n’ignore que la culture n’est pas la priorité de nos têtes pensantes encore moins le punk-rock. Des salles ferment et des assocs meurent pour moins d’ouvertures et de créations. Il est important que la nouvelle génération en ait conscience. Ne râlez pas s’il n’y a pas de concerts par chez vous. Bougez-vous et organisez-les. C’est aussi ça le DIY.

Vous venez de sortir votre premier sept titres "Dessine moi un monde", pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le contenu ?

Il s’agit donc d’un EP 7 titres entièrement autoproduit sorti récemment en juin 2009. Ce disque est le fruit d’une collaboration entre potes qui nous ont aidés bénévolement dans le domaine de l’enregistrement, du dessin et du graphisme. Encore un grand merci à Xav, Cayas et Orlane. Cette aventure nous permet de proposer le skeud à 2€ en concert ou dans les points de vente ardennais pour l’instant. (4€ avec les frais de port sur notre myspace) . Le son est plus que correct, le livret à l’intérieur est agrémenté des dessins merveilleux de Cayas. Le but est d’abord de faire partager notre musique en proposant un objet au contenu intéressant. Seul le bénéfice humain et musical nous intéresse mais nous faisons attention à ne pas perdre d’argent non plus évidemment. Cet EP regroupe principalement nos premiers morceaux que nous souhaitions sortir depuis un certain temps. Ils font parti pour la plupart de notre set en live même si nous avons déjà évolué notamment au niveau du chant en français dans nos dernières compos. L’ambiance du skeud est très énergique. 20 bonnes minutes d’un punk-rock fleuretant parfois avec des sonorités garages. Une espèce de Seven Hate moins rapide qui aurait écouté les Clash avant d’enregistrer.

Comment allez-vous communiquer la sortie de  votre album?

A travers les circuits plus ou moins classiques. Nous essayons de communiquer au maximum à travers les structures existantes pouvant nous appuyer pour nous faire connaître et nous chroniquer comme les fanzines, les webzines, les radios, webradios etc. On peut se procurer notre album via notre myspace, à nos concerts et dans certains points de vente locaux. Ah ça y va la promo ! (rires)

De quel groupe vous sentez-vous artistiquement les plus proches?

De Mika et Coldplay.(rires). Plus sérieusement, on se sent proche artistiquement des groupes que l’on retrouve chez Guerilla Asso en règle générale. D’une part par l’état d’esprit puis ensuite musicalement. Nous avons également un grand respect pour la scène hardcore mélodique hexagonale : les regrettés 7 hate, les Burning, lesUnco ou encore les Flying Donuts. Au niveau international, des groupes comme Anti-Flag, Against Me, The Bronx ou encore les Flatliners, retiennent notre attention. Nous aimons aussi la culture folk, le hardcore, le street punk assez old school. Il y a plein de bonnes choses dans beaucoup de styles, mais en règle générale nous nous sentons proches de groupes qui nous semblent sincères dans leur démarche musicale.

Pensez-vous que myspace est l'outil indispensable afin de promouvoir un groupe actuellement?

Indispensable je n’irai pas jusque là. Concernant le groupe, Myspace est un moyen efficace de se mettre en relation avec des groupes pour organiser des concerts et promouvoir notre EP. Il faut juste savoir utiliser les nouveaux outils de la communication à bon escient et sans exagération. C’est notre point de vue. Ceci dit, avant que cette technologie existe, cela n’empêchait pas les groupes d’exister, de faire des concerts et de vendre des skeuds.

Quel est le dernier disque de musique française et étrangère que vous avez écouté ? Qu'en avez-vous pensé?

Nous avons pris deux grosses claques en écoutant deux groupes français qui viennent de sortir leur premier album, M-Sixteen et Crossing the Rubicon. C’est puissant. Ils déploient une telle énergie avec une telle maîtrise technique de leur art, c’est fabuleux. Nous avons eu la chance de jouer avec les Crossing, en concert, ça le fait carrément, ce sont des bêtes de scène et des gens super sympas. On adore également le dernier Po BOX et Nina’s school. Autrement concernant les groupes étrangers, on écoute beaucoup le dernier album de Comeback Kid, le classique Nofx, The Flatliners, The Bronx et on ne se remet toujours pas du dernier album de Sick Of It All.

Quels sont vos projets dans les mois à venir?

Nous sommes à la recherche de dates de concert partout en France. Nous prévoyons de sortir un EP acoustique (folk-punk) en cette fin d’année 2009. Nous avons en effet un set acoustique qui nous permet de pouvoir jouer dans des endroits improbables. Nous faisons également parti du collectif Akoustik Front créé récemment par Fred Fresh : www.myspace.com/akoustikfront.  Pour finir,  si l’on a bien avancé, un album très électrique en 2010.  Nous sommes donc ouvert à toute proposition pour venir jouer par chez vous. Ce serait avec grand plaisir.

Des anecdotes live ou studio à nous faire partager?

Ah je vous vois venir, vous voulez savoir si on se met à poil avant la fin des concerts? (rires)  Eh bien non pas encore ! ça nous dérangerait pas de le faire mais on n’en a pas la demande avec nos têtes d’Alain DELOIN . Nous nous dépensons bien sur scène, il arrive que Mazzo débranche des jacks (à force de tourner et de faire le con), se prenne les pieds dans la batterie, les baguettes  volent en l’air etc... Nous essayons de rendre nos concerts le plus vivant possible… On essaye de communiquer assez souvent avec le public. Le plus grand kiff sur scène, c’est lorsqu’un début de joyeux bordel prend forme devant la scène. La dernière fois à Reims par ex, j’ai sorti nos paroles et je les ai laissées à un groupe de jeunes qui semblait bien s’éclater devant la scène. Juste avant certaines chansons, je les ai fait répéter le refrain pour qu’ils puissent le chanter par la suite. On a vraiment bien rigolé !

Je vous laisse le mot de fin...

Naturellement, merci à vous pour l’interview. Sincèrement, ce sont toutes ces différentes rencontres qui nourrissent l’intérêt de s’investir dans le groupe. L’aventure humaine nourrit notre inspiration et l’énergie que l’on dégage à travers nos chansons. J’espère que ceux qui nous lisent auront envie de jeter une oreille sur nos créations. En espérant que notre musique puisse apporter vous de bonnes vibrations. C’est tout ce qui nous tient à cœur. Le reste n’est qu’illusion. Faites des groupes, déplacez-vous aux concerts. Les relations humaines sont ailleurs que dans Face de Book.

Gérard pour Zikannuaire.com


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