Zikannuaire Administrateur


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Posté le: Jeu Juil 27, 2006 7:24 pm Sujet du message: Souvenir d'adolescence d'un concert des Lords |
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Sur des accords arides que la réverb allonge, il dégueule des gerbes de mots acides qui rongent ces cordes électriques gémissantes se tordant. Sauvage et boulimique la foule le déborde. La scène se rallume et la magie s'éteint…
La soirée a commencée tranquillement au "Blue" un bar rock. Nous buvons tranquillement une bière attendant le début de soirée avec impatience. Au dehors la neige virevolte sous la bourrasque de la "bise".
Très rapidement la nuit hivernale, envahi la ville, qui s'illumine au grès des lampadaires et des enseignes lumineuses. Vers vingt heures, nous prenons le bus, qui nous conduit vers le fief du concert. Le bus nous dépose juste devant. Là sur place une faune, très rock-Punk commence à entrer dans la chaleur étouffante de la vieille salle de cinéma surchauffée. Déjà, dès les couloirs d'accès, une odeur si familière, nous embaume les narines, fumées de cigarettes et de drogues. Rapidement nous allons sur le devant de la salle, dans la fosse. Comme à notre habitude, nous nous asseyons sur le dossier des sièges de la première rangée, attendant et discutant avec quelques amis. Ce soir, un groupe Punk mythique américain allait nous dégueuler sa rage. L'avant salle trépigne d'impatience dans un mélange de violence et décadence. En musique de fond, un vieil album de Loo Reed, parfume le tout d'une ambiance velvet. En musicien confirmé et passionné, j'analyse avec curiosité le matériel traînant sur scène, rêvant devant la rack de guitares et le mur de Marshall. Dans un brouhaha de foire, la salle s'éteint, nous plongeant dans une obscurité totale. Un silence postmortuaire, résonne contre les murs, devant nous, juste les voyants des amplis brillent comme des feux follets. Soudain, le vol d'hélicoptères, à la manière "d'apocalypse now" envahi avec rage l'espace sonore. Les premiers accords résonnent, et sous un projecteur, la silhouette féline et démembrée de Steve Bator, surgit du fond de la scène. La batterie prise de démence, crache sa fureur soutenue par une basse dévastatrice. La scène s'illumine comme un flash, enfin ils sont là, tel des dieux. La foule hurlante nous entraîne dans un "pogo" qui dure une éternité. Les premiers morceaux s'enchainent sans relache, nous mettant sur les genoux. Avec une balance aléatoire, le son arrache tout en restant audible. La puissance émotionnelle du combo fait des ravages dans le coeur du public. Le concert n'est qu'une montée d'adrénaline d'une intensité rare. En extase, devant la scène les vibrations dues à l'électricité passent des amplis à mon ventre, sous les coups de médiator acéré du guitariste, la folie nous démembre au rytme de la batterie. A la vision ephemère de ce chanteur iréel, se torturant sur le plancher de la scène. La vibration de l'air générée par ce cable d'acier et amplifié, distortionné, ce métal hurlant me pénètre pour ne plus ressortir. Le chanteur, pris de convulsions très théâtrales, continue son show envoûtant son public. Sur un morceau mythique "russian roulette", il fait monté une nymphette, et se livre avec elle a jeu très érotique, la couchant sur la scène, lui montant dessus et lui faisant lécher le micro. Puis d'un geste souple, et violent il la projette dans les coulisses derrière la scène. Le goupe continu à distiller son rock, pur et dur...le rappel achève l'assistance avec un final du tonerre, qui a du me faire perdre un litre de sueurs, sous la pression et la violence de la fosse. La salle entonne l'hymne phare de nos quatre musiciens.
Clamant "new church", la folie envahit comme un raz de marée la salle totalement éclairée. Plus aucunes âmes se trouvent assises, et à l'unisson le sol vivre, sous les battements guidés par la batterie. Le chanteur, comme un christ de pacotille, se crucifie, avec le pied de son micro, le dos tourné vers le public déchaîné. Toutes les lumières s'éteignent ne laissant qu'un halo de lumière sur ce crucifié du rock... Puis sous les clameurs, la lumière diminue, jusqu'à la nuit complète. Une à une, les lumière d'ambiance de la salle se rallume, sonnant la glas du concert.
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