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Alors qu’il fait des exercices d’orientation dans la chaine montagneuse de Beartooth dans le Wyoming, John perd momentanément de vue son compagnon d’escalade et avec lui la carte. Cherchant son chemin la peur au ventre, perdu et seul, John décide que s’il retrouve sa route, il consacrera sa vie à ce qui le passionne. Il laisse de côté ses études d’avocat à Harvard pour se lancer dans l’aventure musicale.
John Zedd & The Clairvoyants est un groupe de folk indie basé à Atlanta. Craig Manning, champion de l’improvisation, joue de la guitare. Matthew Hackney, est un percussionniste reconnu pour son habileté à Atlanta. Doug Roplh est un grand bassiste, expert dans l’ajout de sons divers et variés. John Zedd est l’auteur compositeur à l’origine de cette formation.
Ils aiment à se présenter comme un groupe « Indie Folk avec un peu de marge », ils se produisent dans bon nombre de salles du Sud-Est.
John, peux-tu nous en dire en peu plus sur tes débuts en tant qu’avocat puis sur ta carrière de chanteur ?
John : Après avoir obtenu mon diplôme universitaire à Harvard, j’ai étudié à l’Université de droit du Michigan, puis j’ai essayé d’intégrer le monde du travail en tant qu’avocat, mais ce n’était pas fait pour moi. J’ai eu une sorte de révélation en escaladant une dangereuse montagne, j’ai réalisé que la vie était trop courte pour la mener avec si peu d’inspiration. C’est là que j’ai décidé de poursuivre mon rêve d’être musicien avec ténacité. Afin de subvenir aux besoins de ma petite famille qui s’agrandissait, j’ai appris à construire et rénover des maisons. Je fais ça depuis 2006, je gagne ma vie tout en gardant la flexibilité nécessaire pour écrire et jouer mes chansons. J’ai entendu parler d’un avocat qui est devenu écrivain (John Grisham), mais je connais peu d’avocats qui soient devenus chanteurs ! Maintenant, si tu es d’accord pour m’aider à devenir célèbre…
Cette année, tu as sorti un 4 titres intitulé « How to get rich slow ? (Comment devenir riche lentement ?)» Peux-tu nous expliquer ce titre ?
John : J’ai le regret d’avouer que parfois, il m’arrive d’envier mes amis avocats qui font un travail lucratif en réglant des litiges. J’aurais pu faire la même chose mais j’ai pris cette décision en toute lucidité, de poursuivre un rêve nettement moins lucratif. Tout le monde sait que les ventes de disques sont en baisse, qui voudrait que ses enfants deviennent musiciens aujourd’hui ? Donc, comme la musique ne me permet pas de gagner ma vie, je m’enrichis autrement. Ma femme et moi, nous avons trois petites filles et ma famille est une vraie richesse à mes yeux. C’était ça l’idée de cet EP et je suis très fier de ces paroles. Je trouve qu’elles tombent à point nommé en cette période de récession.
Tu as enregistré ce disque chez toi ou en studio?
John : Je l’ai enregistré à la maison, mais je l’ai fait mixer par des professionnels. Si je chante si doucement, c’est parce que dans la pièce d’à côté, les petits dormeurs avaient le sommeil léger !
Est-ce que tu peux nous présenter ton groupe « The Clairvoyants » ?
John : On trouve plein de musiciens géniaux à Atlanta. Ici, beaucoup de gens savent que des tas d’artistes connus ont fait leurs débuts dans cette métropole : John Mayer, the Indigo Girls, et R.E.M. pour ne citer qu’eux. Je suis fier de partager la scène avec ces gens que j’ai rencontré ici : Craig Manning est un guitariste extraordinaire très doué en improvisation, Matthew Hackney est un percussionniste reconnu à Atlanta et Doug Roplh est un bassiste très habile.
Tes chansons se situent plutôt dans un registre folk et acoustique, mais « Crash site » et d’autres morceaux sont un mélange de sonorités modernes et de musique folk.
John : J’aime bien appeler notre style « Indie Folk avec un peu de marge ». Nous ne sommes pas des puristes, des chanteurs et auteurs compositeurs de bar. Nous pensons que ce style a été exploré de long en large, nous repoussons donc un peu les frontières de cette musique. Par exemple, pourquoi ne pas faire fusionner une douce mélodie folk avec une rythmique hip-hop, une combinaison sucrée-salée ? C’est ce qui nous a inspiré sur «Crash site ». Qui d’autre aurait l’idée de jouer du banjo sur du hip-hop ?
Est-ce que tu composes tout seul ? Comment travailles-tu tes morceaux ?
John : J’adore la randonnée et la plupart de mes chansons me viennent à l’esprit alors que j’arpente les chemins du nord de la Géorgie.
Es-tu un chanteur heureux ? Est-ce que c’est un travail à temps plein ?
John : Je continue à travailler comme entrepreneur pour nourrir ma famille et je ne voudrais pas qu’il en soit autrement. Le célèbre poète Wallace Stevens est chef d’entreprise et il écrit des poèmes. Quand la musique devient un business, elle cesse d’être un jeu pour devenir un boulot comme un autre. Je ne veux pas que ça m’arrive.
Dans quel genre de salle est-ce que tu joues avec ton groupe ?
John : Des petites salles très intimes où on peut voir et entendre les réactions du public, ce qui nous permet une certaine interaction. Ce sont des lieux parfaits pour ça.
Quel genre de conseil donnerais-tu à un jeune qui a le désir de devenir artiste ? Crois-tu qu’il est important de ne pas renoncer à ses rêves ?
John : Je lui dirais ceci : il y a toujours un moyen de faire ce qui te passionne même si tu ne le fais pas à temps plein. Ce n’est pas forcément tout ou rien. Je suis un parfait exemple de la personne qui éprouve une immense satisfaction à poursuivre ses rêves musicaux, même si ce n’était pas ma vocation primaire. En fait, mon art ne serait sans doute pas si bon si c’était un boulot à temps plein ! Qui plus est, tu peux avoir des fans dans le monde entier grâce à internet ! Donc, ne laisse jamais tomber tes rêves d’enfant. Tu peux tout avoir.
J’imagine que le soutien de ton épouse et de ta famille est très important dans cette aventure…
John : Ma femme et ma famille m’aident beaucoup, il y a toujours quelqu’un qui chante à la maison, surtout mes filles. Elles chantent tout et n’importe quoi à tout moment.
« The stars look down » est une très belle chanson. A qui sont les voix qu’on entend en arrière plan ?
John : J’ai utilisé les voix d’un film assez sombre qui parle de la crise du logement (Il est passé dans le domaine public). C’est assez effrayant de voir à quel point l’histoire se répète.
Est-ce que tu crois à ta bonne étoile ?
John : Absolument !
Quel genre de musique écoutes-tu ?
John : Parmi les artistes que je préfère écouter en ce moment, il y a : Avishai Cohen (Un bassiste de jazz de renommée mondiale), Bon Iver (indie folk), Fleet Foxes (indie folk), Blue Scholars (hip hop), et The Smart Brothers (indie folk).
Si tu devais me citer une seule chanson qui a changé ta vie ?
John : « Sweet Thing » de Van Morisson sur son album « Astral Weeks » a été ma chanson préférée pendant des années. Elle m’a donné envie d’écrire mes propres chansons pour qu’elles deviennent à leur tour les chansons préférées de quelqu’un. Récemment, j’ai rencontré une jeune fille en Belgique qui m’a dit que « No time Soon » était sa chanson préférée, et j’en suis vraiment très heureux !
Vas-tu bientôt enregistrer ton premier album ? C’est l’étape suivante ?
John : Oui ! J’espère sortir un nouveau CD très bientôt. Donc, restés tous connectés à ma page Myspace. Merci beaucoup de t’être intéressé à ma musique !
Lucy pour Zikannuaire.com
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