Afin de célébrer dignement le 40ème anniversaire du plus grand festival de tous les temps, Legacy sort simultanément 5 albums de légende qui marquèrent l’année 1969 (Santana « Santana », Janis Joplin « I got dem ol’kozmic Blues again Mama ! », Jefferson Airplane « Volunteers », Johnny Winter « Johnny Winter » et Sly and The Family Stone « Stand ». Chacun de ces albums est accompagné d’un deuxième CD de leur prestation live à Woodstock et d’un poster.
Coffret collector, édition limitée :
Disque 1 : I got dem ol’kozmic Blues again Mama.
Moins connu que le célèbre et ultime album « Pearl », celui-ci n’en est pas moins un bon album de Blues à redécouvrir pour mieux connaître toutes les facettes de l’artiste. Il s’agit de l’unique album studio que Janis Joplin a enregistré sans son groupe Big Brother and the Holding Company. Porteuse de tant de douleur comme les grands bluesmen noirs avant elle, Janis était une immense chanteuse et ce répertoire entre blues et gospel lui allait à merveille. Peut-être aurait-il fallu épurer la démarche, ce qui fut ensuite fait avec l’album suivant « Pearl » considéré comme son album le plus abouti.
Janis avait un timbre unique et déchirant, pas forcément mis en valeur au milieu de cette masse de cuivres Rythmes and Blues. « Pearl », son chant d’adieu, lui rendra justice en mettant la voix et l’émotion au cœur de l’album. Cet album-ci sera véritablement boudé par la critique. Il mérite cependant une nouvelle écoute ne serait-ce que pour « Little Girl Blue » qui nous fait oublier la reprise de « To Love Somebody » qui n‘a rien d’exceptionnel malgré son chant irréprochable qui peine à nous faire oublier que l’arrangement musical n’est pas à la hauteur.
Janis était une flamme incandescente, c’est bien ce que représente à juste titre la photo floue de la pochette de ce disque-là.
Disque 2 : Woodstock : Sunday, August 17th, 1969
Janis Joplin était avant tout une artiste de scène. On l’écoute et on visualise comme si on y était les boas multicolores dans ses cheveux qui s’envolent au rythme de la musique. Fragile Janis qui s’envoyait sa bouteille de whiskey dans le gosier pour avoir le courage d’affronter ses peurs. Et c’est avec tout son corps et ses tripes que la jeune texane balançait ses chansons à un public en transe.
Quand on écoute sa prestation à Woodstock, on prend conscience la larme à l’œil de ce que le monde de la musique a perdu…On réalise à quel point Janis est irremplaçable et le vide qu’elle laisse…On sent bien aussi que trop de douleurs ont fait naître ce talent exceptionnel, ce blues blanc. Et que cette fin ne pouvait être que celle, inéluctable, d’une étoile filante qui a déchiré le ciel des années 60.
Nous sommes des milliers depuis, à avoir été touchés par sa grâce sans l’avoir jamais connue. Woodstock laisse un goût amer de tout ce qui ne se fera jamais plus, de cet évènement unique et pacifiste dont nous ne sommes plus capables. L’homme et le monde ont bien changé depuis 1969.
Trois inédits font de ce coffret un document d’exception : « Raise your Hand », As Good As You’ve been to This World », et « Can’t Turn You Loose ». Mais s’il ne devait y avoir qu’un morceau portant l’essence même de l’émotion sur cette heure de concert, c’est cette reprise unique de « Summertime », grand standard du jazz mille fois repris, totalement habité par Janis. Avaient-ils conscience, les festivaliers d’alors, de vivre un moment d’exception dont on reparlerait 40 ans plus tard ? L’écoute du célèbre « Try (Just a Little Bit Harder) » en live nous fait regretter de n’être pas né plus tôt…On revit sur CD ce que fut Woodstock et évidemment, il nous est impossible d’imaginer ce que fut véritablement cet évènement unique. Il nous faudra vivre en sachant qu’on a loupé ça…Qu’on a loupé Janis, Jimmy et tous les autres…Les rééditions sont là pour nous consoler…
Sortie le 6 juillet 2009 chez Legacy–Sony Music.
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